Sarkozy malgré-vous, ou le principal obstacle à la citoyenneté

par emmanuel muller
mardi 13 août 2013

Luttez citoyens, luttez, ça brasse toujours de l'air, moi je vous prouve ici que vous êtes tous aveugles.

Pour vos idées, pour vos partis, pour le bien toujours, c'est l'autre qui se trompe, venez plutôt voir par là si vous en êtes capables.

Je vais vous prouver que vous avez une capacité extraordinaire à regarder ailleurs quant ça devient désagréable.

Vous ne me croyez pas ? Alors osez lire la suite. Oui, c'est un défi.

Et Sarkosy là dedans ? Rayez le du titre, c'était juste un hameçon, un truc sans intérêt mais qui mobilise pour pointer vers un truc vraiment important mais qui ne mobilise pas, la preuve est dans l'article.

Pour ceux qui sont encore là vous lisez maintenant : Malgré-vous, ou le principal obstacle à la citoyenneté.

Donc au risque de vous décevoir, c'est apolitique ce dont je vais parler, c'est juste un truc qui concerne la vie fondamentale de la cité dans ce qu'elle a de plus précieux, sa vie, son avenir, ses enfants.

Je vous soutiens ici que vous, aussi humain que vous soyez, et justement par ce que vous êtes humain, vous êtes apte, naturellement apte, à refuser de voir souffrir un enfant sous vos yeux par la simple opération de la raison ... et sans pour autant arrêter quoi que ce soit, juste en arrêtant d'être touché.

Moi aussi d'ailleurs, c'est une tournure destinée à vous faire vous dire à ce moment de la lecture : "n'importe quoi, je suis pas comme ça", ou "moi pas, j'adore les enfants" , ou "j'en ai 4, je suis hyper à leur écoute" ou encore "je pouponne toute les vacance, t'es mal tombé", bref, que vous non.

Si c'est le cas, c'est que vous êtes normal, parfait, alors continuez à lire.

Voiçi le sujet : on n'est même pas au courant qu'on a laissé souffrir tous les enfants du monde dans les parcours de soin.
Chacun de vous est peut-être l'un d'eux, chacun de ceux qui sont aujourd'hui en âge de me lire peuvent être de ceux là, plus ou moins, souvent moins, mais parfois jusqu'à l'inconcevable.
Avouez quant même qu'on peut considérer le sujet comme majeur, non ?

Pour ceux qui croiraient à de la sensiblerie, voici un extrait choisit de ce qui s'est réellement passé, âmes sensibles sautez ce passage il est véritablement insoutenable (il y a plusieurs sources croisées pour confirmer ce qui est exposé ci-dessous et que pour ma part j'ai juste recopié d'ici)  :

« En 1967, racontent deux cadres infirmiers, on connaît mieux la “maladie des membranes hyalines”, maladie spécifique du prématuré qui entraîne une grande détresse respiratoire. [...] On va même l’aider à se guérir : il respire à peine et son thorax se creuse, on a parfois l’impression que son sternum va toucher sa colonne vertébrale ; pour éviter cet “entonnoir” thoracique, on va “suspendre” le thorax au “plafond” de la couveuse par un fil qui traverse la peau, passe sous le sternum et ressort à 1 cm en face. Et l’on tire vers le haut, cela pendant trois ou quatre jours. Ni pour l’opération ni pour les quelques jours de “traitement” l’enfant ne reçoit quelque antalgique que ce soit. Cette pratique va durer jusqu’en 1969, date de l’ouverture de la réanimation. [...] Et le bébé ? Officiellement il n’a toujours pas mal. [...] Il ne faut pas qu’il bouge. Il est donc “ficelé”, les membres en croix, la tête immobilisée entre deux sacs de sable, le regard toujours fixé au plafond. Enfin, on ne le touche que pour les soins, rigueur de l’asepsie oblige ! »

1967, votre date de naissance peut être, et de 1950 a 1990 c'était comme ça pour tout, les opérations les plus lourdes, à cœur ouvert, se faisaient avec le même refus de l'idée que le bébé puisse souffrir, avec du curare pour immobiliser, et du gaz hilarant (un truc faiblement anesthésique et analgésique) pour tout le reste.

Aujourd'hui c'est plus pareil, mais comme c'est tout récent et que les équipes soignantes ont eu du mal à l'accepter (et c'est logique, avoir fait tellement souffrir tant de bébés c'est tout bonnement inacceptable) il reste ça et là des soignant dans le déni et des équipes de maltraitance professionnelle.

 

Alors ça c'est le cas extrême, mais des actes chirurgicaux sur des bébés ils y en a eu probablement des centaines par an et par hôpital, vous imaginez le nombre de personnes que ça peut faire.

Et encore si on ajoute le fait que ça s'étend plus ou moins à tous les âges je peux affirmer sans risque de me tromper que vous connaissez forcément au moins une personne concernée.

