L’indemnisation pondérée, pour encourager à retrouver un emploi

par David Latapie
mercredi 30 décembre 2009

Une méthode simple pour encourager le retour à l’emploi : ne pas déduire la totalité du salaire d’un chômeur du montant de ses allocations.

Les allocations chômage actuelles n’encouragent pas à travailler. En effet, le montant des indemnités de chômage est réduit de 100 % du salaire gagné. Donc, ceci encourage à soit :

On pourra rétorquer que les chômeurs sont des fainéants, mais qui souhaitent travailler sans être payés  ? Car c’est bien de ceci qu’il s’agit. À ceux des libéraux qui argueront un devoir moral de gagner sa pitance, je répondrai par cette phrase de la plus importante figure du libéralisme économique, à savoir Adam Smith lui-même : Mais l’homme a presque continuellement besoin du secours de ses semblables, et c’est en vain qu’il l’attendrait de leur seule bienveillance. En l’occurrence, ne comptez pas sur la gentillesse des gens pour travailler gratuitement sous prétexte que c’est bon pour l’État. Peu de personnes ont un tel sens de l’intérêt général (j’en ai fait partie et je m’en suis mordu les doigts - j’en reparlerais dans un billet sur les entreprises de soutien scolaire, un danger pour la république).

Alors, comment inciter au retour à l’emploi  ? Très simple : réduire le montant des allocations chômage d’un montant strictement inférieur à 100 % du salaire perçu par le chômeur. J’appelle ce système l’indemnisation pondérée.

Exemple : je touche 800 euros d’indemnités chômage. Je trouve un emploi à temps partiel payé 500 euros. Dans le système actuel, je n’ai aucun intérêt immédiat à accepter, car les 500 euros que je gagne seront déduits de mes allocations chômage. Ainsi, au lieu d’être payé 800 euros de chômage, je serai payé 500 euros de salaire et 300 euros de chômage. Dans les faits, je travaille gratuitement. À moins que je sois en fin de droits et que l’on me propose un CDI, mieux vaut refuser et agrandir le déficit de l’État, puisque celui-ci vous y incite  !

En revanche, avec un système d’indemnisation pondérée fixé à, par exemple, 25 %, j’ai intérêt à travailler. Car mes indemnités de chômage ne sont plus réduites de 100 % de mon salaire, mais de 75 % (100 % − 25 %). Du coup, je passe de 800 euros par mois à 925 euros (25 % de 500 euros = 125 euros).

Alors bien sûr, on pourra (on devra) discuter sur le pourcentage de cette pondération. Et, à court voire moyen terme, cette pondération augmentera le budget de l’État. Mais elle baissera aussi les statistiques du chômage (même si c’est un jeu de dupes, car, comme le faisait remarquer il y a quelques années un statisticien de l’INSEE, le chômage n’est pas de 8 % en France, mais plutôt de 50 % si on inclut toutes les personnes en situation précaire). Ceci devrait plaire aux gouvernants davantage que cette ponction financière supplémentaire qui, rappelons-le, n’est que temporaire puisqu’elle accompagne le retour à l’emploi. Au final, l’État aurait même moins d’indemnités à verser.

Je terminerai par une interrogation. Il ne m’a fallu que trente minutes pour rédiger cet article. Pire, l’idée elle-même ne m’a pris qu’entre sept et dix secondes pour être formalisée. Et je ne suis pas un haut fonctionnaire. Alors pourquoi, alors que c’est d’une simplicité enfantine, l’idée n’a-t-elle toujours pas été implémentée  ?


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