Commission parlementaire « Mobilité 21 », au rapport !

par Jean-François Dedieu
lundi 12 août 2013

Fin juin, avant les congés, la commission "Mobilité 21", formée de parlementaires, aidée par une escouade d'assistants et de hauts fonctionnaires a finalement pondu le rapport "Pour un schéma national de mobilité durable", destiné au ministre des transports.

Le rapport est en ligne ; saluons cette transparence même si certains intéressés peuvent penser que la masse de documents en rebutera bon nombre (des dizaines de milliers de pages sinon plus sur le site de l'Assemblée Nationale). Malgré le retard et ce côté "devoirs de vacances", à voir les résultats obtenus en grande partie grâce à la pression du Net et des internautes (avantages excessifs des élus, amoralité du cumul des mandats, de l'embauche des assistants parlementaires, de l'écrêtement des indemnités, de l'incompatibilité des professions annexes, redistribution douteuse de la réserve parlementaire, etc.), nous nous devons de faire entendre la voix de "l'éleccicon" (voir plus loin), inaudible, méprisée par une caste prétendument représentative. Parce que face à son inertie, sa procrastination, ses volte-face, ses tergiversations dilatoires, le changement ne peut s'obtenir que dans le rapport de force. Et quand chaque député ou sénateur coûte 34000 euros par mois au bas mot (qu'en savait-on avant ?), est-ce illégitime de demander des comptes et de mettre fin à des privilèges indus ? 

 Revenons à ce énième rapport. Comme au pays des Schadocks, pompé sur celui en haut de la pile à fin d'actualisation (8 mois de boulot quand même..). Sauf que le problème reste, "réccurence" qu'ils disent. Par ailleurs, l'effet "mémoire courte" entretenu par le parasitisme politique chez "l'éleccicon" (l'électeur-citoyen-contribuable) permet de faire croire que les dirigeants ont agi alors qu'ils n'en sont toujours qu'à ressasser un diagnostic.  

En introduction, le président de la commission 21 parle de "SNIT" sans daigner éclairer le vulgum pecus (nous). L'intro précise heureusement qu'il s'agit du "schéma national des infrastructures de transport (SNIT)", ouf !

Malgré le positif des effets d'annonce : « Pour un schéma national de mobilité durable », "Adapter l’offre de transport aux exigences de l’aménagement du territoire", il s'agit d'un holà général sur les infrastructures envisagées même si la condescendance de nos chers représentants les pousse à nous dégrossir charitablement sur la science économique !

page 12 "soutenabilité économique et sociale, car un système dont le coût pour la collectivité est supérieur aux avantages qu’il procure finit toujours par entraver l’action de la collectivité et à la détourner d’investissements plus prioritaires (effet d’éviction)

Effet d’éviction
L’effet d’éviction désigne en économie le phénomène par lequel le but d’un agent économique (par exemple la plus grande satisfaction des administrés pour une collectivité) se trouve compromis par sa propre action pour l’atteindre.
En l’espèce, en situation de ressources limitées, le financement d’un projet ou d’un service peut conduire la collectivité à renoncer à d’autres projets ou services. Ce qui pourrait être une hiérarchisation des priorités devient effet d’éviction lorsque le coût global pour la collectivité du projet ou du service financé est supérieur à l’avantage qu’il procure à cette même collectivité (on parle alors de destruction de valeur) ou que la réalisation des autres projets ou services auxquels il a été renoncé aurait une utilité plus grande pour la collectivité que le projet ou le service financé. En ne faisant pas les bons choix, la collectivité compromet son but : celui du plus grand bien être collectif."

L'intelligence moyenne de l'éleccicon étant ce qu'elle est (je parle pour moi, après plusieurs lectures lentes pourtant), voici ce que j'ai compris de "L'effet d'éviction" : Notre "plus grand bien être collectif" serait par exemple d'avoir le plat et le dessert. Sauf que, par manque d'argent, il vaut mieux se passer de dessert. Finalement il faudra aussi se passer du plat parce que nous aurons dépensé en bonbons (investissement non prioritaire). Moralitéque je me permets d'ajouter : et les gros, eux, continueront de se gaver (+ 25 % pour le CAC 40... qu'est-ce que ce serait sans la crise !).

Nous remarquerons qu'une fois au pouvoir, contrairement à ce qui est dit avant l'élection, le dirigeant revendique sincèrement un réalisme politique d'astringences et de restrictions même si le mot "austérité" reste banni de son vocabulaire.  

Voilà pour l'ambiance générale, sans oublier le saupoudrage "transition écologiste et énergétique", manière de rallier les Verts, afin de mieux nous persuader qu'il faut se serrer la ceinture. 

Nous verrons sous peu comment les projets sont ou plutôt ne sont pas anticipés et si l'éleccicon s'y retrouve. 


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