Censure de la presse alternative : ša continue !

par JL ML
vendredi 25 août 2006

Après Pratiques de santé, une nouvelle publication, Nexus vient de se voir retirer son numéro de Commission paritaire.

Patrons de presse et pouvoir politique, agissant par le biais de la Commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP), ont retiré à Nexus, bimestriel alternatif au tirage de 23 000 exemplaires, le fameux numéro de cette commission paritaire. Ce magazine ne pourra plus bénéficier du taux de TVA à 2,10 %, appliqué à l’ensemble de la presse d’information dans le but de favoriser la pluralité de la presse.

Motif ? « En ce qui concerne Nexus, il ressort des pièces versées au dossier, et notamment des numéros 37 à 43, que cette publication, en contestant dans de nombreux articles les acquis positifs de la science, mettant en doute l’innocuité des vaccins, et partant, le principe même de la vaccination ou celui des greffes d’organes, est susceptible, si elle est lue au premier degré, d’inquiéter les esprits les plus fragiles et ne présente pas, de ce fait, le caractère d’intérêt général quant à la diffusion de la pensée requis par les textes. »

Dans un communiqué, David Dennery, directeur de la publication, rappelle qu’aucun scientifique ne siège au sein de la CPPAP et regrette qu’elle ne « donne pas plus de détails sur le fondé de sa décision. Le problème reste que la médecine n’étant pas une science exacte, la remise en cause des acquis permet justement ses avancées. La presse se voit ainsi directement empêchée de jouer son rôle essentiel de critique et de contre-pouvoir. Comment le débat d’idée peut-il avoir lieu si les opinions "différentes" sont administrativement évincées de la scène publique ? Lorsque l’on connaît la part importante des laboratoires pharmaceutiques parmi les annonceurs de grands médias, on comprend l’absence de réactions défendant Nexus chez les représentants de la presse siégeant à la CPPAP.

Le journaliste scientifique se doit donc, s’il veut être accessible sur un marché très concurrentiel, d’être conforme aux principes de la médecine "officielle".
Attaché à la liberté d’expression, Nexus se voit obligé de répercuter, à partir de septembre, sur son prix de vente, la hausse de TVA, au risque de ne plus être compétitif avec les grands groupes de presse.

Dormez tranquilles, braves gens. Que vos "esprits fragiles", qui ne connaissent que le "premier degré", ne s’inquiètent de rien, les praticiens et les experts, même s’ils reçoivent leurs informations du lobby pharmaceutique pour lequel l’enjeu scientifique s’évalue en milliards d’euros, savent bien ce qui est bon pour vous. »

Décidément, il semble que les Lumières n’ait pas encore atteint la France ! Ni du côté de nos gouvernants et de la presse, ni du côté du public, qui s’arrange en quelque sorte de cet état de choses.

« Qu’est-ce que les Lumières ? », demandait Kant dans un célèbre essai : «  La sortie de l’homme de sa minorité, dont il porte lui-même la responsabilité. La minorité est l’incapacité de se servir de son entendement sans la direction d’autrui... [...] La paresse et la lâcheté sont les causes qui expliquent qu’un si grand nombre d’hommes, après que la nature les a affranchi depuis longtemps d’une (de toute) direction étrangère, restent cependant volontiers, leur vie durant, mineurs, et qu’il soit facile à d’autres de se poser en tuteurs des premiers. Il est si aisé d’être mineur ! Si j’ai un livre qui me tient lieu d’entendement, un directeur qui me tient lieu de conscience, un médecin qui décide pour moi de mon régime, etc., je n’ai vraiment pas besoin de me donner de peine moi-même. Je n’ai pas besoin de penser pourvu que je puisse payer ; d’autres se chargeront bien de ce travail ennuyeux. Que la grande majorité des hommes (y compris le sexe faible tout entier) tienne aussi pour très dangereux ce pas en avant vers leur majorité, outre que c’est une chose pénible, c’est ce à quoi s’emploient fort bien les tuteurs qui très aimablement (par bonté) ont pris sur eux d’exercer une haute direction sur l’humanité. Après avoir rendu bien sot leur bétail (domestique) et avoir soigneusement pris garde que ces paisibles créatures n’aient pas la permission d’oser faire le moindre pas, hors du parc où ils les ont enfermées. Ils leur montrent les dangers qui les menacent, si elles essayent de s’aventurer seules au dehors. Or, ce danger n’est vraiment pas si grand, car elles apprendraient bien enfin, après quelques chutes, à marcher ; mais un accident de cette sorte rend néanmoins timide, et la frayeur qui en résulte détourne ordinairement d’en refaire l’essai. »

A méditer...


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