Avis de mieux véritable, mais limité et purement conjoncturel

par Laurent Herblay
samedi 4 juin 2016

Il y a quelques semaines, quand François Hollande a osé dire que « cela va mieux  », il a surtout déclenché un violent rejet, beaucoup voyant sa coupure profonde avec le pays réel. Cependant, il faut bien reconnaître que bien des indicateurs vont dans le bon sens depuis deux mois.

 
Du PIB, du chômage, de l’automobile et de l’immobilier
 
La très forte baisse du chômage au mois de mars a démarré une série de statistiques qui indiquent assez clairement que la conjoncture économique s’améliore. Les chiffres du PIB du premier trimestre, estimé en hausse de 0,5% dans un premier temps, ont confirmé le scénario retenu par le gouvernement. Depuis, les statistiques vont toutes dans le même sens. Pour la première fois depuis plusieurs années, le nombre de chômeurs a baissé pour un second mois consécutif, semblant amorcer le début de retournement promis par le président de la République. Puis, cette semaine, l’INSEE a annoncé que la hausse du PIB au premier trimestre a atteint 0,6% au lieu de 0,5% précédemment annoncé. Les ventes de voitures ont progressé de plus de 20% en mai et l’immobilier est au mieux depuis 5 ans.
 
Il serait donc un peu léger de refuser de voir ce léger mieux économique. Mais ce n’est pas parce que l’on accepte de regarder la réalité en face et de voir que les indicateurs s’améliorent, qu’il faut regarder cela avec complaisance. Car cette amélioration ne doit absolument rien aux politiques menées par le gouvernement. Elle est purement conjoncturelle et doit à la baisse conjuguée de l’euro, du prix des matières premières et des taux d’intérêt, qui ont pu, en plus, réduire l’austérité, limitant l’effet dépressif des politiques inspirées par l’Union Européenne. Et quand on y ajoute le rebond mécanique après une dépression, on comprend que les facteurs de soutien à l’activité sont très forts, relativisant le bien modeste rebond des derniers mois, même si on peut penser que les courants resteront porteurs.
 
Ce n’est pas en refusant de voir ce léger mieux que l’on fera progresser nos idées. C’est en reconnaissant la réalité, mais en étant les meilleurs décrypteurs des limites de cette réalité, à savoir que cette reprise, outre le fait d’être inégale et limitée, n’est que conjoncturelle et donc temporaire.
 

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