L’or sur le point de détruire les monnaies occidentales ?

par Lionel S.
vendredi 16 novembre 2012

En Octobre dernier, l'Allemagne demandait à ses partenaires de vérifier l'état de ses 3400 tonnes d'or stockés à l'étranger afin de s'assurer que cette masse monétaire est toujours accessible en cas de besoin. Mais de quel besoin parle-t-on si ce n’est celui d’utiliser une réserve de change en cas d’effondrement de l’euro ? En effet, voici un signe puissant d'une monumentale perte de confiance en la monnaie unique européenne. Un choc diplomatique majeur entre les quatre plus grandes économies occidentales pourrait survenir.

"L'euro-patate" sur le feu

La valeur d'une monnaie papier est imaginaire puisqu'elle n'est fondée que sur un texte appelé "cours légal". Nous faisons tous le même rêve en même temps sur le fait qu'un morceau de papier achète une chose réelle.

Et si la confiance est donc la base de toute création de monnaie papier, dès que quelqu'un choisi de se réveiller, la supercherie est terminée...

"Fiducia" signifie "confiance" en latin. Lorsque cette confiance disparaît, la monnaie fiduciaire servant aux échanges commerciaux nous brûle les doigts dans l'hyperinflation.

Depuis un siècle, ce phénomène ravage l’économie d’une nation dans le monde tous les deux ans.

Ce n’est donc pas un événement exceptionnel comme le démontre ce tableau :

http://www.agoravox.fr/IMG/png/catohyper-01.png

Lors de la crise argentine en 2002, beaucoup comparait le peso argentin à une "patate chaude".

En d’autre termes, la valeur des billets s’effondrait plus rapidement que le temps nécessaire pour le mettre dans votre poche. Il fallait donc le dépenser le plus vite possible avant que l'inflation ne dévore sa valeur.

Contrairement aux idées reçues, une inflation élevée n'est pas seulement la conséquence de l'expansion de la masse monétaire (même si elle en est le point de départ), mais une dégradation accélérée de la perte de confiance en sa valeur.

L'Etat, les individus et les entreprises finissent par se débarrasser rapidement de leur monnaie "papier ou scripturale" en souffrance contre des choses réelles ayant une valeur perçue plus importante que le papier comme des stocks de consommables ou des matières premières pour continuer leurs activités quotidiennes.

S'il faut une année entière à certains salariés pour gagner 30 000 €, une banque est capable de créer cet argent en un millième de seconde... mais elle est incapable de produire 700 grammes d'or à la même vitesse...

La thésaurisation en or ou en argent-métal prend alors tout son sens.

Si chaque billet émis par les banques centrales et commerciales du monde est créé par une reconnaissance de dette, l'or transformé en monnaie nécessite une force de travail considérable de prospection et de transformation pour arriver à l'état de pièces.

Sa valeur n’est gagée sur la dette (tête ?) de personne et ne représente aucune nation. Il stocke une grande quantité de valeur dans une faible quantité de poids sans avoir besoin de contrepartie pour le garantir.

Certains disent qu'il permet de transporter vos richesses dans le temps.

 

Ceci est le principe d'une monnaie saine !

 

Un canari allemand dans la mine

Lorsqu'une superpuissance telle que l'Allemagne (locomotive de l'économie européenne) s'inquiète de ses réserves monétaires en or, c'est le cri du canari dans la mine de charbon : l’alerte qu’un danger imminent menace la valeur du "papier monnaie" manipulée par quelques individus centraux passant leur temps à sauver les fesses du système bancaire et des comptes publics en faillite grâce à leurs imprimantes.

Chaque européen devrait s'inquiéter pour ses propres économies bancaires car ce signal symbolise un risque extrême d'emballement politique et inflationniste et qu'il est temps de faire un choix pour son propre avenir financier : confiance aveugle ou or ?

Si les allemands s'inquiètent de savoir si leurs lingots sont bel et bien stockés en sécurité, cela démontre que l'euro n'assure plus son rôle de monnaie stable dans le tissu économique.

Il est donc peut-être temps de se retrancher vers une monnaie qui ne soit pas exposée au risque de faillite d'Etats européens.

C'est également de votre argent dont je parle, cher lecteur...

Question : Quelle serait votre réaction si le gardien de vos économies vous disait "Cher client, nous vous refusons l'accès à votre épargne pour raison de sécurité ?"

 

L’Allemagne serait-elle en train de sortir discrètement de l’Euro ?

Heureusement pour nous, cette information de première importance est passée (presque) inaperçue.

Si l’Allemagne (2ème plus gros détenteur mondial) exigeait haut et fort le retour intégral et sans délai de ses économies en métal précieux, nous serions proches d’un cataclysme monétaire mondial et l’or reprendrai rapidement sa place en tant que monnaie de réserve : brûlant au passage l’euro et le dollar gagés sur des promesses de remboursement de nations en difficultés.

Dans un récent communiqué, Hanz Peter Haustein du parti libéral démocrate allemand déclarait que « c’est précisément dans une telle crise que nous devons avoir une certitude sur nos réserves » : il voulait certainement parler d’une « telle crise monétaire » et le mot "certitude" résonne comme une perte de confiance…

Pour l’instant, seule la Banque de France a autorisé le représentant de la « Buba » allemande (Bundesbank) à visiter physiquement les 374 tonnes d’or entreposés entre deux nappes phréatiques dans ses caves.

Mais ceci ne représente que 8% de l’actif total…

 

Et le reste, messieurs les banquiers centraux ?

Pour l’instant, la Réserve Fédérale de New-York et la Banque d’Angleterre, qui détiennent 92% du trésor de guerre allemand, ont refusé l’accès aux stocks.

Mais sous la pression du peuple et pour calmer les esprits, l’Allemagne vient de demander la livraison physique de 150 tonnes sur trois ans : une paille sur les 1536 censés être entreposés dans les coffres de la FED américaine.

La Banque d’Angleterre n’a pour l’instant pas répondu positivement à la demande d’audit.

Dans ce contexte, la sortie de l’Allemagne de l’Euro n’est plus très loin…

Le peuple germanique s'impatiente et il semble vouloir appliquer une stratégie de protection similaire à celle présentée dans cet article du blog gold-up : Métal précieux : combien d’or pour survivre au crash ?

Sachant que l’or n’est plus « officiellement  », la monnaie de réserve mondiale, il y a de grandes chances pour que les Etats-Unis aient jugé inutile de conserver, au prix exorbitant d’une maintenance ultra-sécurisée, autant d’or dans leurs caves.

En regardant ce graphique, j’ai l’intime conviction que 80% de ces lingots ont été vendu et prêté pour soutenir le dollar américain depuis ce fameux jour du 15 août 1971 : le jour où les Etats-Unis ont réalisé leur premier défaut de paiement sur leurs réserves d'or…un deuxième est à craindre...

http://www.agoravox.fr/IMG/png/_dollars_backed_by_gold-2-01.png

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