Heures sup chez les fonctionnaires...

par ÇaDérange
mercredi 11 juin 2008

Travailler plus pour gagner plus. C’est facile à dire, mais plus difficile à faire car pour qu’il y ait heures supplémentaires, il faut, en principe, qu’il y ait un surcroît de demande. C’est d’ailleurs une des limites mises en avant par l’opposition ou les syndicats au mot d’ordre du notre président.

Il y a par contre un endroit où le problème ne se pose pas tellement la demande est forte, il s’agit de la fonction publique et des fonctionnaires. Le ministre du Budget, Eric Woerth vient d’annoncer en effet le grand succès de la mesure de l’accès aux heures supplémentaires défiscalisées et exonérées pour les fonctionnaires. Elles sont en effet en hausse de 18 % par rapport à 2007 ce qui vous coûtera 1,14 milliard d’euros de plus pour l’instant. Administration la plus consommatrice d’heures supplémentaires, l’Education nationale qui, malgré les grèves, va nous coûter 420 millions d’euros supplémentaires. Sans compter les récupérations de ces heures que vous retrouverez sans nul doute... à la rentrée.

Le principe de base de la mise en place de ces heures supplémentaires défiscalisées est qu’elles se traduiront par du pouvoir d’achat supplémentaire qui fera tourner notre industrie pour nous apporter ce point de croissance supplémentaire qui nous manque tant et qui arrangerait si bien les choses. A ceci près que cette manière de penser très keynesienne est un peu datée car elle part du principe que nous achetons français ce qui hélas n’est aujourd’hui vrai qu’à moins de 50 %. Espérons néanmoins que nous retrouverons dans la consommation, l’argent investi dans cette mesure car si son effet se traduisait par une augmentation des ventes de Golf, de PC Acer ou de textile chinois, voire à payer le surcroît de coût de son plein de carburant, elle ne servirait malheureusement à rien...

Il reste à s’assurer que la manière dont ces heures sont accordées corresponde bien à des surcroîts de travail effectifs et pas, comme c’est le cas avec le dernier coup de pouce au salaire en fin de carrière pour les retraites, à des gentillesses de la hiérarchie pour arrondir les fins de mois...

Car sinon le petit salarié du privé, qui a quelque peine à croire à du surcroît de travail effectif quand il va à sa caisse de Sécurité sociale, à la Poste ou aux impôts à 4 heures de l’après-midi, se sentirait sans doute un peu floué.


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