Bilan de la crise, du socialisme et du sarkozisme

par Wng
jeudi 5 avril 2012

J'écris cet article à quelques jour des élections présidentielles pour m'expliquer plus en profondeur sur plusieurs des points de mon article précédent, article qui précisait ce qu'il fallait faire pour redresser la France, qui n'avait pas été bien compris et qui n'a malheureusement pas eu de suite. Le but est d'abord didactique, pour pallier à certains déficits en termes de connaissance des réalités économiques, mais aussi qu'il puisse y avoir, suite à ce texte, une discussion constructive, avec des objections raisonnables et argumentées. Pour ce faire j'ai listé plusieurs points d'économie particulièrement sensibles dans le contexte actuel, pour en donner une explication pédagogique selon une vision du droit initiée par les philosophes scolastiques espagnols, les grands penseurs libéraux des Lumières, la tradition libérale française et la tradition de l'école autrichienne. La plupart sont des thèmes d'actualité et visent à tirer un bilan de ce qui s'est passé, principalement de ces 5 dernières années (mais aussi bien avant ...), pour en déduire les conséquences dans les décisions qui vont être prises, éclairer en temps réel mes lecteurs sur ce qui est en train de se passer ... et surtout afin d'éviter de reproduire à l'avenir les erreurs grossières qui ont pu être commises, mais cela restera à mon avis un voeu pieux.

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Marx

Penser l'économie aujourd'hui de façon correcte, implique en premier lieu de se défaire des idées fausses qui continuent à inspirer nos pensées et nos actes malgré la chute de l'URSS voici 21 ans. Il n'existe pas une économie marxiste et une économie libérale, ni même un compromis mixte entre les deux. Il y a simplement une façon correcte de concevoir la science économique d'un côté, des visions erronées du réel, des fragments de dogmes et du charlatanisme de l'autre. Il ne peut pas au plan théorique y avoir de juste milieu cohérent et compréhensif entre le marxsme et le libéralisme. Prétendre que les entreprises publiques sont plus morales que les entreprises privées, ou que l'état est omniscient et est un meilleur garant de l'intérêt général que le maintien vigilant du Droit et de la liberté, ou encore que le secteur privé tend à exploiter les gens, tout en tolérant des espaces pour la liberté économique dans un but utilitariste, ce n'est pas être un libéral modéré pragmatique ou réaliste, mais c'est fondamentalement raisonner comme un marxiste et cela empêche de comprendre le monde de façon pertinente. Dans les pays modernes, en dehors de la France, il y a consensus sur l'échiquier politique entre le centre droit et le centre gauche sur la moralité et l'efficacité d'une économie fondée sur le droit de la propriété privée, ensuite seulement un social-démocrate moderne infléchira plus ou moins fortement cette vision en y ajoutant des éléments de redistribution, mais sans faire campagne sur la lutte des classes et récupérer la vieille conception marxiste du tissu social pour autant. En réalité, les gouvernements dits de gauche à avoir accompli des réformes libérales indispensables sont nombreux dans le monde.

Le libéralisme n'est de plus pas avant tout une doctrine économique, mais une philosophie du droit qui se veut normative, fournissant les axiomes vrais découlant de la nature de l'être humain vivant en société (liberté, responsabilité et propriété). Ces droits : résistance à l'oppression, liberté de parole, de circuler, d'entreprendre, de contracter, sont découverts et approfondis dans leurs conséquences au cours de l'histoire par la raison humaine. Ils peuvent être résumés aux commandements bibliques régissant la vie en société demandant de ne pas tuer, de ne pas voler, et de ne pas porter de regard envieux sur la propriété d'autrui. Ceux-ci s'appliquant tout autant aux individus privés qu'aux hommes de l'état. La transcendance du Droit, qui peut posée comme principe dans une constitution intangible, est la meilleure garantie contre l'arbitraire des tyrans tout comme des lois scélérates venant d'une majorité opprimant une minorité. Sur l'édifice jamais achevé du droit naturel, viennent se greffer les lois décrites par les économistes qui sont vues comme les conséquences déduites des actions individuelles d'hommes plus ou moins libres et responsables de leurs actes, et qui expliquent ce qui se passe dans tel ou tel cas, et peut aussi se greffer un droit positif venant du législateur, celui-ci ne devant pas tendre vers l'arbitraire mais relève de l'application concrète du droit dans tel ou tel cas particulier.

