De 3 ŕ 7 jours de carence : une vérité inavouable

par Elric Menescire
samedi 4 août 2018

Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes.” - Bossuet

 

Une réforme aux motifs cachés

Voici la nouvelle trouvaille de l’Union européenne, via son affidé Macron, pour casser le Service Public de Sécurité Sociale, et dans le même temps diminuer les salaires des travailleurs Français.

En effet, des éléments de langage sont diffusés depuis quelques jours dans la presse : dès septembre, le gouvernement « présentera aux partenaires sociaux la réforme » qui devrait acter le passage de 3 à 7 jours de carence pour les arrêts maladie des salariés. Les jours de carence, c’est quand vous tombez malade, et vous faites établir par votre médecin un arrêt de travail. Ils sont au nombre de trois depuis la création du risque maladie qui est remboursé par l’Assurance Maladie, via les Caisses d’Assurance Maladie (CPAM), une des branches de la Sécurité Sociale. Au-delà d'un arrêt de travail de trois jours donc, c'est l'Assurance Maladie (appellée par abus de langage "la sécu") qui prend le relais et vous indemnise.

Cette réforme se propose donc tout simplement de passer cette carence de 3 à 7 jours, et de faire payer les 4 jours supplémentaires par les employeurs...

Ce rôle historique de l’Assurance Maladie serait donc remis en question, au motif qu’il y aurait « trop d’arrêts maladie de courte durée ». En effet, les chiffres indiquent une augmentation de +4.6% sur 6 mois. Et certaines entreprises exploseraient les compteurs par rapport à la moyenne. La faute à qui ou à quoi ? L’analyse du gouvernement est la suivante : s’il y a augmentation des arrêts maladie, c’est de la faute aux entreprises et à leurs méthodes de management. En adoptant cette mesure on ferait pression sur elles, les incitant à adopter un comportement plus vertueux en vue de réduire les dépenses qu’elles devraient désormais assurer en cas d’arrêt maladie.

Ce nombre de jours de carence passerait donc de 3 à 7 pour les salariés, les personnes sans employeur mais ayant quand même droit aux arrêts maladie (chômeurs indemnisés par exemple) continueraient elles, à n’avoir que 3 jours de carence.

On voit tout de suite le chèque en blanc fait aux entreprises : elles vont sans doute mieux se comporter ("adopter un comportement vertueux" vis à vis de leurs salariés, histoire de faire baisser les arrêts de courte durée. Ne riez pas, c'est la justification du ministère) et donc vont payer ce qui ne relevait pas de leur ressort sans rechigner…non ? L'histoire sociale de notre pays en est truffée d'exemples...

Sans parler de l’angélisme qui consiste à croire que les effets (=le mal-être au travail) seraient déconnectés des causes qui les produiraient (=ce mal-être est dû au cadre de travail dans son entier, car dans le cadre capitaliste qui est le nôtre, l’employeur n’a pas d’autre choix, pour augmenter sa productivité, que de faire pression soit sur les salaires, soit sur les salariés…). 

Mais qui peut gober ce genre de fadaises ?

 

Enfumage patronal

Autant dire que la levée de bouclier patronale est bien là, mais est-elle vraiment sincère ? On ne peut qu’en douter, tant les mesures d’enfumage d’un gouvernement aux ordres du patronat apparaissent nombreuses et coordonnées. Et tant l’inverse l’est aussi, de nombreux exemples en attestent !

« On n’est pas sur des sommes futiles, on parle de charges massives. Une telle décision aurait forcément des conséquences en terme d’économie et d’emplois", a ainsi dénoncé sur France 2 Jean-Michel Pottier, vice-président de la CPME, principal syndicat des PME.

"Le principe n’est pas acceptable. On ne peut pas dire qu’on baisse les charges pour les entreprises et, à côté, nous taper dessus à la première occasion", s’est insurgé Alain Griset, le président de l’U2P, autre syndicat patronal, dans le Figaro.

Revoilà le vieux chantage patronal aux emplois… et si nous parlions un peu du pin’s que l’ex président du MEDEF, Gattaz, arborait à tous bout de champ, avec la promesse de « 1 million d’emplois » en échange du fameux CICE à 50 milliards inscrite dessus ? Combien d’emplois créés, déjà ? J'ai la mémoire qui flanche tout à coup...

