La Méditerranée n’est pas loin de l’Atlantique…

par Michel Santi
mercredi 10 février 2010

A des années lumière de la Grèce, Washington et Wall Street ne se rendent pas (encore) compte qu’une contamination éventuelle de cette maladie, revenant à une simple perte de confiance des investisseurs en la capacité des Etats à rembourser leurs dettes, saperait l’ensemble des efforts et plans de sauvetage mis en place à grands frais ! 

 L’effet de contagion (ou de dominos) est pourtant consubstantiel aux marchés financiers, l’avant dernière conflagration d’importance ayant démarré en 1997 par la décapitation de la quasi totalité des monnaies du Sud-Est Asiatique pour finir en apothéose par l’effondrement d’une institution financière majeure dans le domaine des produits dérivés non sans avoir acculé l’Etat Russe à la banqueroute virtuelle... L’épidémie suivante ayant quant à elle été inaugurée une décennie plus tard par une liquéfaction du marché immobilier Américain ayant très rapidement infecté le marché du crédit mondial, vital pour l’activité économique, tout en décimant les Bourses du monde dit "développé" !

Aujourd’hui, notre système financier, mortellement touché par cette dernière crise, est toutefois maintenu sous respiration artificielle grâce à des analgésiques qui, loin de soigner le mal, ne font que calmer les douleurs en remettant à une date ultérieure la résolution de questions cruciales. Cependant, le problème est que cet acharnement thérapeutique n’a été rendu possible que du fait d’endettements Etatiques exponentiels ayant bénéficié de la complaisance d’investisseurs et de spéculateurs ayant jusque là joué le jeu de se porter acquéreurs de ces papiers valeurs émis par les Trésors respectifs de ces Etats avides de déficits.


Que se passe-t-il aujourd’hui en Grèce : ces mêmes investisseurs ont-ils subitement pris conscience de cette manière absurde et superficielle de relancer une activité économique ou commencent-ils prosaïquement à gagner moins d’argent sur ces opérations obligataires ? Toujours est-il que le marché de la dette souveraine se retrouve actuellement et au niveau mondial sur un siège éjectable, les festivités ayant été lancées par la Grèce qui a dû monter ses taux d’intérêts de plus de 60% en quatre mois (de 4.40 à environ 7.15%) afin de pouvoir continuer à se financer !

Dans cette course effrénée et sans merci que se livrent ces Etats assoiffés de liquidités, les Bons du Trésor Américain ont jusqu’à présent, - et grâce à la sollicitude chinoise - constitué une valeur refuge par excellence ayant conduit les investisseurs Asiatiques (et du reste du monde) à être même disposés à payer une surprime afin de s’en procurer. Pourtant, ce même mal qui touche aujourd’hui la Grèce (et demain d’autres pays Européens) fait des ravages aux Etats-Unis dont les déficits, autrement plus graves que les chiffres grecs, sont de l’ordre de 1’400 milliards de dollars pour 2009 et pour 2010.

Les Etats-Unis n’ont-ils pas grossièrement éludé jusqu’à présent, ignorant princièrement l’impact potentiellement ravageur de leurs déficits monstrueux sur la confiance des investisseurs et sur leur bon vouloir de continuer à financer le train de vie Américain ? Pourquoi cette vague en provenance de Grèce ne se transformerait-elle pas en tsunami inondant les Etats-Unis ?

Un effondrement obligataire, pouvant survenir du jour au lendemain, aurait des conséquences désastreuses sur une économie déjà chancelante via l’augmentation des coûts de financement des crédits immobiliers et à la consommation qui devraient suivre une logique envolée des taux des Bons du Trésor US... Difficile, voire impossible, d’imaginer des coûts de financement Américains en hausse de 60% !
 

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