Le marxisme s'est lui révélé faux et criminel dans ses applications pratiques, mais avant même cela au plan de la philosophie morale et de la philosophie du droit, car il viole les droits naturels de l'être humain, en réduisant celui-ci à un statu de fourmi et d'esclave. Le socialisme est donc intrinsèquement agresseur. L'état de droit libéral, théorisé par les philosophes des lumières comme Locke et Montesquieu, pose lui les droits naturels attachés à tout homme comme présupposés à l'existence même de toute association politique (ou état), et leur respect comme préalable à l'existence même d'un état qui prétend mériter le respect. Le libéralisme classique (non anarchiste), qu'on dirait teinté de conservatisme, admet donc l'existence d'un état régalien, état minimal ou état de droit lockéen, sorte de prestataire de services de sécurité et de justice dont le but est de fournir un cadre de vie permettant l'épanouissement de ce que John Locke appelle le règne du Droit. C'est ce que disent les articles de la DDHC sur la résistance à l'oppression et les associations politiques. Le communisme, le socialisme à la française ou l'étatisme à la française, posent l'état ou la démocratie comme un absolu supérieur aux individus ou à des catégories définies comme ennemis de classe. Cette inversion rend possible leur broyage à l'occasion par le bon plaisir des hommes de l'état ou de la majorité, au nom du bien commun.

Keynes

De Keynes on retient plusieurs graves erreurs économiques qui l'avaient évincé des politiques conjoncturelles dans les années 1980 mais qui malheureusement ont fait leur grand retour et causent le malheur de nombreux peuples aujourd'hui. D'abord, l'idée qu'un état a les moyens de stimuler la demande globale, ce qui est faux. La demande n'est pas une variable exogène manipulable ; car on ne demande que ce qui est produit. La demande est toujours potentiellement infinie, mais elle se heurte au problème de la rareté. Les entrepreneurs n'ont pas intérêt à répondre à une demande infinie, ou même tout simplement à une demande qui ne serait pas rentable pour eux, en réalité, ils n'y sont tout simplement pas incités. Il n'y a donc jamais de problème de demande globale, mais seulement des problèmes d'incitations à produire, et les restaurer passe toujours par la baisse des prélèvement obligatoires et des réglementations étouffantes.

Une deuxième manière de s'en convaincre, c'est de considérer de façon pratique comment un état s'y prend pour augmenter la demande. Il se met à dépenser plus, et il ne peut pas le faire de 50 façons différentes. Soit il augmente les impôts et il prend d'une main ce qu'il donne de l'autre, augmente la dépense publique au détriment de la dépense et de l'investissement privé ; soit il fait du déficit et assèche le marché de l'épargne et du crédit et donc pénalise l'investissement privé, en reportant de plus des impôts à plus tard, soit il créée de la monnaie, et donc déprécie ce que les gens possèdent dans leur poche par l'inflation, car ces gens pourront eux même moins dépenser et investir. Bref le keynésianisme n'est pas un problème économique mais un pur problème d'arithmétique mal posé, dont le résultat pratique est toujours une collectivisation plus poussée de la société et une emprise plus grande de l'état, vu qu'on substitue à une dépense privée une dépense publique, sans que le montant total de la dépense soit accru. A long terme, comme il y a un affaiblissement des incitations productives par plus de dépenses et plus d'impôts, c'est un jeu à somme négative qui conduit d'une crise ponctuelle à une crise chronique. De plus, lorsqu'on substitue de façon discrétionnaire un type de dépense à un autre, de privé à public, il y a modification des structures productives (les dépenses ne correspondent plus à celles qu'auraient choisi les individus, induisant des prix faussés et donc une distorsion) qui pave la voie à une nouvelle crise.

