Augmentation des tarifs : les nouveaux mensonges d’EDF

par Volontaires
lundi 17 août 2009

La dernière augmentation des tarifs d’EDF est tout simplement contraire aux engagements du contrat de service public d’EDF qui prévoient que les tarifs n’augmentent pas plus que l’inflation. En outre, la hausse des tarifs devrait être plus élevée sur les petits clients au bénéfice symétrique des plus gros clients.

Comme d’habitude, notre électricien national et son actionnaire étatique profitent de la torpeur estivale pour nous concocter une hausse tarifaire.

La hausse qui nous est annoncée serait « modérée », 1,9%, et représenterait « pour un habitation de 100m2 […] entre 0,5 et 1,5 € TTC par mois en moyenne ». Mais derrière cette « moyenne », se cachent de fortes disparités. Ainsi, le plus petit abonnement (dit « 3 kVA » ou « petites fournitures ») augmente de 170% ! Certes, en contrepartie, les prix du kWh vont baisser mais ceci ne compensera pas cela, pour la plupart de ces petits clients. Symétriquement, certains gros clients (au chauffage électrique notamment) verront leurs prix baisser.

Mais il y a plus fort : les tarifs qui incitent les clients à s’effacer au moment de la pointe (tarifs dits EJP ou Tempo, d’apparition plus récente) sont rendus nettement moins attractifs : leurs prix vont augmenter en moyenne de 5% d’après la CRE. Au moment où EDF investit dans la construction dans les moyens de pointe et où –certes en partie à tort-, la société Voltalis met en cause EDF sur cette même question, il est surprenant qu’EDF décide de « tuer » les tarifs qui incitent les clients à s’effacer pendant la pointe.

Bien sûr EDF nous dira que tout cela est du aux évolutions du TURPE, je renvoie à un de mes billets précédents sur ce sujet.

Mais le plus scandaleux est que cette hausse est tout simplement contraire au contrat de service public signé en octobre 2005 entre EDF et l’Etat et dont M. Gadonneix se gargarisait encore naguère : les tarifs d’EDF ne devaient pas augmenter plus que l’inflation. Or une augmentation « modérée » de 1,9% est quand même supérieure de 2,6% à l’inflation (les prix ont baissé de 0,7% depuis juillet 2008).

La vérité est qu’EDF va mal, et que M. Gadonneix a fait des investissements hasardeux et coûteux à l’étranger (British Energy, Constellation). Des milliards d’euros ont été ainsi volatilisés, il faut donc maintenant ponctionner les clients français pour payer les achats à l’étranger (qui ont, entre autres, été bénéfiques aux contribuables britanniques).

On peut comprendre que M. Gadoneix, dont la rémunération a augmenté de 122% en 3 ans, puisse trouver « modérée » une augmentation de 1,9% des tarifs de l’électricité (d’autant qu’il bénéficie pour ce qui le concerne du tarif « Agent »). On ne peut accepter que le gouvernement décide de ne pas appliquer le contrat de service public qu’il a signé en grande pompes et qu’il accepte une hausse qui lui est directement contraire.


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