La France sera-t-elle épargnée par l’austérité grecque ?

par Salamanca
mercredi 29 juin 2011

La question peut se poser de savoir si la France échappera à l'austérité grecque

On ne cesse d'entendre dans les médias, bien souvent, des experts qui ne cessent de nous dire que le protectionnisme est au mieux une illusion, au pire une escroquerie intellectuelle. Bref, circulez, il n'y a rien à voir, même si des intellectuels pensent autrement.

Pour être franc avec vous, ce discours me gonfle... car si effectivement, l'Union Européenne est ouverte à tous les vents, il n'en est pas de même lorsque l'on décide de regarder ce qu'il se passe en dehors de l'Union. Ainsi, aux Etats-Unis, patrie du capitalisme, on n'imagine nullement un débat entre les députés du Congrès et les compagnies américaines, pour savoir si celles-ci devraient acheter des Boeing ou pas tant cela semble aller là bas de soi ! On l'a vu encore récemment avec l'épisode de Bombardier au Canada, alors qu'Airbus était de bien meilleure facture ! Sans parler de l'Inde, le Brésil, la Chine, les pays asiatiques, qui vont jusqu'à taxer nos propres produits et les produits européens jusqu'à 150 %, mais qui taxent bien moins les leur, pour se protéger de la mondialisation !


Et le rapport avec la Grèce dans tout ça ? La Grèce fait partie de l'Europe, a comme monnaie commune l'euro, comme c'est le cas du Portugal, de l'Espagne... qui eux aussi connaissent une situation périlleuse. Pour sauver l'euro, pour sauver un système qui aujourd'hui repose sur le libre échange débridé et la finance, le FMI impose une cure d'austérité sans précédent au peuple grec qui pourrait bien empirer les choses rappelons que lors de la crise asiatique de 1997, la Malaisie, en son temps, avait refusé de suivre le FMI. Bien lui en pris !

Comme c'est curieux ! On n'a pas entendu les mêmes agences de notation critiquer Madoff en leur temps, critiquer Lehman Brothers et les principales institutions financières, alors même que celles-ci jouaient à l'économie casino et faisaient n'importe quoi ! Et maintenant, ce seraient aux français, y compris les plus pauvres, de devoir payer la note ? 

Mais cela ne s'arrêtera pas à la Grèce : cela se poursuivra avec le Portugal, l'Espagne... avec les répercussions sociales que l'on imagine si le FMI impose des mesures toujours plus draconiennes. A ce propos, il faudra m'expliquer la logique qui consiste à privatiser une entreprise publique qui n'est pas au meilleur de sa forme... ou comment mieux brader le patrimoine national ! En somme, le peuple espagnol souffre déjà et va encore souffrir des conséquences d'une crise qui n'est pas de son fait, mais de celle d'institutions financières devenues folles ! 

Et après l'Espagne, ce sera probablement l'Italie puis la France... et le fait que la présidente du FMI se nomme Christine Lagarde ne changera probablement pas grand chose à l'affaire... Dominique Strauss Kahn ne s'est pas gêné pour imposer des réformes sévères aux pays en difficulté... et Lagarde s'est même vanté de ne pas être aux ordres de l'Europe.

Il y a de fortes chances malheureusement que la France ne soit pas épargnée par la crise grecque et qu'elle en sera, comme le Portugal et l'Espagne, mais aussi l'Italie, une victime collatérale de cette crise, au plus grand bénéfice de ces mêmes banques qui étaient au bord du gouffre et renouent avec les bénéfices ! Quel que soit le Président élu en 2012, il va certainement être amené à prendre des mesures impopulaires, imposées par le FMI, qui ne vont pas en plus, sûrement, comme on a pu le voir avec la Grèce, apporter de l'oxygène à notre pays, sinon enfoncer encore plus les français dans la misère et le chômage de masse. 


Lire l'article complet, et les commentaires