Décrire un article...

par lucille
samedi 1er juin 2013

...s'enrayer les craies, peut-on ? D'écrire les couleurs en noir et blanc.

Un article sensé dans ce monde insensé, est-ce encore possible ?

Sans parler des actualités rabâchées des faits divers, tellement divers qu’on s’y perd vite sans écrire un article hyper vite, juste pour écrire un « quelque chose » sans intérêt.

Ecrire pour écrire « vrai » pour dire quelque chose à quelqu’un, ne serait-ce que pour toucher vraiment une seule personne, surtout une personne seule, aussi seul que lorsque que l’on écrit.

Ecrire sans se trahir dans un monde de trahison, où le propos et les idées ne nous appartiennent plus vraiment, est-ce faux ?

Combien de temps faudrait-il se couper du monde, s’éloigner de la foule des informations, pour retrouver le goût et l’envie d’informer le monde, sans parler des coupes de cheveux coupes budgétaires, des coups d’Etats des coups de pieds éperdus, ou des coups bas du monde des médias.

Ecrire comme écrivaient les grands écrivains, ceux pour qui l’écrit n’était pas rien, mais tout.

Ecrire sans étiquette et sans chapeau à l'article, sans image pour attirer le regard, pour distraire l’œil quand le cœur ne voit plus rien. Mais des images il en faut bien si les images sont belles comme des mots, et des chapeaux y'en a des ronds y'en a des beaux comme ces deux-là, sans chapeau.

Ecrire sans chercher à plaire à l’éditeur au modérateur, ni même aux lecteurs écrire juste pour se chercher, et trouver le lecteur qui est en soi, qui est soit le vrai lecteur.

Ecrire comme composait Mozart sur une table de billard, comme criait Nina comme pensait Simone, comme veillait l’homme sur l’enfant, comme priait l'an pour les femmes même enfant.

Ecrire pour son prochain sans penser à son prochain écrit.

Ecrire pour éveiller sans réveiller les idées veilles, de la télé du quotidien, pour en sortir pour être bien.

Et pourtant écrire pour tenter de décrire ce monde qui nous échappe, pour tenter de rattraper le temps offert à nos Etats nos patrons, nos vies sans choix sans réfléchir.

Ecrire pour nos enfants leur expliquer pourquoi et comment, leurs parents n’ont plus le temps ni l’argent, ni le droit d’être simplement leurs parents, pour leur expliquer que de toutes parts, le monde est à eux tant qu’ils sont enfants.

Ecrire pour leur dire que bien trop vite ils seront grands, et que leur monde ne sera pas un jeu d’enfant.

Ecrire pour demander pardon aux nos grands-parents, ces grands enfants qui ont vu le monde changer, doucement s’effondrer partiellement se couper, amèrement se déchirer.

Un mur tombé pour d’autres remparts poussés, autre part.

Ecrire pour se souvenir des voix élevées aujourd’hui sans voix, muettes face aux claviers aux tablettes, loin des tableaux des bicyclettes.

Ecrire à la plume à l’encre et sur du papier, sur la Lune sans ancre et sans dictée, sans dicter sa pensée juste écrire pour penser, ou penser pour écrire mais écrire.

Ecrire un article de journal, intime, mais pas sans conviction écrire pour une raison, sans faire de mal à la raison.

Ecrire, écrire, écrire et lire, et lire pour élire un article comme l’article I du code de l’écrivain : « ECRIS, il n’y a que cela de bien » il n’y a que cela qui vaille la peine entre tes doigts, d’être fait d’être lu, mais sans relire ni reluire.

Ecrire « folie » pour parler du monde, pour parer le monde de sa folie.

Ecrire pour laisser trace pour faire face, sans être fugace ni boire la tasse.

Ecrire pour tomber à l’eau jusqu’à l’aube, puis se relever refaire surface.

Ecrire sur un drapeau s’il le faut, mais d’une couleur d’une seule, celle du cœur.

Ecrire pour tout dire pour s’enfuir, sans fuir puis revenir sans dire sa route, juste l’inscrire sur une feuille de route, sans laisser doute de son chemin sur un parchemin.

Parce qu’écrire est un parcours un long discours qui se répète, où se reflète les maux de l’âme les maux infâmes, les maudits drames les modes sans flamme, qu’il faut éteindre avant d’écrire.

Ecrire pour dire je t’aime à celle qu’on aime, à ceux qui sèment les mots d’amour, ici ou là et au-delà, à l’eau de la rose aux roses douces.

Ecrire en prose en rime en ligne de mire, entre les lignes en déhanché comme un mirage, écrire mille pages et plus de mots de son passage.

Ecrire comme on respire la vie avant l’amour où en cours, après l'avis jusqu’à demain,

Lucille.

photos : Alexis Tranchandon

 


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