Déterminisme, déterminisme ? Au secours les philosophes !

par jesuisdesordonne
lundi 16 juillet 2018

Parmi les érudits qui s’expriment sur AgoraVox, l’un d’eux pourrait-il expliquer pourquoi le concept de « déterminisme » est dit prédictif par définition, sur wikipedia par exemple et souvent employé comme tel ?
N’y a-t-il pas un autre mot, dénué de dimension prédictive, qui exprime la contrainte de nos héritages (génétiques, culturels et environnementaux) qui borne notre champ de liberté d’action et de pensée et au-delà duquel nous ne trouvons plus de plaisir ?

 


Illustration Jean RISACHER. Tous droits réservés.

 

Le plaisir d’agir ou de penser différemment des autres, semble dicté par nos héritages personnels. Ce désir d’individualité résulte probablement autant de génétique (il suffit d’observer les enfants) que d’acquis culturels. Le plaisir de provoquer le hasard aussi. Avant d’exercer la liberté de se différencier ou de s’apparenter aux autres il faut connaître ses congénères comme ses propres valeurs reçues en héritage notamment au hasard de rencontres qui ne sont pas toujours scolaires.

Sur la base de ses perceptions subjectives non prévisibles on peut faire des choix personnels et tirer plaisir de ses choix.

Le concept de « libre arbitre » dépend ainsi toujours d’une position relative aux autres et de notre environnement hérité. Enfermé là dedans cette contrainte ne nous rend pas pour autant prédictibles.
 « Libre-arbitre » et « déterminisme » définissent ainsi des concepts absurdes qui émaillent nombre d’articles sur Agoravox. Comment donc définir notre obligation, le plaisir irrépressible que nous ressentons de nous différencier dans un cadre qui n’est ni prévisible, ni rigide ? Y aurait-il une morale innommable que les bien-pensants linguistes n’oseraient pas nous dire ?



Une morale qui donnerait à chaque vivant de bonnes raisons d’agir à sa façon ?
Les végétaux, y compris au sein d’une même espèce, sont programmés génétiquement pour se comporter différemment les uns des autres. Les diversités phénotypiques caractérisent tout l’écosystème et la biodiversité est garante de sa résilience.
Les jeux de différentiations individuelles permettent la survie collective par adaptations ou échecs successifs depuis l’aube des temps au fil des changements du milieu.

Par prétention, bêtise ou/et soumission, il n’y aurait, pour la seule espèce humaine, qu’une seule morale de la mort et de la guerre que nous devrions subir comme des soldats aux comportements identiques, qui consomment, marchent au pas puis meurent sous le joug d’une pensée unique alors que les autres vivants qui nous entourent et nos propres pulsions nous poussent à nous comporter en dehors des lieux communs ?

Un autre exemple d’une espèce, proche de nous car elle adapte immédiatement son comportement pourtant plus rigide que le nôtre aux changements de son environnement, nous est donné par l’abeille qui vit en colonies. (Apis mellifera).
Les abeilles communiquent entre elles et sont capables, par exemple, d’indiquer une distance et un orientement à des congénères. Spécialisée selon son âge, chacune d’elle s’attache à une tâche particulière concourant à des travaux organisés collectivement.
Il n’y a pas d’autorité désignée qui décide du comportement des individus ni de la synthèse entre les nécessités de l’environnement, les pulsions individuelles dictées par la génétique et les aptitudes optimales que confère l’âge. L’activité la plus utile de chacune résulte de regroupements volontaires apparentés à une concertation frénétique collective qui n’est pas sans rappeler les plaisirs individuels de participer, à sa manière, à une œuvre commune. Quand une classe d’âge fait défaut, certaines abeilles changent d’elles-mêmes de spécialité. Par quel mot définir ce « déterminisme » non prédictif des individus qui s’adaptent à leur environnement ?

Le concept de « déterminisme relatif » introduit une part de hasard et de chaos.
Cependant ces mots ne semblent pas rendre compte de la nécessité de divergence qui conduit à répondre aux besoins communs de diversité sociale autant que de l’affirmation salutaire de ses aspirations personnelles.
Cette nécessité me rappelle LA MORALE ANARCHISTE de Pierre KROPOTKINE. De mémoire, la recherche du plaisir y est la contrainte, nécessaire et suffisante à la vie sociale.

De mémoire également, Christophe DEJOURS nous dit, que la force coercitive ne peut que couronner, à la marge, le consensus social déjà établi et régler des problèmes dérogeant exceptionnellement à l’intégration des individus dans la collectivité obtenue par une activité professionnelle leur conférant une dignité.

A contrario, quand la soumission par la force d’une population à l’indignité sociale ne fonctionne pas, n’est-ce pas également ce « déterminisme » conjoncturel, individualisé, non prédictif et nécessairement divergent qui conduit les individus à se rebeller, à bon droit, contre un modèle unique, et inique, imposé ?

Bernard FRIOT et son salaire à vie nous affirme que ce n’est pas la contrainte qui dicte l’activité.

OK, on peut supposer que pour Fifi, il ne faut pas compter réorganiser la vie en société au sein de l’UE qui n’est même pas un peuple.

Bon, mais s’il y avait un autre mot que « déterminisme » pour dire qu’il n’y a rien de prédictif ni d’inéluctable à l’échelle d’un individu dans ses contraintes individuelles sinon une recherche atavique du plaisir bien légitime, toute personnelle, et somme toute salutaire pour la biodiversité sociale, ne pourrions pas mieux y penser, quand même ?


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