L’arnaque du plan de relance de la BCE : l’activité s’arrête, le chômage explose et la bourse bat tous les records

par Décoder l’éco
samedi 13 juin 2020

La crise du coronavirus est passée, le choix de confinement a stoppé l’activité de manière inédite depuis la 2e guerre mondiale. Le confinement, le ralentissement de l’activité et la fermeture des frontières a empêché les entreprises d’acheter leurs matières premières ou de vendre leurs produits. Les carnets de commandes sont vides. Pour les salariés le chômage partiel ou le chômage complet ont baissé les revenus et ralenti la consommation. Cette moindre consommation a encore baissé les commandes et augmenté les difficultés des entreprises et le chômage. Cette spirale est celle bien connu de la déflation : les prix et les salaires baissent et entraînent un chômage de masse.

La BCE, la FED et les gouvernements européens et américains ont mis en marche leurs grands plans de relance économique, pour soi-disant aller au secours de l’économie. Les vieilles recettes utilisées vont encore une fois dans les poches du grand capital en laissant de côté les gens qui travaillent en leur faisant miroité le grand miracle des gentils investisseurs qui viendront à leur secours.

 

Lien vers la vidéo : https://youtu.be/YZ0DbMlkibc

 

Le chômage explose

Le record du nombre de demandeur d’emplois de catégorie A, c’est-à-dire les personnes inscrites à pôle emploi, qui cherchent un emploi et qui n’ont absolument aucun emploi, a été battu dès avril 2020 avec 4,5 millions de chômeurs. Cela fait une hausse de 850 000 personnes en un mois, c’est aussi un record. On n’a jamais vu ça depuis l’invention de ce compteur en 1996.

https://dares.travail-emploi.gouv.fr/dares-etudes-et-statistiques/tableaux-de-bord/le-marche-du-travail-pendant-le-covid-19/focus-sur-les-demandeurs-d-emploi/article/focus-sur-les-demandeurs-d-emploi-inscrits-a-pole-emploi-en-avril-2020

Ces 850 000 chômeurs de plus sont en fait pour la majorité d’entre eux de personnes qui étaient déjà inscrites à pôle emploi, parce qu’elles avaient des temps très partiels et cherchaient un travail à temps complet, ce sont les catégories B et C. Évidemment, les temps partiels et les intérimaires sont les premiers à avoir perdu leurs emplois.

Toutes ces personnes peuvent remercier chaleureusement la CFDT et son ancien secrétaire général François Chérèque qui a mené le Plan Pauvreté qui préconisait de donner des petits travaux aux pauvres. La CFDT a ensuite signé la casse du Code du Travail, avec les lois Macron et El Kohmri, pour faciliter le recours aux temps très partiels plutôt qu’aux temps complets. C’est le libéralisme CFDT, les travailleurs doivent partager le travail entre eux ce qui permet aux financiers de ne partager l’argent qu’entre eux, chacun sa solidarité.

Pour l’instant l’État français a payé le chômage partiel, ce qui fait que les entreprises n’ont pas encore beaucoup coulé et que de nombreux salariés ont pu garder une partie de leur paye même sans réaliser d’activité. Une fois la fin des aides de l’État, si les carnets de commande restent vides, cela risque de lourdement empirer. L’été est habituellement une période d’activité touristique, mais si les entreprises se cassent la figure et que les gens ont peur de l’avenir, ils risquent d’aller moins en vacances, de moins consommer et les emplois saisonniers risquent de ne pas se faire non plus. Ces emplois précaires seront aussi les premiers à en pâtir.

L’activité a énormément ralenti

Bien évidemment, avec le confinement, les français ont arrêté de se déplacer et ont arrêter de dépenser. En plus le chômage et le chômage partiel ont baissé les revenus des français et certains prix ont grimpé notamment dans l’alimentaire ce qui a pesé sur leur pouvoir d’achat. Mais surtout avec la crainte que la situation se dégrade et de perdre son emploi, les français qui le pouvaient ont préféré faire des réserves.

https://insee.fr/fr/statistiques/4500941

La plus grosse baisse des dépenses vient quand même des entreprises qui ont complètement stoppé leurs investissements.