De Keynes il y a aussi l'idée que l'épargne est stérile et qu'il faut la diminuer pour relancer l'économie, idée funeste reprise par les politiques conjoncturelles qui visent à diminuer l'épargne pour la consommation. Or si la consommation correspond à une destruction définitive des richesses, l'épargne n'est pas stérile. L'épargne est fondamentalement une réallocation des ressources du consommateur vers l'investisseur. Un individu seul sur une île peut choisir de vivre au jour le jour, en consommant tout ce qu'il ramasse, ou de se priver en faisant des réserves et travaillant plus. Ces réserves lui permettront de dégager du temps pour investir avec un certain risque dans des outils d'agriculture, de chasse et de pêche lui permettant d'augmenter sa productivité et son bien être. Dans une économie complexe comme la notre, cette réallocation des ressources est permise par la monnaie et le jeu du marché. Le prix de l'épargne est donnée par le taux d'intérêt, celui-ci permet de déterminer quels projets pourront être financés et quels projets ne seront pas rentables, aboutissant de façon harmonieuse à de nouvelles accumulations de capital sans que les droits de quiconque ne soient violés. Trafiquer le taux d'intérêt par des décisions discrétionnaires (ce qu'on appelle par euphémisme la politique monétaire) est une destruction massive de l'information et est donc potentiellement très grave.

Si Keynes a autant de succès aujourd'hui, ce n'est pas parce que c'est un grand économiste qui a dit la vérité, mais parce qu'il est très utile aux professionnels de la politique, c'est à dire la caste exploiteuse, pour trouver des prétextes à intervenir toujours plus, donc à se sentir toujours plus indispensables et à accroitre toujours plus leur pouvoir.



L'inflation

Comme il a été dit dans l'explication de la crise, l'inflation monétaire est une des causes essentielles de l'existence des cycles économiques qui ne peuvent pas avoir lieu dans une situation où la monnaie est saine. La création de crédits à partir de rien par les banques centrales conduit à l'abaissement des taux d'intérêts, qui peuvent donc devenir négatifs en termes réels, à des mauvais investissements et donc la création de bulles financières, et à de nouveaux cycles économiques et de nouvelles crises, ou une chronicité de la crise par destruction durable de l'information économique. Dans la situation présente, les banques privées pêtent peu et la masse monétaire totale ne croît pas, mais la monnaie de base créée par les banques centrales a d'ores et déjà explosé (environ multiplié par 3), que ce soit aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou en zone euro. Le rapport masse monétaire centrale/monnaie banque centrale n'a donc jamais été aussi bas. Les banques centrales vont continuer à imprimer du papier parce qu'elles ne peuvent pas faire autrement que de faire ce que les hommes politiques qui ont nommé leurs dirigeants attendent d'elles, à un moment où elles ont déjà commencé à racheter de la dette publique en masse et à voler au secours des banques, et cela ne peut que s'accélérer. Le jour où le rapport masse monétaire totale/monnaie banque centrale va tendre à revenir à la normale, c'est à dire quand les banques se remettront à prêter, l'inflation ressentie va exploser, à commencer dans les biens de production. La conséquence de cela sera une destruction du capital, un écroulement des monnaies papier et une forte récession, des retraités et des épargnants ruinés, analogue à ce qui se passerait en cas de défaut de paiement officiel.

On voit au passage, que contrairement à ce que prétendent les démagogues socialistes, une banque publique d'investissements n'est en aucun cas une réponse au manque de crédits distribués par les banques. Le jour où les banques redistribueront des crédits alors que l'épargne disponible reste la même, la seule conséquence possible prévisible en bonne économie est l'augmentation des prix des biens de capitaux puis des biens de consommation, grevant la rentabilité fantasmée de tels investissements. Le problème, on le constate encore, est que ce n'est pas rentable actuellement ni pour les entreprises d'emprunter ni pour les banques de créer des crédits dans les conditions actuelles, à cause de la rareté du capital tenant au manque d'épargne responsable qui tient à son tour à des motifs essentiellement fiscaux.

La proposition de l'inflation relève en fait d'une forme de populisme de gauche, c'est à dire un populisme inversé particulièrement détestable. Elle consiste de la part de parasites sociaux-institutionnels (Mélenchon, Dupont Aignan, Marine Le Pen, mais aussi Sarkozy et Hollande) à faire croire au peuple que si tout va mal pour eux, c'est parce que l'état ne les vole pas encore assez.

