La banane durable peut-elle durer ?

par UGPBAN
mercredi 20 octobre 2010

Les producteurs de Banane de Guadeloupe & Martinique sont très préoccupés par la situation du marché de la banane en France et en Europe. En effet les prix de vente pratiqués sur ces marchés en vert ou en jaune, depuis le début de l’année, mettent en grande difficulté la situation financière des planteurs. Et si l’on compare les deux premières semaines d’octobre à celle de l’an dernier, leurs recettes commerciales accusent un recul de 25 à 30%.

 
 Cette situation de marché est la conséquence directe des accords commerciaux passés entre l’Europe et l’Amérique Latine qui, par la forte diminution du droit de douane, déjà appliquée depuis le 15 décembre 2009 sur les bananes dollars, conduisent à une désorganisation importante du marché européen.

 

Engagés depuis trois ans dans le Plan Banane Durable, les planteurs de Guadeloupe et Martinique se sont résolument placés dans la production d’une banane durable, respectueuse de l’environnement et socialement responsable.

 

La situation du marché, depuis le début de l’année 2010, met leur production en grande difficulté alors que les nombreuses contraintes qu’ils se sont imposées, dans le cadre du Plan Banane Durable, entraînent des surcoûts conséquents.

 

Et pourtant le programme établi entre les producteurs et les pouvoirs publics dans le cadre du Plan Banane Durable a pour objectif de garantir aux planteurs une revalorisation de leur production. Seule production française de bananes et principale culture européenne tropicale d’exportation avec le sucre de l’île de la Réunion, la Banane de Guadeloupe & Martinique bénéficie des règlementations françaises et européennes en matière de droit et de sécurité du travail, de sécurité alimentaire et de protection de l’environnement les plus contraignantes aujourd’hui au monde.

 

Les surcoûts liés à ce statut de production tropicale européenne sont heureusement compensés par un soutien financier de l’Europe afin de permettre de réduire les écarts de compétitivité par rapport aux productions d’Amérique Latine dont la compétitivité est largement basée sur une politique de bas salaires.

 

Les 700 planteurs Antillais, avec une surface moyenne de 13 ha, produisent 270 000 tonnes de bananes.

C’est une filière qui emploie directement plus de 6 000 salariés et qui participe fortement à la vie rurale et à l’aménagement du territoire.

Dans de nombreuses communes rurales de Guadeloupe et de Martinique, la banane est de loin la principale activité économique et le principal employeur.

Les producteurs de Guadeloupe et Martinique en appellent à la responsabilité de tous les maillons de la filière afin que le prix d’achat de la banane en vert et le prix de vente de la banane en jaune au consommateur soit compatible avec la juste rémunération de leur production.


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