Mais surtout, ce qui nous fait dire qu’il s’agit bien d’un enfumage destiné à camoufler les vraies motivations des uns et des autres, c’est cette déclaration d’un responsable syndical, qui tombe bien sous le sens : 

 “Je ne doute pas que certains employeurs décideront de rogner les augmentations des salariés pour faire face à ces nouvelles dépenses”, expose Jean-François Foucard, secrétaire national à la CFE-CGC (Confédération française de l’encadrement – Confédération générale des cadres) dans les colonnes de Capital.

Et si la vraie motivation était là, baisser les salaires des travailleurs français ?

 

GOPE et Salaires en France : une vérité cachée dans les entrailles de la «  démocratie  » européenne

Connaissez-vous « les GOPE » ? 

Il s’agit un document établi par le Parlement Européen, pour chaque pays membre de l’Union Européenne. Ce document est appelé « Grandes Orientations de Politique Européenne ». Il est établi pour chaque année et chaque pays membre : la cuvée « France 2017 » est assez édifiante. Il s’agit d’un ensemble de « recommandations » à mettre en œuvre par le président élu de chaque pays.

Vous me rétorquerez que les « recommandations » d’une instance supra nationale ne sont pas forcément applicables par le pays concerné : faux et archi-faux. Du moins, si le président élu du pays en question refuse de les appliquer, il expose son pays à de redoutables sanctions économiques : amendes salées, en pourcentage mensuel du PIB -et financières, via nos amis « les marchés ». Jusqu’ici, en France, aucun président élu depuis 2005 n’a voulu s’y risquer.

Il se trouve donc que ces fameuses GOPE doivent être appliquées, c’est-à-dire traduites dans la législation du pays concerné. Peu importe que le pays en question rejette ces réformes : elles doivent être votés, il en va de la « stabilité de la zone euro ». C’est ce qu’on appelle « la démocratie ».

Traduire : « l’Allemagne, seule bénéficiaire économique de ce système, via un taux de parité mark/ euro ultra favorable et une économie tournée vers les exportations, ne veut absolument pas rogner sur ses bénéfices et préfèrerait que l’Europe entière soit plongée dans la misère du moment qu’elle conserve ses avantages ». Ça n’est pas du tout exagéré : renseignez-vous, vous verrez que c’est la vérité. Nous avons donc des pays en train de littéralement retourner au stade « Tiers-monde », via une explosion du chômage, des suicides et de l’expatriation, et une destruction/privatisation de pans entiers des Services Publics fondamentaux : santé, transports, énergie, etc. 

Exemple typique : la Grèce. 

Symptôme : les récents incendies de forêt désastreux que ce pays a subi, les pires de son histoire. Etait-ce vraiment un fruit du hasard ou de la malchance ? 
Jugez vous-mêmes : en 2017, conformément aux GOPE mises en place pour ce pays, le gouvernement social-traître de Tsipras a ainsi amputé le budget des services incendie du pays de 37 millions d’euros. Le nombre de pompiers professionnels est quant à lui passé de 12 000 à 8000, conformément à la demande de Bruxelles. Malgré les protestations répétées de la profession, et les alertes des différents acteurs insistant bien sur le fait que c’était prendre un énorme risque pour le pays… La suite de l’histoire, hélas nous la connaissons tous…

Autre symptôme qui ne trompe pas : un effondrement de l’espérance de vie. Ainsi cette même pauvre Grèce, qui a vu en l’espace de 6 ans l’espérance de vie en bonne santé de ses citoyens diminuer de deux ans. Pour retomber ainsi au niveau des pays du Tiers-monde.

A noter que la France est également touchée, (heureusement, pour l’instant) dans une moindre mesure : moins quatre mois d’espérance de vie en une année. Bien sûr les chiffres ne sont que des chiffres, et on peut leur faire dire beaucoup de choses. Mais il n’empêche que c’est inquiétant, car c’est une baisse historique depuis 1945. Et surtout, cela constitue une tendance : cela fait plusieurs années de suite que cela se produit. De ce fait, ces chiffres constituent une indication que peut-être, les politiques austéritaires menées un peu partout en Europe, ne sont pas adaptées au bien-être du plus grand nombre ?

Revenons-en à nos moutons : les GOPE seront donc appliquées, car l’Union Européenne l’exige. 

