Renverser le capitalisme

par Caleb Irri
lundi 8 février 2010

On ne cesse de vous le répéter : à petits pas, la crise s’en va. Un million de chômeurs en fin de droits, dix millions de personnes « mal logées » (environ une personne sur six !), la bourse plonge à nouveau, les investissements sont faibles, les ménages ne consomment pas assez, et le déficit public est alarmant. Bon. Mais les banques ont fait de bons bénéfices, ont distribué des bonus records, se refinancent à l’oeil et ne prêtent plus (et oui, pour ne pas être responsables de nouveaux subprimes !). C’est que tout va mieux, non ? sans compter les ventes de voitures, de vaccins et peut-être d’armements.

Mais arrêtons de rire une seconde et regardons les choses en face : les gouvernements ont sauvé les banques avec l’endettement que supporteront nos descendants, soit. Mais qui sauvera les Etats ?
Voilà une question à laquelle il serait judicieux de répondre.

Pour ma part, j’ai envie de crier « pas moi ! », et je suis persuadé que je ne suis pas le seul. Alors pourquoi ne pas inverser la vapeur ? si le biais par lequel on nous attaque est celui de l’argent, pourquoi ne pas prendre les organisateurs de ce jeu de dupes à revers ?

Bien sûr qu’il y a des solutions ! regardons bien comment tout cela fonctionne : obligation de posséder un compte en banque, démonétisation, création de monnaie fictive par l’intermédiaire des banques et de leurs spéculations, filouteries législatives et pots de vins en tous genres, impôts obligatoires, assurances, mutuelles, frais de dossiers, frais d’agences, TVA, tout cet arsenal nous oblige sans arrêt à passer par des intermédiaires qui nous coûtent beaucoup sans nous servir vraiment.

Quand on réfléchit à ce que l’on dépense au nom de « la protection sociale », du « bien public », et les bénéfices que l’on en tire, la balance fonctionne-t-elle comme elle le devrait ? Les assureurs, les banquiers, les grandes firmes censés nous apporter des « services » sont les plus gros bénéficiaires de la casse sociale qui nous accable.

Non seulement les services publics et les prestations sociales diminuent sans diminuer les taxes censées les mutualiser, mais en plus il nous faut cotiser dans le privé à des tarifs exorbitants. Les banques se font de l’argent sur notre dos, à tout moment du jour ou de la nuit, et nous refusent les crédits sous prétexte qu’on leur coûte trop d’argent. Et pour couronner le tout, il va falloir travailler plus longtemps pour simplement conserver des retraites qui ne permettent même pas de mourir dans la dignité.

Mais si on regarde d’un peu plus près, on s’aperçoit rapidement que les salaires des grands patrons, ceux des traders, des ministres, des hauts fonctionnaires, sont en réalité payés par la somme des petites contributions populaires. Ce sont les plus pauvres qui font tourner la machine capitaliste. Les plus rentables ne sont pas ceux qui ont de gros revenus, mais la somme des petits : ceux qui payent des agios, consomment du crédit revolving à des taux exorbitants, ceux qui payent leur maison presque le double de ce qu’elle vaut. ceux qui sont le plus malades car ils ont un métier pénible, ceux qui dépensent leur salaire jusqu’au dernier sou sans pouvoir en économiser un seul.

Car il faut bien se rendre compte que l’argent n’apparaît pas comme cela : ce sont toutes nos cotisations individuelles, tous nos achats, toutes nos activités qui sont le seul moyen pour créer le salaire de ces gens-là. Sur votre police d’assurance, ou votre mutuelle, la somme que vous verrez chaque mois entre dans le cadre de la mutualisation des millions de cotisations, qui vous coûtent la plupart du temps beaucoup plus cher que si vous aviez économisé dans votre coin en cas de coup dur (tout ça sans franchise, ni expertise vous annonçant toujours que vous n’avez pas bien regardé les petites lignes de votre contrat et que l’assureur ne peut pas -malheureusement, bien sûr- vous indemniser.

Pour les impôts c’est pareil. Notre argent file tout droit de notre salaire d’abord, et ensuite par la TVA, et enfin par les impôts, et bientôt par la taxe carbone, dans les poches d’un Etat qui va le reverser soit à ses propres collaborateurs, soit aux amis de ces derniers, dirigeants d’entreprises privées soit avec lesquels ils ont l’habitude de travailler, soit avec qui ils ont fait leurs études…

Vous voulez que ça s’arrête ? et bien ne leur donnez plus votre argent ! reprenez votre liquide à la banque, et dépensez-le ! vous détruirez les bonus et les banques.

Travaillez au noir, et vous ne paierez pas d’impôt, payez votre médecin en liquide et vous reboucherez le trou de la sécu, cessez de payer votre assurance et vous serez plus riche ! donnez votre production et vous ne serez pas taxé, boudez les agences immobilières, les syndics, et le prix des maisons baissera. Organisez-vous sans eux, et ils s’apercevront qu’ils ne peuvent pas vivre sans vous.


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