Aux sources de l’inflation

par Michel Santi
samedi 26 septembre 2009

L’impact de la hausse sans précédent des prix du pétrole sur la croissance économique mondiale ces dernières années a souvent été sous estimé, une progression supplémentaire de ces tarifs aujourd’hui serait à l’évidence génératrice d’inflation.

Le terreau n’est certes pas favorable à l’inflation actuellement tant il est vrai que commerçants, industries et services ne peuvent monter leurs prix dans une telle conjoncture économique encore anémique. Néanmoins, certains foyers d’inflation - localisés dans un premier temps mais susceptibles d’échapper à tout contrôle - ont tendance à s’allumer quasi spontanément dès lors qu’une économie souffre de déséquilibres structurels. Le scénario classique d’une inflation ne touchant traditionnellement pas une économie faible peut en effet être démenti dans un cadre plus général d’une économie inondée de liquidités excessives qui iront tout naturellement se loger dans des niches instables.

A l’instar d’un volcan dormant, cette niche ou ces niches subitement arrosées de liquidités seraient ainsi revitalisées et atteintes par un vertige inflationniste qui contaminerait alors l’ensemble des secteurs économiques. De plus, la seule anticipation d’une augmentation des prix dans un domaine ou dans une matière économiques importants suffirait à rallumer le foyer d’une inflation qui se répandrait alors sur l’ensemble du spectre.

La rétablissement spectaculaire des prix pétroliers ayant doublé ces derniers mois n’est donc pas nécessairement un signal fort de la reprise économique mondiale et ce d’autant que la demande mondiale de pétrole a décliné sur cette même période. L’excès phénoménal de liquidités au niveau global est la raison principale de la récente ascension des tarifs énergétiques et ce dans un contexte de marchés financiers aisément accessibles à tout investisseur et spéculateur qui réagit à toute menace inflationniste en faisant lui-même ses propres achats de pétrole à terme sur les marchés !

De plus, comme plus de 80% des réserves pétrolières sont aux mains d’Etats qui ne réagissent pas en produisant plus dès lors que les prix s’emballent et qui ne réduisent pas rapidement leur consommation en cas de flambée tarifaire, les prix pétroliers sont modérément corrélés à l’offre et à la demande. Ainsi, eu égard à sa sensibilité relative à la loi de l’offre et de la demande dans un environnement financier extrêmement développé et dans un univers où les Etats ne calquent pas leurs politiques de production, de consommation et de réserves en fonction des prix, le pétrole en devient dès lors une jauge d’inflation idéale qui absorbe les excès de liquidités d’investisseurs ayant trouvé un instrument fiable de mesure de l’inflation. 

Il est fort probable que ces prix pétroliers doublent encore à moyen terme, dopés par un environnement où les Banques Centrales ne sont pas prêtes à remonter leurs taux d’intérêts. En fait, la crainte (justifiée) des responsables économiques de casser les conditions d’une fragile reprise économique devrait favoriser directement une inflation qui progressera plus rapidement que les taux d’intérêts. 


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