Des détenus filment clandestinement Fleury-Mérogis

par Francesco Piccinini
vendredi 19 décembre 2008

Dans un monde en mouvement perpétuel, la prison ne bouge pas. Et c’est dramatique. Les rapports sur les conditions de vie des prisonniers, sur la dégradation des établissements pénitentiaires, s’entassent, mais rien ne change. La situation est explosive. En 1953 déjà l’écrivain journaliste Georges Arnaud, auteur du Salaire de la peur décrivait les prisons de son époque. Rien, ou si peu, a été fait en 55 ans. Récemment des détenus de Fleury-Mérogis ont filmé clandestinement leur quotidien de taulards. Ces micros films mis bout à bout forment un documentaire choc de deux heures et demie, actuellement dans les tiroirs de deux réalisateurs, Karim Bellazar et Omar Dawson, qui dirigent la société de production I-Screen. Ils souhaitent sortir ce film en salle et le propose actuellement à des diffuseurs.

Que montrent ces images  ? « Elles montrent notamment des locaux vétustes et insalubres, des douches aux murs suintant d’humidité, les cellules dans lesquelles les prisonniers cuisinent des aliments sur des réchauds de fortune constitués de quatre canettes de boisson entre lesquelles brûle une serpillière imbibée d’huile alimentaire » rapporte l’Afp.



« Les détenus justifient leur démarche par la « volonté de dépasser la communication officielle de l’administration pénitentiaire », explique Le Monde.

Selon le Figaro, « Patrick Marest, président de l’Observatoire International des Prisons (OIP), se félicite de ces vidéos qui « vont à contre-courant de la philosophie de l’administration pénitenciaire qui, depuis des années, nie la réalité de l’état des prisons françaises ».

Des images qui ne contredisent pas l’esprit et la loi des droits de l’homme selon l’Europe. Mais qui embarassent sacrément l’état français.



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