Mais que sont donc ces GOPE ? Au lieu de vous infliger la lecture d’un long document technocratique à l’extrême, nous avons préféré vous en faire un petit condensé. Inutile de vous dire que tout est disponible sur le site de la Commission Européenne, pour ceux que les sources intéresseraient.

 

Florilège (nous reprenons les termes même du document) : 

-« réaliser d’importantes économies à court terme en ralentissant les dépenses de Sécurité sociale »

-« Réduction du ratio des dépenses publiques »

-« combiner les réductions prévues des dotations de l’Etat /faire des économies de dépenses en direction de l’échelon communal ».

-« Les systèmes de retraite étant déficitaires sur le court moyen terme, il faut un objectif ambitieux : limiter les dépenses de santé et obtenir des gains d’efficacité à moyen-long terme ».

-« Mesures pour réduire le coût du travail et améliorer les marges bénéficiaires des entreprises. Crédit d’impôt pour la compétitivité de 20 milliards d’euro et allègement des cotisations patronales de 10 milliards d’euro. Pacte de solidarité et de responsabilité ».

-« Les caractéristiques du système d’assurance-chômage (…) sont susceptibles de décourager le retour à l’emploi. »

-« Un certain nombre de barrières à l’entrée et de règlementations, ainsi que des tarifs, brident l’activité économique des professions règlementées (…) »

-« Les deux plus grands obstacles sont la lourdeur de la règlementation et le niveau élevé de l’impôt sur les sociétés(…) »

-« la France connait des déséquilibres macro économiques excessifs (…) Il faut veiller à ce que les réductions du coût du travail soient pérennisées et que les évolutions du salaire minimum soient compatibles avec la création d’emplois et la compétitivité(…)

Ce qui est en gras montre clairement les motivations de moins en moins avouables de tout gouvernement européiste, celui de Macron inclus, qui se respecte. Il s’agit de la feuille de route, de ce qui doit impérativement être appliqué dans les mois à venir, concernant la Sécurité Sociale et les salaires en France.

 

Perte totale de souveraineté, "En Marche" ou plutôt « En Marchés » ? 

J’avais écrit ce paragraphe décrivant les GOPE, hormis le petit insert sur les incendies en Grèce, dans un journal syndical en 2017, avant l’élection de Macron. Je pressentais que, quel que soit le président qui serait élu (je parle de candidat avec de réelles chances d’être élu, pas d’un Asselineau qui, bien que je partage son diagnostic, n’en avait aucune…), ces GOPE devraient être appliquées. 

Mais c’était aussi quelque chose que d’« horribles gôôchisses », tel François Ruffin avant qu’il ne devienne député de la France Insoumise, avaient vu depuis bien, bien plus longtemps…ce dernier avait même réalisé une vidéo intitulée « Vers la fin des CDI en France ? Le plan des financiers pour 2012 » toujours disponible via ce lien :

https://youtu.be/4jXmdF8MjNo

Vidéo édifiante, passée sous les radars de la propagandastaffel mainstream (est-ce étonnant ?), où il interviewait un courtier membre de la section trading du Crédit Agricole. 

Nous y apprenions, et ce dès 2012, avant même l’élection de François « mon-ennemi-c’est-la-finance » Hollande, que l’enjeu pour les marchés était bien l’abolition du CDI, au travers de l’application de ces « recommandations » qu’étaient les GOPE de l’époque… La loi El Khomri est venue valider cette « préconisation » de la plus belle manière qui soit, malgré la protestation populaire, et malgré l’opposition d’une majorité de français à une telle mesure.

La vérité se résume donc aujourd’hui à ceci : comment faire pour baisser les salaires en France, car ils sont de toute évidence, « incompatibles avec la création d’emplois et la compétitivité », traduire « les salaires français sont trop hauts, ils sont incompatibles avec les standards européens qui sont une harmonisation par le bas, favorable aux marchés et à la finance. Il faut donc trouver un moyen de les rabaisser au niveau de ceux des pays de l’Est, genre Pologne ou Bulgarie, sinon les entreprises délocaliseront. C’est ce qu’elles ont fait d’ailleurs ». 

Ça, c’est pour l’Europe Sociale que nous ont vendu ces traîtres de socialistes, Fabius, Aubry, Delors, Bérégovoy et Mitterrand en tête, lors du vote sur Maastricht. Et puis, comme le disait si bien Juncker, président de la commission européenne « il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens ».

