Évêques contre ébranlements de fondements
par leon et paulette
lundi 5 novembre 2012
Le mariage pour tous serait " une supercherie qui ébranlerait un des fondements de notre société " a déclaré le chef des évêques de France. Quand elle a vu la vidéo après avoir fini son feuilleton sur Nous Deux, Paulette ne m'a pas lâché la grappe, voulant à tout prix que je lui fasse un écorché de la phrase.
Je lui d'abord expliqué qu'un chef a toujours raison. Calotte violette ou pas. Et que même quand on est évêque, on est le chef que si on a la plus grosse.
En effet, la grosseur de la crosse est primordiale chez eux, qui, dirigée vers le troupeau, leur permet d'en chercher à qui n'est pas d'accord avec eux sur la conception de la société. Sur ce coup, François Hollande va passer un mauvais quart d'heure.
La phrase d'un croisé doit toujours être prise comme elle doit l'être, lancée aux quatre vents le regard tourné vers Jérusalem. On remarquera en passant qu'elle est dite avec sérieux et gravité. Elle est destinée à faire peur. Il ne saurait d'ailleurs jamais en être autrement, tant la peur est le ressort de leur raison d'être ou pour le moins celui leur gagne-pain. En se mettant en branle, l’Église défend son magistère sur les « fidèles ».
J'ai assuré à Paulette que l’Église avait le sens des mots et s'y connaissait en « supercherie », que le mot était à prendre ici dans le sens de la mystique, de ces choses cachées et secrètes dont l'Eglise était devenue au fil des siècles une entreprise avec pignon de cathédrale sur rue qui lui permet - ainsi qu'à celui qui l'écoute à ses dépends et dont elle vit - d'entrer en contact avec son dieu, (qui est par ailleurs un loup pour l'homme depuis que le monde est monde bien avant J.C.), ce qui la conduit souvent à des extases que seuls les grands mystiques peuvent décrire.
« La mystique est une supercherie, alors Léon ? » a demandé Paulette.
J'ai répondu que chacun voyait midi à sa porte et que chacun portait sa croix.
« La mystique ébranlerait, alors ? »
Ce n'était pas impossible. J'ai dit à la curieuse qu'un évêque de l'incurie romaine était réputé parler de ce qu'il savait. S'il avait employé ce mot « ébranler » sans avoir l'air d'y toucher, ce n'était ni un hasard ni un trait du saint esprit. Il n'y a que des spécialistes qui peuvent se permettre cette fantaisie en s'en lavant les mains depuis tant de siècles.
Ce faisant, on en revient encore à cette « question fondamentale du respect de la réalité sexuée de l'existence humaine ».
Ce faisant, on en revient encore à cette « question fondamentale du respect de la réalité sexuée de l'existence humaine ».
Paulette, toujours très instinctive, en arriva à craindre mon explication sur l'emploi du mot « fondement » par l’évêque militant. Elle avait raison, je n'étais pas décidé à y aller de main morte. Mais j'ai tenu compte de sa détresse et lui ait indiqué que la sexualité des autres ne nous regarde pas sui generis. Ainsi, par exemple, ne sait-on pas comment se reproduisent dans la leur ceux-là même qui nous bassinent de considérations morales sur notre société.
Le temps est à l'orage. Les évêques de France se durcissent et se raidissent pour que François Hollande lâche du mou, comme à son habitude.
En attendant, bientôt apéro-saucisson-pinard, ils défileront entre amis avec ceux de l'UMP et du Front National.
En attendant, bientôt apéro-saucisson-pinard, ils défileront entre amis avec ceux de l'UMP et du Front National.
Léon
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