Fusion
par C’est Nabum
mercredi 18 mars 2026
Le mot du jour
Les suggestions fusent tout en se prenant abusivement pour des idées. Le consensus est un bien grand mot pour qualifier ce qui ne sera qu'un pétard mouillé, un peu artifice, beaucoup factice, pour tenter, sans grand espoir, de parvenir à un accord indigeste des « Mais » et du « Vain » dans une tambouille pour laquelle le marmiton ne joue ni des épices ni des saveurs.
La fusion est pourtant à l'ordre du jour pour qui entend avoir son petit quart d'heure de célébrité en obtenant ainsi une diffusion radiophonique, une couverture médiatique et même avec un peu de chance de multiples rediffusions sur les réseaux sociaux. Pour cela il suffit de faire sauter quelques fusibles, les priant après une campagne électorale durant laquelle ces derniers ce sont beaucoup impliqués, d'aller voir ailleurs pour faire la place à la confusion des genres, des partis et des idées.
Alors que l'encéphalogramme était plat, dans chaque camp on estime que l'apport de sang neuf redonnera un petit coup de fouet de nature à inverser le cours des choses et le choix des électeurs. La transfusion sans s'assurer de la compatibilité des rhésus et des groupes conduira tôt ou tard à la catastrophe et à cette suffusion qui laissera s'infiltrer le mauvais sang dans les tissus locaux.
Nulle effusion ne viendra célébrer cette improbable fusion entre la carpe et le lapin, l'eau et le feu, l'acide et le basique, le sucré et le salé. Tout cela pour maintenir en état de perfusion des têtes de liste qui n'ont pas connu la profusion des voies. On se contente de peu pour donner l'illusion de la survie par cette habile perfusion de la dernière chance.
La confusion est la règle dans cet exercice de prestidigitation à moins que ce ne soit que de l'agitation politicienne qui est censée faire passer des vessies pour des lanternes alors qu'on sait bien qu'il n'y a pas la lumière à tous les étages des places éligibles. Je me vois contraint alors de faire acte de défusion, c'est à dire de prendre du recul afin de révéler la vraie nature de cette curieuse action concomitante aux résultats d'un premier tour.
Ce n'est pas sans déplaisir que je vous impose cette infusion indigeste pour vous donner à penser sur cette pratique qui ne cesse d'agiter le Landerneau de la falsification démocratique. La potion est amère et dans la plus part des cas, totalement inopérante. Elle reste d'ailleurs sur l'estomac de bien des électeurs qui en concluent non sans raison, qu'au bout du compte, il n'est rien à croire dans les discours et les engagements électoraux.
De toutes manières, cette union contre nature n'interdira pas de prendre l'eau de toutes parts, découvrant ainsi le sens du mot affusion qui signifie approximativement verser de l'eau d'une faible hauteur sur une partie du corps électoral pour noyer le poisson et tenter de faire oublier qu'il y a peu, tout ce joli monde naviguait en eau trouble à s'envoyer des noms d'oiseaux.
Les protagonistes de cette mascarade multiplient les effusions entre eux pour donner le change et laisser croire que les chiffonniers d'hier se sont grimés, par la vertu du premier tour, en les meilleurs amis du monde. Nous ne pouvons être dupes de cette fiction qui donnera pourtant naissance à une profession de foi, issue d'une plateforme sans le moindre relief. C'est surtout la profusion des couleuvres à avaler qui démontre à quel point tout ceci ne ressemble à rien.
Tout s'achèvera en un bouquet final dans la salle des mariages avec l'issue inévitable de cette union des contraires. Le divorce à la politicienne se nomme défusion, une séparation avec perte et fracas quand l'évidence saute aux yeux. On se déchire sans pouvoir partager les meubles et les enfants sous les yeux ébahis de ceux qui avaient donné leurs voix à cette union arrangée.
À force de jouer de la confusion, nos amis les têtes d'affiche font bien peu de cas du risque de surfusion quand le mélange réalisé ne parvient pas à se solidifier tout comme l'eau de pluie en surfusion forme du verglas lorsqu'elle entre en contact avec un sol très froid.