Attention ! déflation droit devant !

par olivier cabanel
samedi 17 janvier 2009

Après l’inflation dans laquelle nous sommes installés, malgré les propos lénifiants de Madame Christine Lagarde, sommes nous menacés à présent par la déflation ?

Mais qu’est ce que la déflation ?
Il ne faut pas la confondre bien sur avec la désinflation, laquelle suit logiquement l’inflation, et qui exprime un retour « à la normale ».
Ce dont nous sommes bien loin.

La déflation est tout à fait autre chose.
« La déflation est un mouvement persistant à la baisse, au fil du temps, du prix moyen des biens et des services, c’est à dire du coût de la vie. »
C’est la définition donnée par Wikipédia.

Que l’on comprenne bien, il ne s’agit pas de la baisse du prix d’un bien, ou même des prix d’un secteur particulier d’activité, mais bien de la baisse de l’ensemble des prix.

La déflation est autrement plus dangereuse que l’inflation, car elle peut conduire à ce que les économistes appellent « la spirale déflationniste »

L’économie ralenti progressivement, et la demande de consommation est moins pressante, malgré la baisse régulière des prix.
L’un entraînant l’autre, la croissance est freinée d’autant.

Les périodes de déflations sont bien connues et l’on n’a pas oublié la grande dépression des années 30, période au cours de laquelle l’emploi baissa de 16% en trois ans, provoquant un recul des salaires de plus de 40%, avec les conséquences sociales faciles à imaginer.
 
Nous étions alors en pleine spirale déflationiste.
Pour faire court, la baisse des prix mène à une réduction générale de la production, provoquant une baisse des salaires, un recul de la consommation, et donc de la demande, accroissant ainsi la baisse des prix…et ainsi de suite…
 
Or, pour les économistes, nous venons de rentrer dans une période de déflation.
La seule manière d’enrayer cette spirale serait de baisser les taux d’intérêt et en augmentant la masse monétaire.
 
Malgré tout, il est possible que cela n’arrête pas la spirale dans sa folle course en avant.
Ce que nous constatons aujourd’hui c’est l’apparition d’une situation de dépression économique, une chute des prix à la consommation, une accélération de la chute des prix dans l’immobilier d’environ 20% suivant les régions, une poursuite de la tendance à la baisse du prix des matières premières.
 
En un mot comme en cent, pour la plupart des économistes, le pire est devant nous.
Aucun des problèmes à l’origine de la crise n’a été réglé.
La « bulle de crédit » a continué de grossir en Europe a un rythme de plus de 10% par an, touchant après la consommation des ménages, celle des entreprises et les différentes institutions financières.
 
Devant cette situation, on peut s’interroger sur le peu d’intêret que soulève chez nos gouvernants les nouvelles tendances développées par les « objecteurs de croissance », dont Paul Aries est l’un des porte-parole (la décroissance, un nouveau projet politique/ éditions Golias).
 
Cette autre façon de construire un avenir durable pour les générations à venir rencontre pourtant les suffrages de nombreux courants de pensée, dont celui des alter mondialistes et de bien d’autres.
 
Au moment ou la Droite et la Gauche partagent le même catastrophique bilan économique et écologique, plongés qu’ils étaient les uns et les autres dans un productivisme sans espoir, il serait temps que les Chefs d’état se décident à changer leur façon d’imaginer un autre avenir.
 
Mais comme disait un vieil ami africain :
« La pintade que tu essayes de capturer a sa case sous mes aisselles".
 

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