Le gentilé impossible

par C’est Nabum
jeudi 21 mai 2026

 

Et pourtant il faut laisser une trace

 

Rien n'est pire que l'obstination d'un homme politique qui entend laisser une trace dans son territoire. Il faut regretter que nous ayons perdu l'atavisme ancien avec lequel l'humain se contentait d'uriner pour marquer son passage. La pratique quoique discutable en société, coûterait bien moins cher que cette obstination absurde de notre cher président de la Région Centre Val de Loire à donner un nom à ce qui ne peut en avoir.

S'il n'est pas victime de pollakiurie, son désir de miction financière le pousse à poursuivre une démarche qui a déjà démontré son inanité. Une analyse raisonnable des premiers sédiments atteste non seulement de l'indifférence des citoyens devant cette création in vitro d'un patronyme dépourvu de tout rapport au réel.

Dans un précédent billet, j'ai essayé d'expliquer que cette démarche relevait de ce qu'une expression populaire définit parfaitement par la formule : « Pisser dans un violon ! ». Nous pouvons déplorer pourtant que le comité citoyen chargé de la chose n'a pas baissé les bras pour justifier l'honneur qui lui est fait en choisissant dix propositions venues de la base : Castelligérien, Castelvallois, Centrevalléen, Centrevallois, Cévallois, Coeurligérien, Cœurvallois, Loirevalléen, Valcéen et Valligérien.

La lecture de ces noms impérissables démontre naturellement que le Conseil Régional a fait fausse route en administrant la preuve irréfutable que rien de bon ne peut sortir de ce côté-là. Hélas, la politique c'est la capacité d'aller jusqu'au bout de ses erreurs d'autant plus facilement que cela n'engage que l'argent des citoyens. Alors pourquoi se gêner en poursuivant cette farce aussi discutable que pitoyable.

Parmi les membres du Comité du Gentilé nous trouvons un chef cuisinier étoilé, sans doute compétent en matière de préparations culinaires diurétiques, une triple championne paralympique qui devrait savoir que toute médaille a son revers, une flopée de présidents de structures s’identifiant derrière des acronymes souvent imprononçables, ce qui les autorise sans doute à donner ici leur avis éclairé, et quelques représentants de cette classe politique si prompte à se moquer des citoyens. Enfin, n'oublions pas quelques représentants des médias qui doivent bien se demander ce qu'ils sont venus faire dans cette galère.

Je vous laisse la possibilité d'aller découvrir la liste des participants à cette farce. Quand le scénario est détestable, la distribution bien souvent ne peut échapper au naufrage. C'est donc par grandeur d'âme que je ne livre pas à votre légitime vindicte, les noms de cet aréopage constitué malgré tout de vingt-quatre personnages tant le sujet mérite bien quelques frais de bouche et de fonction.

Faut-il aller plus loin dans l'expression d'une indignation qui de toute manière ne fera pas changer les lignes ? La raison, la sagesse n'ont guère leur place quand les paillettes du pouvoir aveuglent ceux qui se pensent dépositaires du droit de penser à notre place. Je crains qu'il faille laisser pisser le mérinos et ses collègues. La farce est lancée et la messe est dite.

La seule certitude à propos de cette critique quelque peu véhémente c'est qu'une fois encore, elle justifiera de la part des services événementiels du Conseil Régional Centre Val de Loire de ne jamais faire appel à moi pour une animation ligérienne. Il est vrai que la Loire n'est sans doute pas mon domaine de prédilection contrairement aux margoulins qu'ils préfèrent subventionner très généreusement pour des projets qui sont parfois de véritables escroqueries intellectuelles. Voilà bien une ligne de conduite qui pour le moins a le mérite de la cohérence avec ce fameux gentilé impossible.


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