La révolte des campagnes : les Boues d’épuration des villes polluent les terres agricoles !

par Joplin
vendredi 23 octobre 2009

De plus en plus de scientifiques et citoyens s’interrogent sur la qualité des boues d’épurations : et si elles étaient trop polluées pour que leur épandage à des fins agricoles soit acceptable ?

Les boues d’épurations désignent le déchets à base de matière organique et de bactéries mortes produites par les stations d’épuration. Depuis 2002, ces stations de retraitement des eaux usées n’ont plus le droit d’enfouir leurs déchets sous terre. Elles défendent à présent le retraitement par épandage des terres agricoles, une solution économique à leurs yeux.

Mais plusieurs mouvements de protestations dans l’Aisne, dans le Cher et ailleurs, témoignent d’une défiance des campagnes face aux boues d’épuration d’origines urbaines, utilisées comme engrais pour les terres cultivables.

Au départ, l’épandage sur les terres cultivées permet de faire de l’engrais à partir de déjections animales (lisier et fumier). Dans les années 70, l’épandage a été étendu aux boues d’épurations des villes, pour bonifier les productions agricoles.

Ces boues sont des déchets produits par les stations d’épuration de traitement des eaux.  ». Le plan d’épandage prévu dans le Chère devrait toutefois entrer en vigueur au début de l’année 2010.

Dans l’Aisne, on dénonçait déjà un cocktail à retardement sur le plan sanitaire

Dans l’Aisne, c’est une révolte d’une ampleur comparable que les boues d’Archères ont cristallisées en 2004. Malgré un avis défavorable du Conseil Général, la préfecture avait décidé « l’épandage annuel de 20 000 tonnes de boues de la station d’épuration d’Achères, sur 8 500 hectares de surfaces agricoles ».

La réaction des agriculteurs, recueillie par un journaliste de l’AFP, en dit long sur les soupçons qui pèsent sur la dangerosité de ces engrais : « Ces boues ont une teneur trop forte en métaux lourds et sont trop riches en phosphore » estimait Hubert Duez, président de l’Union des Syndicats agricoles de l’Aisne.

Un responsable syndical agricole local n’hésite pas à dresser un parallèle avec les farines animales à l’origine de la vache folle : « A l’époque, on ne savait pas que c’était dangereux, et ça nous a coûté très cher. Pour les boues, on ne sait pas encore ce que seront les conséquences ».

S’il n’y pas de danger identifié à court ou moyen terme, on sait que les stations d’épurations sont incapables de supprimer des métaux lourds, du mercure, des polluants organiques et métalliques faiblement biodégradables, dioxines, PCB et pesticides et résidus médicamenteux .Un cocktail d’autant plus explosif sur le plan sanitaire, qu’il se propage dans les nappes phréatiques et touche l’ensemble de la chaîne alimentaire, via les fruits et légumes.
 

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