La liberté des échanges



C'est la liberté des échanges qui est la vraie marque de la création de valeur dans la conception de l'école autrichienne d'économie. Elle repose en effet sur un principe simple : si un échange n'est pas profitable aux deux parties et n'est pas désiré, il n'a pas lieu. L'échange libre augmente donc nécessairement les satisfactions subjectives, donc est créateur de richesses. Il n'existe pas d'autre moyen respectant la personnalité des êtres humains de s'assurer que tel ou tel moyen de produire est ou non créateur de richesse. Il s'ensuit de façon inverse que tout acte de contrainte ou toute réglementation qui frappe l'acte d'échange, comme le droit du travail ou le protectionnisme, est en puissance destructeur de valeur. De même tous les impôts détruisent de la valeur car ils frappent tous l'acte d'échange, notamment l'acte d'échange entre un offreur et un demandeur de travail.

Il y a des conséquences pratiques de ça : la division du travail, y compris à une échelle internationale. Tout pays a intérêt à ouvrir ses frontières afin de se procurer ce qu'elle utilise au meilleur coût, dégageant des possibilités de pouvoir d'achat, de consommation, d'épargne et d'investissement pour d'autres activités ; c'est comme ça que Taïwan est passé de la misère à la richesse. Cela est facilement démontrable par un petit raisonnement montrant que chacun a intérêt à se spécialiser dans le domaine où il est relativement plus doué. Une autre conséquence pratique, c'est que la finance est une sorte de cerveau indissociable de l'économie réelle et des décisions des individus responsables, et qu'elle est nécessairement créatrice de valeur.

La finance

La finance est en quête de la meilleure allocation possible du capital, le financier s'intéresse à la rentabilité de son investissement, là où une entreprise publique est incitée à faire du déficit pour maximiser ses dépenses. La finance n'est en rien responsable de la crise. Les financiers font simplement leur métier qui est de gérer l'épargne qui leur est confiée dans les buts les plus productifs possibles, toujours à l'affut des perles rares. La bourse n'est que le résultat de cette recherche : comme dans un marché, les gens se réussissent pour pouvoir réaliser leurs échanges plus rapidement et plus efficacement. Tout cela permet un meilleur contrôle de la qualité des dirigeants d'entreprise, permet aux épargnants des placements plus liquides et aux secteurs marchands perçus comme les plus prometteurs, de trouver facilement des financements. La finance est donc un jeu à somme positive. Ce n'est pas la faute des financiers si la dette des états n'est pas perçue comme un actif particulièrement productif. Les obligations souveraines, fondamentalement, ne sont rien d'autre que des promesses d'argent volé (l'état ne produit rien, il se contente de prélever l'impôt) vendues à des complices, qui y trouvent leur compte tant que ce placement leur parait sûr. Et cela n'a été le cas non parce que l'état est productif, puisqu'on a dit qu'il ne produisait rien, mais que parce que l'état, bénéficiaire du monopole de la contrainte légale, dispose d'une force exorbitante par rapport aux autres agents économiques, en pouvant lever des impôts, confisquer l'épargne de ses administrés et imprimer de la monnaie à partir de rien. Mais ce genre d'illusion et de viol de la morale ne peut durer qu'un temps, comme toutes les illusions.

Quand les complices des états pour acheter les promesses d'argent volé se font plus rares, évidemment, la conséquence logique du marché politique est la stratégie du bouc émissaire, c'est-à-dire qu'on se retourne contre les complices dociles et on se met à diaboliser la finance dans son ensemble, ce qu'a fait Sarkozy dans ses discours haineux à partir de 2008.

Politique industrielle ou marchés financiers

L'alternative au marché financier, c'est la planification par l'état, qui repose sur le principe qu'il faut diriger la production pour l'intérêt général et non pour le profit. Mais c'est une idée radicalement fausse, illustrée par l'échec du communisme ou des nationalisations. En effet, la planification implique l'utilisation d'une somme d'information qui dépasse toutes les facultés de n'importe quel cerveau humain, et de plus ce genre d'information (l'utilité subjective ressentie par les individus) n'est pas quantifiable comme on l'a montré dans le paragraphe sur la liberté des échanges. Un exemple est la fabrication d'une simple souris d'ordinateur (ou même d'un crayon de papier). Celle-ci implique la coopération et le travail de millions de personnes de compétences très diverses (ouvriers de spécialité diverses, techniciens, ingénieurs, publicitaires, capitalistes, manadgeurs, logisticiens, prestataires de service et d'infrastructures) quêtant leurs propres fins, qui ne se connaissent même pas et qui ont des motivations et des finalités de vie très diverses, et qu'aucun homme de l'état ou organisme planificateur ne peut prétendre connaitre à moins de vouloir les bafouer. Cette coopération et cette utilisation optimale de toute l'information désirable sera rendue possible par le système des prix, c'est à dire des prix des biens de production, du produit fini, des taux d'intérêt, des salaires et des profits. Le profit, par exemple, envoie une information fondamentale au capitaliste et lui dit ce qu'il faut faire s'il veut servir au mieux sa communauté : si vous voulez être utile aux autres, produisez pour le profit. Le système des prix reposant sur des droits de propriété légitimes permettra ainsi le respect des droits de chacun et la satisfaction des désirs, alors que la planification ne pourra que violer les droits individuels, sans arriver au résultat voulu en termes de production. C'est pour ça que les déclarations de Hollande sur la volonté de faire la guerre à la finance, ou de Sarkozy qui montre du doigt comme responsables les marchés (ce qui n'est qu'une abstraction collective), sont potentiellement totalitaires et à ce titre particulièrement inquiétantes et dangereuses.