Ça avait au moins le mérite d’être clair. 

Le peuple Français n’est de fait, plus maître de son destin. Tout ceci n’est qu’une mascarade, dont le gouvernement Macron, avec à sa tête un ex banquier venu de la finance internationale, constitue l’ultime avatar.

 

Démocratie européenne vs dictature des marchés : tous «  en marche  » vers la démocrature

En effet, depuis l’arnaque du Référendum de 2005, où une majorité de Français avait osé voter « Non », et la signature du Traité de Lisbonne en 2007, par l’ensemble des députés de la gauche PS social traitre et la droite réunies, sous la houlette du chef en talonnettes de l’époque, qui avaient signé « Oui », nous nous sommes rendus compte du caractère profondément anti démocratique de cette UE aux ordres des marchés. Cette même UE venait de signifier aux Français ce qu’elle pensait de leur bulletin de vote : « vous pouvez vous essuyer le derrière avec », pour rester poli.

Et nous avons pu constater que les « réformes » du gouvernement bourgeois et ultra favorable aux riches de Macron, ne sont que l’exact reflet des « recommandations iniques de la troïka Bruxelloise : UE, BCE et FMI, à travers ce document édité par l’Union Européenne des riches et des puissants.

On ne peut donc qu’être interpellé, mais pas surpris, par les mesures figurant dans ce document, et demandant expressément, sous peine de sortir des clous et de se voir infliger de lourdes amendes (sans parler de l’inévitable punition des « marchés ») au gouvernement élu, quel qu’il soit, par le Peuple souverain de France, de réduire les dépenses de Sécurité Sociale, les retraites, les Services Publics, les salaires etc.

Là où cependant, cette UE scélérate, et à travers elle, le gouvernement soi-disant « nouveau monde » de la LREM (gouvernement qui sent quand même sacrément l’ancien monde et le réchauffé au niveau politique et moral), devra quand même faire attention, c’est bien sûr sur la méthode : comment faire passer la pilule aux français sans trop de casse ?

Hors de question de faire comme en Espagne, où les salaires de la fonction publique ont été rabotés. En France, celle-ci est encore assez puissante et organisée, via ses syndicats, pour instaurer un rapport de force efficace de manière à lutter contre toute attaque frontale.

De même, impossible de faire aussi vite et bien qu’en Grèce, en prétextant des déficits qu’on a soi-même créées et fait grandir, pour détruire rapidement et efficacement des Services Publics qui tiennent quand même, quoi qu’on en dise, une grande partie de la population à l’abri de la majorité des conséquences désastreuses de la Crise économique.

La France n’est pas encore au niveau de l’Italie, de l’Espagne, du Portugal ou de la Grèce en ce qui concerne le délabrement de son économie et de son tissu social. Le fait que des Services Publics étendus y perdurent, et couvrent un grand nombre de risques, et de façon plus avantageuse, que dans la moyenne européenne, y est sans doute pour quelque chose…

Il faut donc trouver une méthode moins frontale, dans un pays qui reste encore très attaché à la Sécurité Sociale, et surtout qui a une fâcheuse tendance historique à mettre assez brutalement fin au mépris dont il fait l’objet– faut-il rappeler les révoltes et autres révolutions de 1789, 1830, 1848, 1871 et 1968 ?

 

Une parodie de négociation, pour une mesure déjà planifiée

Alors ils vont « présenter la réforme aux partenaires sociaux dès septembre ».

En langage LREM, ça veut tout simplement dire « nous nous mettrons autour d’une table avec vous pour la forme, en faisant de grands sourires aux caméras. Nous vous écouterons, puis nous vous dirons, toujours avec ce grand sourire, qu’il n’y a pas d’alternative, et que s’ils ne sont pas d’accord, les français n’ont qu’à venir nous chercher. Ce qu’ils ne feront pas dans leur grande majorité  ». Et la « réforme », c’est-à-dire le recul social, sera votée dans la foulée.

Cette recette a déjà marché plusieurs fois cette année, dernier exemple en date la SNCF, mais aussi le sabrage du Code du Travail.

