Le MLF a 40 ans !

par athirel
samedi 28 août 2010

2010, quarante ans après, les femmes gagnent 27 % de moins que les hommes. Concernant la représentation politique, on ne compte encore que 18,5 % de femmes à l’Assemblée et 21,8 % au Sénat. En moyenne, les femmes consacrent près de 3h30 par jour aux tâches domestiques contre 2 heures pour les hommes. La liste est longue, vous le savez, mais mérite toujours d’être rappelée. L’observatoire des inégalités, entre autres, vous fournira de nombreuses statistiques à ce propos.

Aujourd’hui, « place des droits de l’homme » à Paris, rebaptisée pour l’occasion « place des droits de l’homme et de la femme », elles n’étaient pourtant que quelques centaines pour commémorer le lancement du mouvement, le 26 août 1970, lorsqu’une dizaine de femmes déposaient sous l’Arc de triomphe une gerbe à la femme du Soldat inconnu.

Cette date de 1970 est d’ailleurs controversée et Antoinette Fouque revendique le lancement du mouvement dès après les évènements de mai 1968. Là n’est pas mon propos, et je serai bien mal placé, en tant que mec, pour intervenir dans ce débat quand les hommes étaient interdits de séjour dans les réunions MLF.

J’ai plutôt choisi de fouiller sur le net et dans un tas de revues militantes que j’ai chinées il n’y a pas très longtemps, pour ressortir quelques couvertures bien d’époque !

« Partisans, libération des femmes année zéro » est la première publication du mouvement, à ma connaissance.

J’ai retrouvé, et avouez que ça vaut son pesant de cacahuètes, la couverture de la revue « le torchon brûle » « menstruel à 1,00F » (sic !).

Comme tous les mouvements de l’époque, les tendances diverses et les écoles s’affrontent. Ainsi « les pétroleuses« , « tendance lutte de classes du mouvement de libération des femmes » « ont fait de leur jupon un drapeau rouge« . Le décor est planté ! La rubrique cinéma du n°1 est succulente ; elle traite « des valseuses« . Je ne résiste pas à vous livrer la conclusion de la fiche signalétique :
« Leur liberté sexuelle y apparaît comme le label de LA libération, alors qu’elle n’est rien de plus que :
- femmes baisées,
- femmes qui attendent que le viril voyou leur montre le chemin du sexe« . Signé Célestine. Joli, non !

Autres recherches, autres trouvailles, du côté des chansons militantes. Sur l’air du « Chant des marais » l’hymne du MLF est chanté à la manifestation du 20 novembre 1971 :

Nous, qui sommes sans passé les femmes,


nous qui n’avons pas d’histoire,
depuis la nuit des temps, les femmes,
nous sommes le continent noir.

refrain :
Levons nous, femmes esclaves
Et brisons nos entraves,
Debout ! Debout !

Asservies, humiliées, les femmes
Achetées, vendues, violées ;
Dans toutes les maisons, les femmes,
Hors du monde reléguées
(refrain)

Seules dans notre malheur, les femmes
L’une de l’autre ignorée,
Ils nous ont divisées, les femmes,
Et de nos sœurs séparées.
(refrain)

Reconnaissons-nous, les femmes,
Parlons-nous, regardons-nous,
Ensemble on nous opprime, les femmes,
Ensemble révoltons-nous.
(refrain)

Le temps de la colère, les femmes
Notre temps est arrivé
Connaissons notre force, les femmes
Découvrons-nous des milliers

Malheureusement, je n’ai pas pu trouver un enregistrement à télécharger pour vous le faire écouter. J’ai par contre trouvé une vidéo dans laquelle Josy Thibaud raconte comment les femmes créaient leurs chansons

Autre trouvaille, enfin, ce « carnet de chant du mouvement des femmes » qui nous est présenté par Marie-Christine Moulier. Elle nous donne à voir, et c’est bien agréable, « une facette trop peu connue du mouvement des femmes, celle de la joie et de l’humour ravageur ».

Des luttes qui n’ont pas perdu de leur actualité, malheureusement.


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