On commence à voir certains prix baisser, notamment les voitures, les milliers d’invendus sur le marché encombrent les concessionnaires qui ont besoin d’argent et cassent les prix. Lorsque la baisse des prix se généralise, on appelle ça la déflation. La déflation met à plat rapidement une économie, puisqu’à la fois, cela fait moins d’argent qui rentre dans les caisses des entreprises et elles n’arrivent plus à payer leurs salariés et le chômage augmente, mais en plus, si les prix baissent, personne n’a intérêt à acheter tout de suite quelque chose qui sera moins cher demain. Donc les gens attendent avant d’acheter et les prix continuent de baisser et les entreprises de se casser la figure.

Beaucoup de grosses entreprises sont aujourd’hui en bourse, on devrait logiquement voir la bourse se casser la figure puisque les entreprises vont pour beaucoup craquer. C’est l’inverse qui se passe.

Pendant ce temps-là, la bourse bat des records

Tout d’abord, qu’est-ce qu’un produit financier, il y en a de plein de sortes, mais on va se concentrer sur les actions.

Quand vous avez une entreprise et que vous avez besoin d’argent pour la développer, vous pouvez, soit aller voir votre banque pour contracter un crédit, soit trouver des investisseurs. Dans ce 2e cas, vous faites estimer la valeur de votre entreprise, mettons 1M€ et vous proposez à des investisseurs de devenir actionnaire de votre entreprise en achetant des parts, par exemple 1000 parts à 1000 €. Ces parts, font que les acheteurs sont devenus tous un peu propriétaires de l’entrepris et peuvent siéger au conseil d’administration. Ces investisseurs recevront des dividendes chaque année, normalement en fonction des bénéfices de l’entreprise.

Si l’entreprise pour laquelle vous avez acheté des parts est florissante, elle risque de vous verser plein de dividendes, ça va donner envie à d’autres investisseurs d’acheter vos actions. C’est comme ça que la valeur des actions monte. Une action suit la loi du marché et elle vaut ce que les autres sont prêts à mettre. La valeur d’une action c’est celle de la dernière vente et ça fluctue à chaque nanoseconde.

Avec la crise actuelle les entreprises vont faire assez peu de bénéfices, la plupart risquent plutôt d’avoir des déficits à combler et donc ne devraient pas verser trop de dividendes aux actionnaires à la fin de l’année. Normalement, on devrait se dire que ça ne vaut pas trop le coup d’avoir des actions, on devrait donc voir le prix des actions baisser.

C’est exactement ce qu’on a vu en début de crise, les investisseurs se sont dit, à juste titre, que ça allait être la crise et ils ont vendus leurs actions, pour récupérer un peu d’argent. Le prix des actions a diminué jusqu’en mars sur le CAC 40 en France. Le CAC comptabilise la valeur des actions des 40 plus grosses entreprises françaises cotées en bourse.

C’est aussi ce qu’on a pu voir sur le NASDAQ qui tient compte de toutes les compagnies inscrites à la bourse de New-York et pas seulement les plus grosses.

https://investir.lesechos.fr/cours/indice-nasdaq-comp,xnas,xc0009694271,comp,tick.html

https://www.abcbourse.com/graphes/eod.aspx?s=PX1p

Seulement depuis le mois d’avril le marché boursier a commencé à repartir à la hausse et même à atteindre aujourd’hui des sommets jamais atteints après les annonces des soi-disant plans de relance de la BCE et de la FED.

Les plans de relances n’ont absolument pas pour but de sauver des emplois ou des entreprises, mais uniquement de sauver le capital en bourse des actionnaires.

