Energie, changements de fašade

par Enjeux Electriques
vendredi 24 octobre 2014

Incroyable chamboulement à la tête des grandes entreprises françaises de l’énergie en l’espace d’une semaine. Entre le décès soudain du PDG de Total, le remplaçant-surprise d’Henri Proglio pour diriger EDF, le départ pour raison de santé du président d’Areva et la fin de la guerre (larvée) de succession chez GDF-Suez, une nouvelle génération de dirigeants arrivent aux affaires. Mais si les visages sont différents, les réseaux, eux, sont les mêmes. 

Renouvellement d’apparence

Le renouvellement complet et soudain à la tête des énergéticiens français laissait augurer une bouffée d’air au moment où se prépare la transition énergétique. Dans les faits, les nouveaux patrons d’EDF, Total, Areva et GDF-Suez sont tous diplômés de Polytechnique ou ingénieurs du corps des Mines, ou les deux à la fois. Issus des mêmes formations qui dominent le secteur de l’énergie depuis l’après-guerre, il ne faut donc pas s’attendre à des changements radicaux de la part des nouveaux venus.

Le constat est le même dans l’administration. Les nouveaux responsables de la Direction générale de l’Energie (DGEC, véritable chef d’orchestre de la politique énergétique au ministère de l’Écologie) et de l’ANDRA (l’agence chargée de gérer les déchets radioactifs) sont eux aussi issus du même sérail. Ils rejoignent les effectifs déjà bien fournis d’ingénieurs du corps des Mines au sein de l’Etat, où l’on compte aussi le président de l’ASN (agence de sureté nucléaire).

Pérennité des réseaux

Moins présents en apparence ces dernières années, les X-Mines n’en ont pas moins été très actifs, à l’image de Jean-Louis Beffa (ex-Saint-Gobain) ou d’Anne Lauvergeon (ex-Areva), tous deux « visiteurs du soir » de François Hollande. Malgré le calendrier bousculé des successions des PDG, ces réseaux ont fait la preuve de leur force en plaçant l’un des leurs à la tête de chaque organisation qui compte dans le domaine de l’énergie en France.

Dans ces conditions, il ne faut pas s’attendre à une relance du dialogue industrie-Etat-associations écologistes. Ces dernières ne se sont pas privées, par le passé, de taxer de « nucléocrates  » les ingénieurs des Mines et de Polytechnique. Il y a donc peu de chance que la transition énergétique se fasse de manière plus sereine qu’auparavant.


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