Le mors aux dents

par C’est Nabum
samedi 16 juillet 2022

Une fièvre de cheval.

C'est à prendre au pied de la lettre, sans se prévaloir d'être un cavalier émérite. C'est même une nécessité pour celui qui espère remettre en selle une société qui va à vau-l’eau. Il est grand temps de changer d'allure pour sauver ce qui peut l'être encore tout en refusant les dérives d'un système qui nous prend vraiment pour de vieilles ganaches.

Ne pensez pas que je ne suis pas bien dans mon assiette. Si je mets ici le pied à l'étrier tout autant que la main à l'encrier, c'est pour laisser ma plume filer au galop dans cette course d'obstacles qui se présente à nous pour les trois prochaines et ultimes années. Tandis que le pouvoir entend mettre au pas toute rébellion environnementale, faisant passer des chevaux de réforme pour des purs sangs contaminés par le libéralisme, il est urgent de changer de braquet à l'heure où se lance le Tour de France et son immense gabegie énergétique.

C'est bien là encore une histoire de selle qui vous reste en travers de la gorge, glissant de manière impromptue des hémorroïdes inopinées. Que de véhicules à propulsion mécanique pour des champions de la petite reine, que de déchets abandonnés sur les routes, que de gaspillage en tracts et babioles sans importance, que d'hélicoptères pour faire tourner la sauce ! Le vilain tour que voilà, à l'image de tout le reste d'ailleurs tandis que ceux qui se vautrent ainsi dans la contradiction, nous appellent à la restriction, à l'économie, à la sagesse.

Pendant ce temps, ils se réunissent en se déplaçant en jet privé, prennent un hélicoptère pour fuir les manants, laissent tourner les yachts de leurs amis en espérant y faire un petit séjour, envoient des milliers de satellites dans l'espace pour accélérer le processus final. Ils se moquent de l'avenir qu'ils insultent à longueur de décisions et évoquent l'écologie comme un méchant épouvantail qui entend punir les braves gens.

Eux, ils ont des réponses modernes, technologiques, innovatrices, économes et sobres : les nouveaux termes à la mode pour cacher l'exact contraire. Ils nous prennent pour des ânes et pour nombre d'entre-nous, ont parfaitement raison, puisque nous avalons leurs sornettes, nous applaudissons à leurs grimaces et nous remettons au pouvoir les tenants de l'ancien monde.

Si nous ne prenons pas le mors aux dents, il en sera bientôt fini de cette civilisation. Remarquez, pour le peu qu'elle se fonde sur la justice, l'équité et le partage, elle peut disparaître dans les abysses de l'oubli, il n'y a plus rien à espérer de ce modèle absurde et démoniaque. L'enfer ce n'est pas demain, c'est le Capitalisme depuis sa création.

La Planète va avoir une fièvre de cheval, il est plus qu'urgent de se réveiller, d'abandonner les illusions du tout électrique, de penser autrement, de se résoudre aux transports collectifs, de remettre le train sur les rails, de chercher des solutions locales, individuelles, simples tout en abandonnant l'idée des centrales, des taxes, du productivisme, de la croissance.

Un coup de pied dans la fourmilière s'impose. Le spectacle de la chambre des dépités confirme qu'il n'est rien à attendre de ceux-là pas plus que des sinistres du gouvernement. Ils ont tous des œillères sur les yeux, la bride tenue serrée par les véritables têtes profiteurs de ce système délirant. Petits valets des grandes fortunes, ils font semblant de nous donner un peu de foin alors qu'ils s'évertuent à nous mettre méthodiquement sur la paille au profit de leurs commanditaires.

Il est venu le temps de ruer dans les brancards, de se libérer du joug, de bouter vos cavaliers, lads et petits palefreniers, récemment élus. Prenez en main votre destin en retournant à l'état sauvage. Il est enfin venu le grand nettoyage des écuries d'Augias. Le fumier s'y accumule depuis si longtemps.

À contre-allure.


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