Autant dire que les dénégations de la ministre Buzyn sonnent plus que faux quand elle dément : 

« Nous allons ouvrir un travail de réflexion avec les partenaires sociaux. Il n’est absolument pas question d’augmenter le nombre de jours de carence ». Des sources ministérielles sérieuses donnent à penser que l’étude de faisabilité de la chose est déjà en marche dans les couloirs de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie…et que la réforme est prévue pour passer d’ici la fin du premier trimestre 2019. Mais chuuut, rien ne permet de l’affirmer autrement qu’en off, alors…

Il faut absolument maintenir l’illusion d’un dialogue social, c’est même ça le fondement de l’affaire. Faire croire aux gogos que tout se passe dans les règles du jeu démocratique, histoire que lesdits gogos ne remuent pas trop.

Alors qu’au fond, à part si le peuple ne se révolte en masse, et s’ils n’ont pas peur pour leur vie, ils continueront de ponctionner les poches des gueux avec un mépris qui dépasse l’imagination, histoire de transférer le fruit de leur rapine dans les poches des premiers de cordée.

 

En conclusion : plus c’est gros, plus ça passe

Alors, et maintenant ? Est-ce que ça va passer, ou ça va casser ?

Pour changer un peu de la traditionnelle injonction « les français doivent se réveiller » etc. –traditionnelle injonction dont nous savons tous, chers lecteurs, qu’elle tient plus du vœu pieux que de la réalisation imminente, vu l’état de mort politico-cérébrale de la majorité de mes très estimés concitoyens, je vous propose une vision alternative, presque romancée, de la fin. Car vraiment, parfois, j’ai trop l’impression de me répéter. Faut que ça change !

Mon ami africain me disait l’autre jour, alors que nous étions assis, peinards, à l’ombre d’un parasol sur la costa del sol, contemplant aux infos d’un œil distrait le feuilleton de l'été (Benalla pour ne rien vous cacher), tout en sirotant une cerveza bien fraîche, mon ami africain me lâcha donc un retentissant : « et dire qu’on en a encore pour 4 ans. P*tain, quatre ans ! »

(Non, en fait je mens : nous ne contemplions pas Benalla aux infos, nous mations de délicieuses créatures en maillot de bain, créatures aux mensurations plus légères qu’un gorille de l’Elysée. Et pourtant, dieu sait que cette espèce est velue ! Enfin, trêve de parenthèse)

Et moi de lui rétorquer : compadre, tu sais très bien que « celui qui avale une noix de coco, fait confiance à son anus ».

Alors, ignorant d’un air plus que suffisant sa mine visiblement interloquée, je lui expliquai alors que le gouvernement, au fond, se foutait totalement de savoir s’il allait tenir quatre ans de plus. Il comptait surtout sur l’effet de sidération, le même effet que j’observai d’ailleurs à l’heure actuelle, sur le beau visage d’un noir d’ébène qui était le sien, et qui me ravissait tant. 

Enchainer les réformes, prétendre que tout ceci est dans l’intérêt des gens, garder son aplomb de golden boy tout en continuant de tout casser, avant qu’ils n’aient le temps de s’organiser. S’appuyer sur la presse, marteler les têtes et les consciences avec des mensonges mille fois répétés, tout ceci, au fond, était le plus important. Car, même si d’aventure le gouvernement macron était renversé, avec Manu en fuite à Varennes, et la Bribri obligée de déchirer un de ses tailleurs Chanel à 10 000 balles pour s’en faire une burqa histoire de passer inaperçue aux yeux de la populace en furie, même avec tout ça, les remplaçants seraient identiques. Ils reprendraient là où les autres s’étaient arrêtés. Même si, en l'espèce, ça n'aurait pas été eux qui se seraient arrêtés, mais les Français qui les auraient stoppés. Net.

Ah, le beau rêve.

Mais ça ne resterait qu'un beau rêve, tant que les gens accepteraient d’aller veauter, tant qu’ils se berceraient de l’illusion de la démocratie, tant qu’ils ignoreraient les signaux d’alarme que leur envoyait le monde, car alors ils seraient au fond, toujours dans le même état : celui d'un rouleau de papier hygiénique usagé.

Jusqu’au cou, et pour longtemps.

Je reprenai un peu de pina colada, tout en n'hésitant pas au passage à pincer les fesses rebondies de la serveuse, qui protesta -mollement- en gloussant. 

Ainsi va le monde : dans la vie, il existe deux catégories de personnes.

Celles qui se paient quinze jours a Bregançon aux frais des cons-tribuables, et les autres.

Et toi, où te situes-tu, compadre ?


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