La spéculation

Le spéculateur est en réalité chacun de nous. La caractéristique de l'être humain, en effet, c'est de se projeter dans l'avenir. La spéculation, c'est appliquer son intelligence à un objet, c'est tenter de prévoir ce qui va se passer, à ce titre, c'est une activité particulièrement morale et noble. Le spéculateur, si tant est qu'il soit possible de définir une telle catégorie, joue un rôle indispensable au fonctionnement des marchés, en contribuant à accélérer leur évolution. Les spéculateurs ont un rôle stabilisateur en jouant sur l'utilité relative des ressources. Un bon spéculateur va acheter à un moment où les cours sont bas et vendre à un moment où les cours sont hauts, un mauvais va faire l'inverse et se verra éliminé du marché. Dit autrement, il met à disposition de tous quelque chose qui aurait dû normalement être plus rare à un moment donné, comme quelqu'un qui fait des réserves pour les mauvais jours. Les spéculateurs sont très utiles, entre autres, sur le marché des matières premières, ou sur le marché des devises, où ils prennent en charge respectivement le risque de fluctuation et le risque de change, et permettent à d'autres acteurs économiques (comme les compagnies aériennes pour l'achat de kérosène plusieurs mois à l'avance dans le prix de leurs billets) de leur acheter de la sécurité à moyen et long terme.

Une autre manière de voir la spéculation, c'est que ce sont les charognards des marchés. Cela ne doit pas être compris dans un sens péjoratif. Les charognards font un boulot indispensable dans la nature en la nettoyant très rapidement. De même, les spéculateurs qui utilisent énormément d'information et qui savent bien prévoir les évolutions financières, accélèrent l'évolution naturelle des marchés financiers et par là mettent une information jusque là implicite à disposition de tous. Ils sont aussi en première ligne quand il s'agit de haïr les financiers et de désigner des boucs émissaires.

Une partie des gens spéculent de manière féconde sur les marchés, et d'autres spéculent en politique. Un homme politique qui parvient à se faire élire est quelqu'un qui a très bien anticipé ce que les gens attendaient, mais à la différence du spéculateur de marché, cette activité est la plupart du temps un immense gaspillage de capital humain, car c'est une activité perdue pour la production. Plus la politique joue un grand rôle, plus les spéculateurs politiques abondent en vertu de la loi de bitur-camember. Cette dernière affirme que plus la redistribution politique socialiste est importante, plus il faut consacrer de moyen à s'emparer du butin ou à éviter d'être volé. La réglementation tout comme la politique monétaire qui attaquent les principes de propriété et de responsabilité, diffusent en masse des informations faussées dans la finance. C'est là qu'il faut rechercher les causes de l'instabilité des marchés financiers. Les spéculateurs ne font que tenter de se prémunir contre les risques que font peser sur eux les hommes de l'état. Mais diaboliser les spéculateurs comme responsable de la crise, c'est ne rien comprendre du tout à la cause réelle.