Le cortisol, une molécule de stress sécrétée en cas de douleur, a été detecté et mis en rapport avec une douleur in-utéro. Une situation répétée ou intense d'exposition crée un état de stress post traumatique. Le truc de ceux qui reviennent de la guerre.

A votre avis, combien de vos contemporain sont dans cette situation après un passage par les systèmes hospitaliers ? Si j'en crois deux réponses a mon premier article une proportion conséquente.

 

Faisons une petite pause, sortons du sujet deux secondes pour le replacer en contexte.

J'affirme un peu sans preuve ici, sur un exemple, mais ça fait plus d'un mois que je bosse à réunir tout ce qu'il faut pour faire l'article douleur chez l'enfant sur wikipédia, et que je me prends des claques à chaque porte que j'ouvre, à chaque sujet que j'explore, à chaque texte que je lis. Suivez juste les liens ou faites vos recherches par vous même si vous doutez de mes affirmations, je ne demande pas mieux.

Et à mi parcours, à chaud, comme ça, vous en pensez quoi de mon sujet qui fera moins de buzz que la prochaine hausse des impôts ?
Et de mon accroche sur la possibilité de se croire citoyen quant on refuse de traiter des sujets pareils ?
Par ce que si on refusait pas, depuis 1987 qu'il a explosé, vous croyez pas qu'on en aurait entendu un peu parler ?
Et vous vous en avez déjà entendu parler ?
Pourquoi ?

 

Reprenons, sur votre rôle que j'ai pointé en intro. Oui par ce que jusque là c'est facile c'est le méchant médecin, et on pourait se dire il faut en plus éviter d'en parler pour pas faire fuir l’hôpital, sauf qu'en fait, toutes les études le confirment, cette capacité formidable à détourner le regard elle ne dépend pas du milieu, les parents ont rigoureusement la même que les soignants, enfin chacun de nous est fait de cette même matrice qui autorise à ne plus voir passé un stade d’insupportable.
Et la sensibilité n'est probablement pas en cause, les plus sensibles étant probablement les premier à déconnecter, à ne plus voir.

Heureusement, on a tous cette même capacité aussi à devenir voyant et comprenant dans ce domaine, car face à ça seuls deux groupes d’attitude existent : ceux qui nient, et ceux qui ont été sensibilisés. Pas les sensibles, les sensibilisés, qui ont été rendu sensibles, autrement dit aptes à voir.
C'est dans un autre article, oui j'en ai déjà écrit, mais il n'y avait pas Sarkosy dans le titre ... ;)

 

Pour ceux qui serait encore là, bravo, par ce que c'est le troisième article que j'écris sur ce même sujet selon des angles différents, et sans allez jusqu’à dire que tout le monde s'en contre-fout ... voyez vous même :

Le premier article, dans la rubrique santé c'était : 1980 : Officiellement les bébés de souffraient pas !
Si si, c'est vrai.
Non, non, vous n'étiez pas au courant ...
Ho que si vous allez très vite vous débarrasser de ce savoir encombrant pour allez sur un vrai article pulsionnel en bien ou en mal mais alors pas là dessus, beurk !
14 votes, et 5 réponses : 4 déjà très au courant + 1 avec qui j'étais en conflit épistolaire sur agoravox.

Le deuxième article était dans la rubrique société : Mais non ça fait pas mal ... chronique d'une guerre autruchienne.
Une tentative de mise en situation du problème du déni.
9 vote, deux interventions, l'une pour parler d'une expérience, l'autre pour défendre l'hôpital ...

Ok, ok c'est complexe, tordu, mal fait, je suis un mauvais rédacteur qui en plus laisse des fautes, c'est vrai, mais quant j'ai écrit La France rend payant ces nationales c'était pas mieux, mais il y a eut 80 votes et 68 réponses après avoir été en en tête de première page ... alors vous lecteurs d'agoravox, globalement vous réagissez plus au portefeuille qu'à la maltraitance des enfants, enfin jusque-là, faites moi mentir, je demande que ça.

 

Alors celui là est un défi, une agression, une raillerie, un coup de coude, voire un coup de pied dans vos impulsions citoyennes. Je les respectent infiniment ces intentions, mais ici je les utilise pour les emmener là où vous n’iriez pas de vous même.

C'est retord, peut être malsain cette façon de faire, ce défi de lire, mais comme je trouve que ça l'est moins que le sujet je me l'autorise, et je vous laisse juge.
Je vous pose juste la question :

Peut-on se croire citoyen quant on est incapable de traiter le sujet de la douleur de sa propre progéniture ?

Je n'ai pas la réponse, mais j'ai toutes les preuves que non ce sujet n'est pas traité !

( Et j'invite a continuer le débat sur un forum encore vide que j'ai créé, qui prétend essayer d'en parler et qui se nomme malgré-vous )


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