Abstention conjoncturelle ou institutionnelle ?

par Frédo45
mardi 12 juin 2007

Près de 40 % de français ne se sont pas déplacés dimanche pour élire leur député. Alors qu’on avait vanté, il y a un mois, l’esprit civique retrouvé, on redécouvre les travers français...

Un énorme taux d’abstention qui détonne face à la forte participation des élections présidentielles. On peut par conséquent émettre des doutes sur la valeur de ces élections. On ne peut se satisfaire de l’emporter quand si peu d’électeurs se sont sentis concernés. Bien sûr, l’UMP est parvenue à mieux mobiliser les électeurs (mais c’est souvent le cas) mais le temps est venu de réfléchir aux institutions de la Ve République. Et ceci peut être fait sous plusieurs angles !


Le premier est d’ordre conjoncturel. On peut en effet expliquer l’abstention par le fait que les élections législatives ont été dépréciées par les élections présidentielles qui la précédaient. Le spectre (exagéré ?) de la cohabitation pousse à la résignation voire au désintérêt les électeurs. C’est d’autant plus le cas que l’élection présidentielle avait suscité beaucoup d’espoir, que ce soit dans les rangs de la gauche ou dans les rangs de la droite. L’espoir est demeuré à droite. Il s’est envolé à gauche. Avec une campagne qui imposait un choix, non pas de programme, mais plus de valeurs à insuffler, l’attente était immense. Et l’on se rend compte ainsi que les élections législatives, censées donner une impulsion aux réformes, ont elles aussi été basées sur des préceptes moraux. Et dans cette affaire, c’est le débat et les propositions qui ont manqué. Ainsi, on peut affirmer dès lors que le placement des législatives après la présidentielle était une erreur car il a empêché la démocratie d’exister. Pas dans le sens où la victoire de l’UMP est discutable mais dans le sens où la confrontation d’idées a été amputée.


Voilà ce qu’il en est de l’aspect conjoncturel. Il est désormais nécessaire de s’intéresser à un problème de fond : celui des institutions. Nous avons basculé clairement dans un système purement présidentiel, alors que la Ve République était plutôt un système mixte. De Gaulle avait voulu renforcer le pouvoir du président mais n’avait pas pu trop diminuer le pouvoir de l’Assemblée nationale face aux réticences de ses députés. On est arrivé avec la juxtaposition du mandat des députés avec celui du président de la République à un bouleversement de la donne et cela a provoqué une incapacité de nos institutions à imposer une vision cohérente de l’opinion française. Il y aura certainement 80 % de députés de droite, le sénat lui aussi est à droite. Pourtant, 47 % de Français ont voté pour une candidate de gauche lors de l’élection présidentielle. Pire, du fait de cette représentativité imparfaite, comment peut-on accepter que le Parlement puisse voter des textes importants sans avoir recours au référendum, ce qui risque d’être le cas pour la nouveau traité constitutionnel européen ? L’injection d’une dose de proportionnelle à l’Assemblée est de plus en plus réclamée. Mais dans quelle proportion et avec quels risques ? Pourquoi alors ne pas porter les réformes sur un Sénat moribond, qui a une mauvaise image auprès des Français qui se demandent à quoi il sert. Pourquoi ne pas élire les sénateurs au suffrage universel direct et non pas indirect comme c’est la cas aujourd’hui, à la proportionnelle totale pour une durée de cinq ans, et ce, à mi-mandat des députés ? Cela aurait plusieurs avantages :


1) Redonner vie à cette chambre qu’est le Sénat ;
2) Injecter une dose de proportionnelle dans la vie politique française sans risquer l’instabilité propre à la IVe République ;
3) Permettre une consultation à mi-mandat des députés.
Mais ce n’est pas à l’ordre du jour...

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