Les paradis fiscaux

Ils ne sont pas la cause de nos malheurs. On a vu que la finance n'était pas un jeu à somme nulle mais correspond à de la création de richesses. La conséquence est que si des paradis fiscaux sont supprimés, en fin de compte, moins de richesse sera créée au total. En fait ils servent de boucs émissaires faciles aux politiciens et démagogues de tous bords. Ils sont aussi le prétexte rêvé pour la caste exploiteuse pour étendre encore plus l'emprise bureaucratique non plus à un échelon national, mais à un niveau mondial, via une inquisition fiscale planétaire, une taxe redistributive mondiale, bref en fin de compte un état policier mondial. De plus, le monde étant ce qu'il est, avec des états non seulement tentaculaires mais aussi totalitaires en de nombreux endroits du monde, le secret bancaire pratiqué par certains paradis fiscaux est en réalité souvent une nécessité pour la protection de la vie et des biens de nombreuses personnes.

Une autre voie, serait pour les états obèses et non compétitifs, de capitaliser sur les meilleures expériences pour s'en inspirer, de copier ce qui se fait là où il y a du dynamisme, de la confiance envers l'avenir et de la croissance, au lieu de les diaboliser au nom d'une morale de l'envie et de vouloir les interdire. Les gens vivant dans les enfers fiscaux (comme la France) n'en seraient que plus heureux.

Le bouclier fiscal et les impôts de la haine


C'est bien sûr un nom grotesque et une mesure étatiste qui semble née dans le cerveau d'un technocrate voulant redistribuer la richesse, envoyer des chèques dans le but de protéger quelques nantis. Il pave la voie à la notion de cadeau fiscal chère à une gauche sectaire. Mais surtout, la suppression du bouclier fiscal, c'est un signal catastrophique au plan moral et économique, la nullité idéologique sidérale de la droite française, et l'aveu même de la part de la caste exploiteuse que le semi-esclavagisme représenté par la règle des 50%, ce n'est pas encore assez. Une reculade d'un gouvernement de droite qui aime à se situer systématiquement après chaque élection sur le terrain de la gauche idéologique pour le plus grand malheur des Français. Pour des motifs complètement bidons, parce que ce serait inadapté en période de crise, alors précisément que la France est en crise chronique depuis 40 ans car complètement enlisée par des impôts démentiels ...

En réalité, le principe d'égalité en droit devrait conduire à supprimer tous les impôts de la haine, c'est à dire les impôts qui visent non pas à augmenter les recettes de l'état, mais à punir l'initiative, la richesse, l'entreprise, l'épargne et le travail : ISF, IS, droits de succession, impôt sur les plus values, impôt sur les bénéfices, et la progressivité de l'IR et des charges sociales. Tous ces impôts nous coûtent plus cher que ce qu'ils rapportent, et sont en fin de compte payés par la classe moyenne, quand on sait que la sécurité sociale à elle seule vole plus du tiers du salaire d'un smicard. Il n'y a pas de croissance économique sans capital, et pas d'accumulation de capital productif sans effort d'épargne préalable. Aujourd'hui, l'impôt sur le revenu punit le travail, et si un individu fait le choix d'épargner, cette épargne sera taxée une deuxième fois, puis une troisième, etc, puis rognée par l'inflation, aboutissant à des taux marginaux de prélèvement obligatoires en réalité proches de 100%. Or ceux qui ont tendance à épargner la plus grande partie de leur revenu, ce sont les riches. Il se trouve que surtaxer les riches comme le préconise Hollande ne marche pas et ne peut pas marcher, car un riche a plus que les autres les capacités de se défendre, de fuir ou d'attaquer. C'est à dire en pratique, le choix de faire disparaitre la matière fiscale en menant une vie dispendieuse, il a aussi parfaitement la possibilité de travailler moins, de pseudo-investir dans la politique (ploutocratie) au lieu d'investir dans la création de richesses, ou en dernier lieu, de s'expatrier vers des cieux fiscaux plus cléments. Si on ajoute à ça que l'épargne populaire est dirigée par l'état vers des emplois improductifs (logement social, livret de développement durable, livret A, assurance vie), ne cherchons pas plus loin les raisons du marasme économique en France.

