Jeu coopératif contre compétition

par CHALOT
lundi 13 juin 2016

 Honte aux supporters qui se sont affrontés dans les rues de Marseille !

Honte à cette coupe d’Europe qui engendre la haine, le chauvinisme et la barbarie

« Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage", disait fort justement Jean Jaurès.

On pourrait rajouter que les compétitions internationales portent en elles la violence.

Quel exemple déplorable pour l’enfance que ces prétendus débordements qui ne sont que la partie émergée de l’iceberg du principe tant vanté hier de l’olympisme où l’important c’est de gagner et que tout un peuple ne fasse qu’un autour d’une équipe sublimée !

 

Il faut arrêter de vanter le football comme sport de masse populaire.

Si les enfants jouent dès leur plus jeune âge à ce jeu, c’est parce qu’ils imitent les adultes et que depuis des générations et des générations la promotion quasi exclusive de ce sport est fait.

Comme tous les sports de compétition, c’est un sport de sélection.

Aujourd’hui les enfants sont appelés à s’intéresser au ballon rond dès leur plus jeune âge, avant même qu’ils soient coordonnés même s’ils ne maîtrisent ni le sens du jeu ni les espaces.

Dans de nombreuses villes, les clubs ont mis en place un classement par niveau : une, deuxième, troisième équipe et gare à celui qui joue mal.

J’ai peu d’expériences en ce qui concerne ce sport si ce n’est d’avoir développé une activité USEP en Mayenne en 1981 et 1982.

Instituteur à l’école maternelle, j’ai voulu proposer une activité le mercredi après-midi aux élèves de mon collègue enseignant en primaire.

Interrogés, les enfants ont voulu tout de suite faire du foot.

L’équipe a été constituée par tous les volontaires et nous avons participé à des matchs opposant des écoles du département.

Je me rappelle de notre première rencontre et du premier score : 17 pour nos adversaires et 0 pour nous.

Tout doucement nous avons progressé et les enfants étaient très contents quand ils ont perdu avec des scores de 7 à 3.

Ce qui me fut difficile c’est de faire comprendre aux enfants qu’aucun d’entre eux ne serait exclu… Ce ne sont pas les « forts » qui seront sur le terrain et les « faibles » sur la touche, le temps de jeu sera le même pour tous.

J’ai ensuite introduit le rugby inconnu alors dans les écoles… Le ludique l’emportait sur la compétition.

Il ne faut pas affirmer que les enfants ne cherchent que la victoire.

Le jeu coopératif chez les enfants comme pour les adultes peut faire des émules.

L’intérêt c’est de faire participer tout le monde et que le plaisir soir partagé.

 Prenons par exemple ce jeu d’élimination qu’est la chaise musicale….

X personnes se trouvent chacune sur sa chaise et au signal du meneur elles tournent autour des chaises.

A un signal donné, alors qu’une chaise est retirée, chacune essaye de s’asseoir sur une chaise…..

La personne qui n’a pas trouvé une chaise où s’asseoir est éliminée et le meneur retire une chaise de plus…..

La version coopérative de ce jeu est beaucoup plus ludique et sans risque :

Le meneur retire chaise après chaise mais c’est le groupe qui doit trouver à s’asseoir : les chaises restantes doivent être occupées par une, deux ou x personnes…..

On arrive ensuite au résultat final collectif.

Je me souviens de quelques résultats : 23 enfants sur deux chaises et je me rappelle de leur joie collective…..

L’exploit était collectif.

Dans de nombreuses écoles, dans les stages BAFA, des enseignants et des formateurs essayent de développer un versant éducatif du jeu.

Ils y réussissent.

Ils ont une autre logique que celle qui se développe partout en France et ailleurs et qui consiste pour les promoteurs sportifs à sur-spécialiser et surentraîner les enfants très jeunes.

Cette pratique conduit parfois à des catastrophes en termes de développement…

Je me rappellerai toujours ce gamin de 16 ans qui, commençant très tôt l’haltérophilie est resté très petit….

 

Jean-François Chalot


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