Cul sur internet : champion toutes catégorie

par Michel Koutouzis
lundi 28 juin 2010

Prenez Amazon, Google, Microsoft, eBay, Yahoo, Apple et Netflix. Faites la somme de leur chiffre d’affaires. Ajoutez quelques milliards et vous aurez les bénéfices de l’industrie du sexe sur Internet : un peu plus de 100 milliards de dollars selon la Top Ten Reviews. 

Il existe aujourd’hui 370 millions de pages à caractère pornographique et toutes les secondes 3000 dollars y sont dépensés. Toutes les 39 minutes, en moyenne, un nouveau film porno apparaît « consommé » par près de 30.000 clients, et le mot sexe (sex) représente 25% de la recherche globale sur Internet.

Les choses étant ce qu’elles sont, et l’activité porno polluant et retardant toutes les autres recherches, l’ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers), qui octroie les adresses IP et contrôle les noms de domaine pour le compte de Washington a fini par accepter, après des années de négociations secrètes avec les sites intéressés, la création d’une nouvelle tranche de domaine : « .xxx ». Avant même la décision, qui paraissait improbable à cause des réactions (qui n’ont pas tardé à venir) il y avait eu plus de 100 000 inscriptions pour un nom de domaine qui n’existe toujours pas : Il ne deviendra opérationnel que d’ici 2011.

La réaction aux Etats-Unis d’organisations religieuses était attendue, tout comme celles qui s’inquiètent de la « légalisation d’une industrie qui se spécialise dans des pratiques de blanchiment et d’insertion d’argent sale ». Mais plus paradoxale (?) semble être celle de vastes secteurs de l’industrie du porno elle-même. Ils estiment qu’une fois identifiés par leur domaine « xxx » un seul « clik » suffira pour qu’ils deviennent « objet d’une censure ». C’est pour cela qu’ils exigent que leur identification par ce nom de domaine ne soit pas obligatoire. 

Le « marché » lui, ne se trompe pas : il estime que d’ici quelques années, le « .xxx » dépassera le « .com », qui est le plus utilisé mondialement. « Il » considère que les bénéfices de l’industrie du sexe on line connaitront un nouveau rebond : investisseurs, courrez…

Si les investissements à caractère « éthique », « écologique », et autres « investissements socialement responsables » ont eu la côte pendant les années 1990 et 2000, tout comme ceux de la finance islamique, les « Vice funds », ont désormais le vent en poupe. Des groupes comme Opale Net, Private Media Group se frottent les mains, tout comme la première banque d’affaires U.S spécialisée dans l’industrie du sexe, la AdultVest. 

Rentabillweb, spécialiste de la rentabilité des audiences qui possède désormais le groupe Montorgeuil SAS qui a son tour contrôle Carpe Diem (30 millions de chiffre d’affaires par les activités « adultes » sur le net) vient d’ailleurs de compter parmi ses investisseurs Bernard Arnaud…


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