Redistribution des profits

Le profit est une rémunération résiduelle et une information essentielle pour le capitaliste comme on l'a vu dans le paragraphe sur les marchés financiers. Cette rémunération représente ce qui reste quand tous les contrats ont été honorés : les intérêts dus aux prêteurs, les salaires, les prix dus aux fournisseurs. L'appropriation du profit par le capitaliste est profondément morale et juste, car elle présuppose que tous les engagements contractuels ont été honorés selon des modalités prévues à l'avance. Le capitaliste, lui, n'a pas de salaire fixe prévu à l'avance, mais a pour rôle de prendre le risque en charge et il est heureusement rémunéré pour cela par le profit. Supprimer le profit revient à remettre en question toute l'organisation et la division du travail préalable qui l'ont rendu possible. Le profit peut du reste être négatif, cela s'appelle une perte, car il est le reflet du fait que le capitaliste est responsable et qu'il peut être sanctionné s'il a pris de mauvaises décisions. Si les hommes de l'état, irresponsables par nature, peuvent décider de l'attribution des profits, toute incitation à produire est détruite. La décision de Sarkozy qui n'a rien compris, sur la prime de 1000 euros, est digne de Mitterrand ou de Marchais. L'idée qu'il n'est pas juste que le capitaliste perçoive la totalité du profit est complètement absurde et arbitraire. La seule façon pour que les salariés aient un meilleur pouvoir d'achat réside dans un travail associé à une plus grande quantité de capital et une meilleure division du travail engendrant une meilleure productivité. Cette mesure est donc totalement démagogique et viole de façon manifeste le droit de propriété. De plus le plus grave est la rétroactivité de cette loi, ce qui est contraire à toutes les règles d'un état de droit non arbitraire et qui illustre la totale insécurité juridique dans laquelle se trouvent les entrepreneurs en France.

Harmonisation européenne ?

La concurrence est un processus de découverte, c'est la seule façon de capitaliser sur les expériences les meilleures et donc de découvrir les meilleures façons de produire de la richesse. L'harmonisation semble lui ressembler mais va en fait directement contre le principe de la concurrence dans sa version autrichienne (liberté d'entrer sur un marché). Cette soi disant coopération internationale ou européenne, en fait coopération entre gangs de criminels exploiteurs, est en réalité un cartel d'état (concept diabolisé dans le cadre de l'entreprise capitaliste mais loué s'il s'agit d'états) qui a pout but d'exploiter de façon concertée de la façon la plus efficace possible. Les hommes de l'état mettent en avant cette harmonisation sous des prétextes fumeux (nécessité de se grouper pour peser face à la mondialisation), mais c'est en fait pour empêcher les conséquences inévitables de leurs actes d'advenir, en forçant les autres à s'aligner sur les plus mauvais, en diabolisant de façon haineuse le dopage fiscal (comme lorsque l'Irlande a mis en place un taux bas d'IS ou quand les pays de l'est ex-communistes ont mis en place l'impôt sur le revenu proportionnel), en mettant en avant la nécessité d'une lutte contre les paradis fiscaux ou d'une taxe sur les transactions financières dont le but inavoué est de parvenir à la mise en place d'un système de contrôle fiscal à l'échelle mondiale. L'état mondial est en effet l'étape indispensable dans l'avènement du socialisme qui est un objectif impossible à atteindre dans le cadre de l'état national, du fait précisément de la concurrence. Or la concurrence entre les états est précisément un moyen de contrôle externe des prétentions des états à bafouer les droits individuels, en complément de la démocratie, et c'est un processus fécond dans le sens où chacun doit petit à petit tendre vers le meilleur. Dans le cas de l'harmonisation, on aligne tout le monde sur les plus médiocres, les plus nuisibles (forts politiquement) et les plus irresponsables.

Les mécanismes d'aide aux pays en difficulté, via la solidarité européenne ou le FMI, avec des aides conditionnelles, ont le même effet, en récompensant la gestion la plus mauvaise, et en offrant un défouloir aux populations qui se croient déchargées de leur propre responsabilité dans la résolution de la crise. Les sanctions du marché sans intervention ni aide politiques sont plus efficaces et morales.

Taxe Tobin


Comme on l'a dit, c'est un simple tremplin idéologique dans le but de parvenir à un état mondial. Elle consiste à punir les spéculateurs et les investisseurs pour mettre en place une politique redistributive à l'échelle mondiale, c'est à dire voler les faibles des pays riches pour récompenser les forts des pays pauvres (exploiteurs, mafias et politiciens), donc récompenser des politiques socialistes et criminelles, et ainsi maintenir de façon durable ces pays dans le sous développement. Tout cela sous des prétextes totalement fumeux, comme réduire la volatilité des échanges, motif invoqué par son concepteur initial James Tobin, économiste néo-keynésien anglais (qui s'est désolidarisé par la suite des utilisations de son idée par les mouvements de gauche radicale altermondialiste) ; mais en réalité tout ce qu'une telle taxe peut faire, c'est diminuer le volume des échanges en chassant les acteurs économiques de la zone concernée, en aucun cas assurer davantage de stabilité par un quelconque mécanisme non explicité et qui reste bien mystérieux (l'obscurité légendaire des étatistes keynésiens). Sarkozy le soi disant ultralibéral qui n'a en fait rien compris, s'est fait le chantre de cette proposition d'Attac à l'échelle européenne et mondiale de façon très arrogante.

