Le pic pétrolier aurait été passé en 2007

par Aerobar Films
mardi 6 mai 2008

Le dernier bulletin d’ASPO-Irlande, une association d’anciens géologues du secteur pétrolier, annonce que, selon son dernier modèle de production pétrolière mondiale, le pic pétrolier (peak oil) aurait été franchi l’année dernière.

Selon sa dénomination officielle (Association for the Study of Peak Oil and Gas), l’ASPO devrait déjà s’appeler l’ASPOG.

Cette association de géologues à la retraite s’échine depuis plusieurs années à prévoir la date du maximum de production pétrolière (peak oil). Son président, le médiatique Dr Colin Campbell, avait copublié dès 1998 un article retentissant sur l’imminence du pic pétrolier dans la revue Scientific American (Pour la Science en version française).

Si on en croit la célèbre courbe actualisée qui décore sa dernière newsletter, il va falloir plutôt la rebaptiser ASRUP : Association for the Study of the Real Undulated Plateau.




La raison de ce plafonnement provient d’une amélioration notable du modèle utilisé par ASPO-Irlande pour établir cette courbe. Comme il est dit sur son site :
"Cette révision est fondée sur une mise à jour de la situation en eau profonde, modifiant ainsi la version précédente qui datait de 2005. Le modèle distingue les 4 grands pays produisant en eau profonde (Angola, Brésil, Nigéria et Etats-Unis) et agrège les autres ensemble. La version précédente tenait compte d’une production totale ultime de 68 Gb, qui a été portée à 85 Gb. Le modèle précédent était fondé sur les courbes de déplétion de Hubbert, mais cette approche a été abandonnée en reconnaissant que le taux de production en eau profonde est probablement contraint par la capacité des installations de production de surface, ce qui aboutit plutôt à un plateau qu’à un pic. Le pétrole en eau profonde est très coûteux à produire, et l’investissement est le facteur limitant."
Il était plus que temps de mettre à la poubelle ces très élégantes courbes en cloche qui ont certes permis à Marion King Hubbert de prévoir le maximum de production pétrolière étatsunien, à l’époque où l’infrastructure de production ne coûtait rien ou presque, mais qui sont totalement inadaptées à la prospective dans un monde moderne et fini où tout devient rare : les ressources, les équipements, le savoir-faire... et les investisseurs.

Cette révision du modèle a pour effet remarquable d’envoyer le pic dans le passé, en 2007 : comme le dit un peu plus loin le rédacteur de l’article, "la seconde moitié de l’Age du Pétrole a commencé".

Il est donc officiellement établi que le pic est passé pour la communauté piquiste : pour elle, la newsletter de l’ASPO-Irlande tient presque de l’évangile.

On notera également que, avec une prévision de date de pic qui passe d’un mois sur l’autre de 2010 à 2007, notre point de vue sur l’erreur du pic s’en trouve encore plus conforté.

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