5050 euros, le prix de la misère

par olivier cabanel
lundi 2 novembre 2009

Chacun paye ses impôts, et c’est normal,

C’est au nom de la solidarité citoyenne

Mais sommes-nous d’accord avec la répartition de cet argent ?

On peut en douter, à la lecture du rapport de la Cour des Comptes.

 

Cette institution a le mérite d’exister, mais il ne faut jamais perdre de vue qu’elle ne donne que des avis, et que le pouvoir a le droit de passer outre. C’est ce qu’il fait allègrement.

Certains peuvent s’en moquer, croyant naïvement échapper à l’impôt du fait de leurs faibles revenus, et ils ont tort.

L’impôt sur le revenu n’est que la partie visible de l’iceberg de nos impôts.

La partie la plus importante restant la (ou les) taxe : La tva, celle de la « valeur ajoutée », chaque français imposable ou pas, la paye, et elle est autrement plus importante que les quelques euros que l’hôtel des impôts nous réclame chaque année.

Ce qui justifie le sourire du citoyen pas dupe lorsqu’un présidentiable lui affirme qu’il va supprimer les impôts.

Savez-vous ce que nos départements et nos régions dépensent, en notre nom ?

A Marseille, la future patinoire va couter près de 45 millions d’euros, lien alors qu’à Aubagne, à quelques kilomètres de là, une patinoire existe déjà, accueillant 60 000 personnes et a couté moins de 2 millions d’euros.

En 2008, selon l’agence « public evaluation système », les dépenses des régions ont augmenté de près de 9%, celles des départements de 5%.

Les disparités sont nombreuses.

Lorsque Brest ne dépense que 12 € par habitant pour payer son personnel, s’étant déchargé sur la communauté urbaine, Boulogne-Billancourt en paye 850.

Amiens dépense 62 € par habitant (subventions et frais de personnel) alors que Grenoble paye 775 € par habitant pour le personnel et 298 € pour les subventions. (le Point n° 1937)

A Lyon, la gare TGV de st Exupery a couté à l’époque 1 milliard de francs, et ne voit depuis passer que quelques dizaines de voyageurs par jour depuis des années.

Et chaque région de France veut le palais le plus beau : celui du Nord a couté 155 millions d’euros, battant de peu le record détenu par la région Rhône Alpes, (150 millions €) suivi par Montpellier (116 millions €) et l’Alsace le « parent pauvre » avec 66 millions €).

On comprend que la suppression de la taxe professionnelle ne plaise pas trop.

Question salaire des élus, çà n’est pas mieux.

Un député de base reçoit tous les mois plus de 20 000 euros, dont un peu plus de 5000 euros pour son indemnité de fonction et un peu plus de 9000 euros pour rémunérer son (ou ses) collaborateurs, le reste en frais de fonctionnement.

Le népotisme frappe aussi dans ce secteur, et pas seulement à l’EPAD

Roselyne Bachelot a engagé son fils comme conseiller parlementaire. Elle s’en défend benoitement en affirmant « si le fils est compétent, pourquoi s’interdire de l’engager ? »

Il faudra en parler à Jean S.

Elle n’est pas la seule, puisque Michel Charasse, ou Eric Raoult, entre autres, suivent son exemple, et ont engagé comme conseiller un membre de leur famille.

Sauf que le mauvais exemple vient d’en haut.

Le Président lui-même a lancé la première salve en augmentant de 240% son salaire dès sa prise de fonction.

Pourtant quelques esprits sages avaient émis l’idée qu’au lieu de se mettre au diapason de ses ministres, il aurait pu baisser le salaire de ceux-ci au lieu de s’augmenter lui-même.

Récemment il en a remis une couche à l’occasion du « sommet de la méditerranée » qui mérite bien son nom. lien

Des repas à plus de 5000 euros, piochés dans les caisses de l’état, et donc dans nos poches.

Une « plaisanterie » qui a couté 175 millions d’euros. En ces temps de crise et de disette, c’est étonnant que les français privés de tout ne réagissent pas plus.

Ca doit venir du syndrome : « on n’a pas grand-chose, mais on y tient car c’est toujours mieux que rien ».

Ceux qui dénoncent ces excès ont un nom : ils sont les contrôleurs des élus, et ils appartiennent à la chambre régionale des comptes (CRC).

C’est peut-être pour cette raison qu’une réforme est en cours dans la plus grande discrétion afin de faire disparaitre ces encombrants enquêteurs.

Le texte a été transmis le 4 septembre 2009 au conseil d’état, et devrait être voté prochainement.

De cette façon, tous ceux qui puisent allègrement dans la caisse, ne seront plus jamais inquiétés. lien

Car comme disait un vieil ami africain :

« La main de celui qui donne est au dessus de celle qui reçoit ».

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