Pseudo concept de rigueur

La notion de rigueur, qui fourre dans le même sac l'augmentation des impôts et la baisse des dépenses, n'a aucun sens en économie. En réalité, la baisse des dépenses et l'augmentation des impôts, c'est comme le jour et la nuit. Les impôts élevés sont précisément la raison pour laquelle notre pays se trouve avec une croissance faible et décline depuis 40 ans, surtout depuis Mitterrand avec le secteur marchand qui est en croissance de 0,8% en moyenne, alors que le poids du secteur public a été multiplié par 4. De plus on est arrivé à un stade où monter les impôts aura un effet exactement inverse à celui recherché, surtout avec les préconisations de Hollande d'augmenter les impôts de la haine et la progressivité. Inversement, baisser les dépenses de l'état de seulement 5% permettrait de se sortir directement du problème budgétaire. Baisser les dépenses, qui sont à 56% du PIB, ce n'est pas baisser la dépense totale, c'est simplement baisser la dépense publique ce qui se fait toujours en augmentant d'une façon ou d'une autre la dépense privée (notamment en terme de crédits pour les entreprises si on retrouve des excédents budgétaires). A moyen terme, c'est un jeu à somme positive car on restaure par là des incitations à produire et à entreprendre.

De plus, baisser les dépenses est moral, alors qu'augmenter les impôts est immoral. Un état qui dépense 56% de ce qui est produit est un état dont 56% des décisions sont des décisions collectives qui sont substituées à des décisions individuelles. Ne pas pouvoir bénéficier de 56% du produit de son travail, cela s'appelle du semi-esclavagisme.

Non seulement les dépenses doivent être diminuées, mais si on veut retrouver de la croissance, il faut aussi supprimer les impôts de la haine comme on l'a expliqué plus haut. C'est à dire faire exactement l'inverse de ce que préconise Hollande dont tout le projet repose sur de nouvelles dépenses publiques et de nouvelles hausses des impôts progressifs.


En conclusion : il n'y a bien sûr rien à attendre des élections à venir. Certains d'entre nous pourront continuer à profiter du système un certains temps et ont intérêt à ce que ça dure le plus longtemps possible, d'autres pourront partir, la plupart d'entre nous devront subir ce qui arrive en essayant de tirer leur épingle du jeu, par exemple grâce à des investissements judicieux sur eux même ou sur leurs biens. En raison du niveau affligeant de la campagne et des idées dans l'air dans notre pays, il est tout à fait probable que dans un avenir proche nous en serons réduits en France à manger la vaisselle comme en Grèce. La plupart des pays occidentaux sont aussi dans une situation très délicate, y compris les Etats-Unis d'Obama, sur lesquels nous sommes très mal informés en France et qui mériteraient de faire l'objet d'un autre article. Mais c'est une évolution qui se fait contre la volonté d'une majorité relative de la population, car ceux-ci ont bien davantage d'anticorps que nous, 40% des américains se revendiquant du conservatisme, c'est à dire en gros ce qui correspond chez nous au libéralisme classique. Chez nous, les gens sont largement complices du déclin et de l'esclavagisme qui s'installe, ce qui est le signe d'un climat intellectuel d'ignorance, de conformisme, d'envie et de haine de la réussite qui me semble très préoccupant. Enfin je soulignerai que la morale et les valeurs ont ici de l'importance. Une société où une frange importante de la population reste attachée aux valeurs conservatrices, telles que celles héritées du judéo-christianisme (comme l'est la société israélienne ou la société américaine), et où les gens sont attachés à la recherche de la vérité, aura beaucoup plus de facilité à s'en sortir et à se réinventer qu'une société où la morale se perd, où on se met à penser sur un mode tribal et où les gens ont besoin d'une démonstration économique pour se persuader que le vol est un mal.


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