Le vice du nouveau recteur... / Mayotte en Danger !

par Jean-François Dedieu
mercredi 12 février 2020

Un haut-fonctionnaire au service de l’État devrait apparaître impartial et neutre par rapport aux politiques en charge de mener le pays. Aussi en entendant ce qu'a osé dire Gilles Halbout, le recteur frais émoulu de la nouvelle académie de Mayotte, je me dois de réagir.

 
Ses propos du 10 février 2020, au journal télévisé de Mayotte Première (l'absence de majuscules est volontaire) :
 
"... Je voudrais quand même rappeler que cette réforme elle faisait partie du programme du président de la république qui a été élu, 1er au premier tour, 1er au second tour et aujourd'hui... et aujourd'hui il est normal de l'appliquer. Je dirai aussi que c'est une réforme qui va vers l'universalité, qui permettra des passerelles donc il faut regarder maintenant au-delà..." 

https://la1ere.francetvinfo.fr/mayotte/emissions/jt-du-soir-en-francais (5ème minute / l'absence de majuscules est volontaire)  :
Ce n'est pas long, pas compliqué et les choses simples s'énonçant clairement, monsieur le Recteur ne cache pas qu'il est macronien, tout acquis à la politique de son patron. Oui de son patron puisque la tendance, depuis Sarkozy, étant de mettre des partisans à la tête des administrations pour moins de grippages et plus d'efficacité, à l'image des États-Unis lien, on se retrouve petit à petit avec un exécutif qui chasse l'ancienne administration pour mettre à la place ses équipes de fidèles affidés plus zélés encore parce qu'ils doivent leur ascension professionnelle, qu'ils doivent tout au nouveau pouvoir.
 
Voilà monsieur le professeur d'université, Gilles Halbout, agrégé de mathématiques de classe exceptionnelle, puis président (décembre 2016) d'un machin de communauté d'établissements et universités du Languedoc-Roussillon, oui un machin de 2014 puisque dissout au 1er janvier 2020 lien... c'est dire... les économies qu'on doit à nos élites... Oh la coïncidence puisque à la même date le vice-recteur (nomination de juillet 2019) devenait recteur à part entière.
 
Franchement depuis Constance Cynique (Nathalie Costantini) au charlatanisme aussi démagogue que paternaliste, je ne pensais pas devoir encore jeter ma pierre. Devrait-on reconnaître qu'il y a plus d'argent, contrairement à ce qui se faisait sous Hollande, dans la lignée, lui aussi, des pères Noël menteurs, il faut dire aussi que tant qu'ils s'entêtent à jouer les Shadoks ne voulant pas désamorcer la pompe de l'immigration, le manque de profs, le sureffectif (1600 élèves à Tsingoni dans un collège 800) et surtout l'insécurité demeureront chroniques sinon pires.
 
Avec Stephan Martens, le prédécesseur qui devait porter l'émancipation de Mayotte, en poste quelques mois seulement lien pour cause d'incompatibilité avec l'île, et qui voulait et la piscine chez lui et le bateau sur le lagon, comme le préfet, et qui, en attendant coûtait un pognon de dingue en logeant à l'hôtel, le comportement petit-blanc prêtait plus à sourire (sous couvert de raisons personnelles il a été rappelé à Paris).
 
Là avec quelques mots profonds, calculés c'est plus pernicieux. Sans m'attarder sur cette triste réforme imposée, (et ce ne sont pas les arguments qui manquent pour la refuser... au point que même des députés Larem démissionnent), mais qui n'est que la forme du mal, prenons garde qu'avec des députés godillots, au perchoir un président du législatif sans aucun sens de l'honneur ou des Delevoye de sac et de corde qui ont trop le sens de l'argent, une haute fonction aux ordres vient attester que de prétendus serviteurs de L’État tirent la République dans le fossé de la démocratie dévoyée, du tout pouvoir autoritaire avant que n'advienne une "démocrature" sinon pire, s'il faut toucher le fond.
 
Monsieur le recteur de Mayotte, ce ne sont pas vos 10 ou 15 000 euros mensuels (et n'est-ce pas trop payé en regard d'un classement PISA médiocre, 23ème sur 79 pays (8ème en 1990) ?) qui vous autorisent à dénigrer des parents soumis aux rotations (2 classes pour un local / les mêmes infos du 10 février parlent du collège de Tsingoni), qui constatent que la nouvelle mouture du bac décentralisé va encore plomber et rabaisser les établissements défavorisés. Monsieur Halbout Gilles, vous n'aviez pas non plus à vous muer en propagandiste d'un président légal mais certes pas légitime, par rapport au marasme institutionnel, en regard des 14 mois de protestations, et concernant des enseignants qui vont encore perdre, à terme près de 30 % d'un salaire déjà moins que moyen pour l'OCDE.
 
L'expression de votre fidélité pour dire n'importe quoi ou taper en touche a pour le moins manqué de finesse...
 
Les derniers hauts fonctionnaires devant faire allégeance ? Ce devait être sous Pétain non ?  
 

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