La pensée à « somme nulle »

par Spartacus Lequidam
jeudi 31 août 2017

Plusieurs débats politiques économiques et politiques, en apparence indépendants, tels que les inégalités, le positionnement politique, les politiques fiscales de prélèvement ou redistribution, les inégalités, les revenus, sont des aspects du même problème sous-jacent. 

C’est la méthode de la pensée. La pensée à somme nulle.

Une pensée à somme nulle est une pensée en circuit fermé. Cela signifie que le remplissage d’un côté est un écoulement strictement identique de l’autre côté.

Dans le débat public, les questions formulées en termes d'équité ou d'égalité, la pensée à somme nulle éclos et transparait régulièrement.

Si le PDG de Renault-Nissan gagne plus d'argent, dans la pensée à somme nulle, (vase communiquant) la candidate à la présidentielle de lutte ouvrière Nathalie Arthaud, en citant Carlos Goshn dans le débat vous a expliqué et vous a amené à faire croire que tous les travailleurs de Renault doivent en avoir forcement moins. 

Dans les faits, le salaire des employés de Renault ne dépend absolument pas du revenu de son PDG, ni des dividendes des actionnaires, mais uniquement de leur contrat de travail, de leur qualification ou de leur capacité à y répondre...

Bien au contraire, une partie « marginale » de leur revenu (prime d’intéressement ou prime de participation) augmente leurs revenus quand le PDG réussit à faire augmenter les bénéfices...

Personne n’est jaloux que des salariés de Renault-Nissan gagnent plus, alors pourquoi être jaloux que son PDG qui gagne plus. L’important est que les salariés gagnent bien leur vie, pas que le patron soit jeté en pâture parce qu’il gagne beaucoup. Si l’objectif est la recherche de l’égalitarisme, et le découragement du patron à chercher son profit, tous les salariés du groupe seront tous plus pauvres.

Nathalie Arnault n’est pas motivée par le bien être des ouvriers, mais uniquement par ses pulsions confiscatoires idéologiques. Le PDG de Renault n’étant en rien responsable des malheurs des pauvres sur terre, mais plutôt de l’enrichissement partagé des centaines de milliers de salariés des marques de son groupe.

Que le PDG de Renault gagne beaucoup d’argent, tant mieux pour lui. Cela n’empêche pas le salarié de Renault d’acheter son pavillon avec piscine et d’y être tout aussi heureux et ne pas jalouser son employeur. Le bonheur ne se mesure pas à la quantité matérielle de son patrimoine.

La pulsion qui fonde le socialisme naît virtuellement avec le raisonnement à somme nulle, et c’est le socialisme qui pourri notre civilisation.

La réaction la plus humaine et naturelle est souvent de considérer les questions courantes de la vie en termes de pensée à somme nulle. 

Nous avons tendance à raisonner en valeur fixe, sur l’argent, les distances, les mesures, les chiffrages quotidiens. La réflexion à somme nulle est un réflexe conditionné par l’habitude. Il a l’avantage d’être simple et simpliste. C’est le raisonnement des vases communicants en circuit fermé. 

La compréhension des problèmes sociaux, nécessite elle, une ouverture d’esprit et le raisonnement à somme nulle, est dans bien des cas inadapté. 

Raisonner différemment nécessite plus d’effort ou d’expérience.

Nos esprits évoluent dans un monde global et dans un environnement à somme nulle, avec peu de croissance. Pour la plupart des décisions quotidiennes, un raisonnement d’un jeu à somme nulle est adéquat.

Le mieux pour se remettre en question est de faire une analogie avec la théorie de la terre plate. Pour la plupart des décisions, la pensée terre à terre et à valeur constante est adaptée. Même le niveau à bulle indique que la terre est plate. De même, le jeu à somme nulle décrit de nombreuses décisions à court terme.

Par contre si vous prenez de la hauteur comme le pilote d’avion de ligne, vous vous rendez compte que la terre est ronde et que le schéma de pensée à somme nulle n’est pas une référence et un raisonnement parfait. Le monde comme l’économie n'est pas un jeu à somme nulle.

Étant donné que les personnes les plus talentueuses ou productives créent plus de valeur, tout le monde en bénéficie et c’est la richesse globale qui s’agrandit. La richesse est une création générée par l’échange.

La richesse est toujours une création. Ce n’est jamais un vase communiquant.

Si vous prenez un bâton en V et ajoutez un élastique pour en faire un lance-pierre. Vous vendez le lance-pierre 3€ à Jacques.

Jacques vous a donné 3€ et n’est pas moins riche. Il est propriétaire d’une lance pierre estimé à 3 €. Vous êtes maintenant propriétaire de la somme de 3€ que vous a donné Jacques.

La transaction a généré 3€ de richesse que vous avez encaissée. La richesse générale est passée par l’échange de 3€ à 6€ et personne n’est plus pauvre.

L’échange et le commerce comme vous le constatez, n’est pas un jeu à somme nulle ni un vase communiquant comme veulent le faire croire les idéologies gauchistes basées sur l’encensement de la jalousie. L’échange marchand est acte social et solidaire et le profit est la motivation majeure de faire de son mieux pour satisfaire son prochain.

L’échange crée toujours de la valeur. La grande méprise par une majorité de nos concitoyens est de penser que l’économie est un jeu à somme nulle, Que le gain de l'un constituerait obligatoirement une perte pour l'autre. C’est sur cette ineptie que germe le socialisme et souvent prend sa source

Certaines personnes gagneront plus parce qu'elles sont plus capables ou plus indispensables que d'autres. L'argent disponible pour les revenus n'est pas un gâteau fixe à répartir. 

C’est la productivité totale de l'économie qui détermine la richesse globale.

Les grandes différences de revenus signifient que des personnes sont allouées aux activités où leur productivité est la plus élevée et que d’autres ne l’on pas trouvé une place aussi pertinente pour s’enrichir. L’important pour elle est qu’elles trouvent un épanouissement personnel, pas que ceux qui réussissent s’appauvrissent. Plus des personnes sont capables de générer de l’enrichissement, plus la tarte s’agrandit plus il y a à partager. Rêver de supprimer les talents bien alloués, ne fait que réduire la tarte collective.

En général, la pensée à somme nulle, est probablement la source de la plupart des erreurs de compréhension économique.

Si les profs d’économie comme Nathalie Artaud étaient capable d’enseigner que le monde n'est pas un jeu à somme nulle, plutôt que d’attiser les bases pulsions confiscatoires, nous aurions un monde meilleur et plus libéral.


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