Pour bien comprendre, il faut savoir qu’en bourse, il n’y a pas que des actions d’entreprises, il y a aussi des obligations d’États. Les États pour se financer émettent des titres de dettes sur les marchés financiers. Les investisseurs les achètent et les États les remboursent entre 2 et 10 ans plus tard avec des intérêts.

Le soit-disant plan de relance consiste à faire que les banques centrale, la BCE pour nous en Europe, ce sont mis à racheter les titres de dettes des États. Ces plans de relances représentent des milliers de milliards d’euros. Pour information, la BCE joue à ce jeu depuis 2015, au lieu de financer l’économie, elle inonde les marchés financiers de pognon, cela s’appelle les quantitative easing, Depuis 2015, ce sont plus de 2700 milliards qui ont été injectés et pour la crise du coronavirus, ce sont 1 000 milliards de plus mis sur la table et on attend encore d’autres annonces.

Donc qu’ont fait les « investisseurs » en recevant tout cet argent frais d’un coup ? Ils n’ont évidemment pas relancé l’économie en achetant des voitures, des maisons, des pommes de terres ou des masques pour décorer leur maison. Ils sont restés sur les marchés financiers et on acheté toutes les actions des entreprises dont ils parient sur l’avenir.

Les laboratoires pharmaceutiques qui se sont lancés sur un vaccin contre le coronavirus qui arrivera dans plusieurs mois ont vu leur valeur multiplié par 1000.

https://www.cafedelabourse.com/actualites/biotech-societes-francaises-bourse-contre-covid-19

Les grosses entreprises européennes dont on sait que les gouvernements voleront au secours, même si elles sont en perte et même si elles versent des milliards de dividendes aux actionnaires ont aussi vu leur valeur augmenter.

Plus les actions augmentent, plus les investisseurs en veulent en espérant que a va continuer de monter, plus ça monte et ça continue.

La bourse est donc montée à un niveau historiquement élevé alors que l’économie est à l’arrêt. La bourse n’a plus aucun rapport avec ce qui se passe dans l’économie, cela s’appelle donc une bulle.

Regardons ce qui s’est passé en bourse depuis 20 ans. Début 2000, la bulle internet où tous les investisseurs ont acheté des actions basés sur la réussites des entreprises numériques, et l’effet d’entraînement a été beaucoup plus fort que la réalité. Une fois que ça a commencé à se voir tout s’est effondré. En 2008, les subprimes avec tous les crédits immobiliers foireux aux États-Unis avec tous les investisseurs qui jouaient en bourse là-dessus. En 2010, la crise de la dette des États, qui s’étaient endettés pour sauver les banques. Et maintenant la belle bulle du coronavirus avec les plans de relances foireux qui ne relancent rien d’autre que la spéculation.

Quand une bulle éclate, ça fait très mal aux entreprises en bourse. La valeur d’une entreprises en bourse, on l’a vu c’est la valeur de ses actions. Une entreprise pour se développer à aussi des dettes, elle a contracté des crédits auprès de banques. En comptabilité, les dettes d’une entreprises doivent toujours être inférieures à son capital, comme ça en cas de problème, on peut vendre l’entreprise pour rembourser les dettes. Seulement si la valeur des actions s’effondre, ça veut dire que l’entreprise ne vaut plus rien et si ça valeur descend en-dessous de ses dettes, c’est la faillite comptable.

Une crise économique cela fait fermer toutes les entreprises de la bourse dont la valeur descend trop bas.

Les soi-disant plans de relance des banques centrales ne font actuellement qu’enrichir les spéculateurs sur les marchés boursiers. Ce qui se passe en bourse n’a aucun rapport avec la réalité, c’est exactement ce qu’on appelle une bulle. Cette bulle c’est une bombe à retardement et si quand elle éclatera on aura toujours à la tête des États des néolibéraux qui pensent que ce n’est pas leur rôle de relancer la machine, mais qu’il faut juste protéger les investisseurs, ceux qui ont du capital, et laisser les autres dans le mouise, alors ça ira très mal pour la majorité des gens.


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