Il y a un an, le Conseil de l’Europe rendait hommage aux victimes du communisme

par Bastien
mardi 23 janvier 2007

Les politiciens français ont condamné officiellement les régimes fascistes, la colonisation et plus récemment le génocide des arméniens en Turquie. On peut penser qu’il n’est pas du rôle des élus de dire l’Histoire. Ces condamnations officielles ont cependant le mérite de mettre en garde les générations futures contre les dérives dont leurs aïeux ont été responsables ou victimes. Elles concourent ainsi à la construction d’une société pacifiée et respectueuse des libertés individuelles de chacun.

Pourtant, parmi toutes les idéologies criminogènes de ces deux derniers siècles, une n’a pas encore été condamnée. Il s’agit du communisme, qui est pourtant responsable à lui seul de plus de 85 millions de morts. C’est pour réparer cet oubli qu’il y a un an, le 25 janvier 2006, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe votait la résolution 1481, condamnant les violations massives des droits de l’homme commises par les régimes communistes totalitaires. Quelques mois plus tard, plusieurs députés français proposaient à leur tour une loi visant à instituer une journée nationale du souvenir le 9 novembre afin de rendre hommage aux victimes des régimes communistes. Mais, à ce jour, la France continue d’oublier !

Deux raisons à cela. Pour commencer, contrairement au nazisme, les crimes commis par les régimes communistes n’ont été condamnés par aucun tribunal international. Enfin, l’extrême-gauche européenne et française participe encore à de nombreux gouvernements et voit d’un mauvais oeil une proposition de loi qui l’obligerait à se remettre en cause. En effet, jusqu’à présent les communistes refusent toujours de s’interroger sur les raisons qui ont conduit tous les régimes communistes sans exception à la barbarie. Alors qu’en 1979 G. Marchais parlait du bilan globalement positif de l’URSS, le PCF renie aujourd’hui ses anciens liens avec l’URSS et affirme que le stalinisme est une perversion terrible d’un idéal communiste. Pourtant, les archives des ex-Républiques communistes nous prouvent que Staline n’est pas seul en cause. Tous les régimes et tous les dirigeants communistes se sont rendus responsables de violations des droits de l’homme.

Le bilan du communisme peut s’apprécier à plusieurs niveaux. Économiquement, les pays d’Europe de l’Est ont pris un retard considérable sur l’Ouest. Aujourd’hui, la Corée du Nord et Cuba sont au bord de la faillite. Le communisme est également responsable de la destruction du patrimoine historique de la Russie et de la Chine durant la révolution dite culturelle. Cependant, tout cela n’est rien à côté de la tragédie humaine.

Dès sa prise du pouvoir en 1917, Lénine, assisté de Trotsky, instaura un régime de terreur pour conserver le pouvoir contre la majorité de la population russe et pour installer durablement un régime communiste en exterminant toute résistance. Lénine déclarait : : Pas de révolution sans bain de sang. Nous ne faisons pas la guerre contre les personnes en particulier, nous exterminons la bourgeoisie comme classe. Ne cherchez pas ce que l’accusé a fait contre l’autorité soviétique. La première question que vous devez lui poser, c’est à quelle classe il appartient, quelles sont ses origines, son éducation, sa profession.

La famine a été le moyen le plus efficace d’extermination des classes bourgeoises. Le monopole de la production et de la distribution de nourriture qu’impliquait la collectivisation des moyens de production permettait aux régimes communistes d’utiliser la faim comme une arme. Pour Trotsky, l’ancien principe : qui ne travaille pas ne mange pas, est remplacé par un nouveau : qui n’obéit pas ne mange pas. 7 millions d’Ukrainiens et 1 million de Cambodgiens, soupçonnés d’être des ennemis du communisme, ont été victimes de ce "nouveau principe".

Enfin, à partir de 1918, les opposants politiques étaient déportés dans des goulags, comme les camps des îles Solovki. Pour Trotsky, la bourgeoisie était une classe vouée à périr. L’utilisation de camps de concentration (goulag ou laogaï) pour exterminer les opposants et les catégories de personnes considérées comme non-désirables dans le nouvel ordre établi est un des points communs entre le communisme et le nazisme. Ces deux régimes sont les seuls à avoir mis en place un système industriel de coercition et d’extermination. La participation de l’URSS à l’effort de guerre contre le IIIe Reich à partir de 1942 ne doit pas faire illusion. Le communisme n’est pas le contraire du fascisme ! Les régimes communistes ne se battaient pas pour la démocratie, mais pour le communisme comme les pays d’Europe de l’Est ont hélas pu le constater après 1945. Le contraire du fascisme et du communisme, c’est la démocratie !

Pour certains, l’amalgame avec le nazisme ne doit pas être fait dans la mesure où le communisme serait basé sur des principes généreux. C’est en réalité tout le contraire ! Le communisme s’est avéré plus dangereux que le nazisme parce que, justement, il a conduit à la barbarie en prônant des valeurs humaines. Derrière la générosité se cache la division de la société en classe, la dictature du prolétariat et l’idée que l’individu et ses libertés peuvent être sacrifiés dans l’intérêt de la collectivité. Ces principes sont contraires à la tradition du libéralisme politique et ont toujours et partout conduit au désastre. A l’heure où les extrémismes sont de retour, une condamnation officielle par l’Assemblée nationale des crimes des régimes communistes ne serait pas inutile pour mettre en garde les générations futures et rendre justice aux familles de victimes venues trouver refuge en France.


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