La croissance de la France restée nulle au second trimestre selon l’INSEE

par Christopher Montlouis-Gabriel
samedi 16 août 2014

Le gouvernement s’est rendu à l’évidence. Après les chiffres publiés ce jeudi par l’INSEE, le PIB de la France a vu son volume stagné au deuxième trimestre. Les pays de la zone euro ne font pas mieux car l’Italie et même l’Allemagne élève modèle en la matière ont vu leur PIB reculer sur la même période.

C’est un coup dur pour le Ministre des Finances, Michel Sapin et pour l’ensemble du gouvernement qui empreint d’un excès d’optimisme tablait sur une croissance à + 1 % cette année. Au vu des mauvais résultats économiques, l’objectif a été revu ce mercredi à la baisse à + 0,5 % seulement.

On est très loin du “retournement” préssenti par François Hollande en mai dernier, et pour cause, tous les indicateurs sont dans le rouge : recule de 0,5 % de la production industrielle entre mars et juin, diminution de 0,8 % des investissements des entreprises, accroissement du chômage 10,2 % de la population active ( source : eurostat période juin 2014 ), s’ajoute à cela les - 29,2 milliards sur 6 mois de déficit commercial et le risque de déflation annoncé par Manuel Valls en début de mois. Seuls la consommation des ménages ( + 0,5 % ) et la dépense publique ( + 0,5 % ) s’en sortent relativement bien.

L’héxagone semble souffrir des premiers efforts d’économies sur les dépenses publiques et le climat actuel ne rassure pas les ménages plus frileux à la consommation. Jean Hervé Lorenzi, Directeur du Cerles des économistes confiait que “nous sommes dans une phase de ralentissement structurel de l’économie mondiale (...) où la plupart des pays tentent de réduire leur déficit de manière simultanée”. L'exécutif renonce tout de même à augmenter les impôts, il a par ailleurs commencé à les réduire pour les revenus les plus modestes. Malgré tout Michel Sapin a confirmé que “la France n'atteindra pas cette année son objectif en terme de déficit de ses finances publiques, malgré la totale maîtrise de nos dépenses”. Avant d’ajouter que le déficit des administrations publiques sera supérieur à 4 % du PIB en 2014” contre 3,8 % prévu jusqu'alors.

La classe politique n’a pas tardé, elle aussi a commenté les chiffres de la croissance sur les réseaux sociaux. Luc Chatel qualifie la situation de “coup de tonnerre” pour l’économie française, pour Christian Estrosi, François Hollande a “discrédité la parole publique” et pour Nicole Dupont-Aignan “Hollande fait la politique de Laval”.

La France va devoir faire face à la Commission, à qui, elle doit rendre des comptes. Celle-ci lui avait par ailleurs demandé de prendre davantage de mesure en faveur de l’économie.

 

Christopher MONTLOUIS-GABRIEL


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