ComplicitÚs pour voler la SÚcu

par Francesco Piccinini
jeudi 5 octobre 2006

 

Les contrôles de la Caisse nationale d’assurance maladie ont fait apparaître des anomalies dans le volume de prescriptions signées par des médecins, ou contrefaites sur des ordonnances volées, corollairement à une quantité atypique de médicaments vendus par certaines pharmacies, dans une vingtaine de départements français. Ainsi antibiotiques, anxiolytiques, et autres remèdes, en date de validité ou périmés, ont été accumulés, transportés en Asie, en Afrique, en Europe centrale, pour une revente lucrative. Dans une interview au Parisien, le directeur de la répression des fraudes de l’Assurance maladie, Pierre Fender, explique : "Par exemple, nous avons trouvé le cas d’un assuré qui a vu cinq médecins puis a été dans 191 pharmacies pour se faire prescrire 891 boîtes de Cytotec, un antiulcéreux." Coût de l’opération, en 2006, pour la Sécurité sociale : vingt millions d’euros. Coût humain à venir, pour les personnes qui auront consommé des produits périmés.

Les premiers soupçons datent d’un an, après l’interpellation d’un Français au Viet Nam. Les médecins encourent des sanctions du conseil de l’Ordre, allant du blâme jusqu’à l’interdiction définitive d’exercer, et des poursuites judiciaires pour escroquerie. Le trafic de médicaments semble un filon très attractif : récemment, des médecins et pharmaciens canadiens ont été lourdement condamnés pour avoir, par la voie d’Internet, « soulagé la misère » physique et financière de patients des Etats-Unis, où les remèdes sont de 33% plus coûteux. L’un d’eux avait envoyé 14 000 ordonnances de complaisance.

 


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