Les fluctuations de la Bourse ou comment la spéculation peut rapporter gros...

par Nicolas
mercredi 9 avril 2008

Un coup en haut, un coup en bas, la bourse monte et puis descend. La stabilité et l’équilibre ne font pas partie de son vocabulaire.
Les variations de nos systèmes de production, de notre croissance, seraient-ils donc si important pour justifier de telles variations ?
La Bourse est-elle vraiment le reflet des valeurs des entreprises qu’elle représente ?

Pour comprendre ce qui suit un petit détour par les méthodes d’investissement boursier seront nécessaires....

Un point important à savoir c’est que l’on peut gagner de l’argent lorsque la Bourse baisse. Eh oui, aussi surprenant que cela puisse paraître, on peut s’enrichir lors d’une crise !
Comment ?
En Bourse, on peut vendre alors que l’on ne possède pas le bien et le revendre plus tard. Exemple :
Je vends des parts de la société X au 1er janvier et je les achète au 22 janvier, si la valeur de la société a baissé entre-temps, eh bien j’empoche la différence. Je gagne de l’argent alors que la valeur de la société a baissé !
C’est de la spéculation classique et tous les livres pour « jouer en Bourse » vous en donnent la méthode.

Un bon trader sait donc gagner de l’argent quand le marché monte et aussi quand il descend.
La première évidence qu’on en déduit, c’est que la baisse actuelle des Bourses n’a certainement pas fait que des malheureux.

Si les salariés de la city ont quand même touché 9,3 milliards d’euros de bonus après l’affaire des « subprimes », c’est peut-être que les pertes n’étaient pas les mêmes pour tout le monde.

Autres détails intéressants : lorsque l’on « joue à la baisse », on vend en début de mois et l’on revend en fin de mois. En effet, l’opération de vente d’un titre que l’on ne possède pas engendre un coût supplémentaire lié à l’emprunt des titres. La liquidation ou le report de l’emprunt se fait en fin de mois (pour plus détails c’est ici).

Si l’on regarde la courbe du CAC40 sur la période fin 2007 début 2008 (voir schéma ci-dessous), que constate-t-on ? La plus forte baisse a commencé début janvier pour se calmer sérieusement vers le 22 janvier, surprenant !
Le schéma est similaire sur les autres indices boursiers mondiaux.


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Pourquoi une chute si rapide en début de mois et pourquoi un arrêt si brutal.
Ce que l’on constate, c’est que pour la chute il n’y a pas vraiment eu d’événements médiatiques déclencheurs.
Par contre, sur le plan financier, tout laissait présager ce qui allait ce passer : inquiétude sur les marchés à cause de la crise des subprimes, augmentation du prix du pétrole et, surtout, les indicateurs techniques (les outils du spéculateur) indiquaient une baisse éminente.

Si vous êtes un spécialiste de la finance et que vous voyez que le marché va baisser et risque même de baisser très fort, et qu’en plus on est en début de mois vous faites quoi ?
Vous jouez à la baisse.
Il y a fort à parier qu’au-delà des effets de la conjoncture de nombreux spéculateurs ont joué à la baisse. Et, au vu de l’ampleur de la baisse et des volumes du 22 janvier, de gros investisseurs s’y sont mis aussi.
Des spéculateurs qui jouent à la baisse, des gestionnaires qui retirent leur investissement avant de perdre plus (ou de gagner moins) et c’est parti, c’est la chute.
Pour l’arrêt brutal, on retrouvera l’événement médiatique concernant la baisse importante des taux directeurs de la Fed (banque centrale des États-Unis). Ca tombait bien car la date de clôture du mois boursier (pour ceux qui jouaient à la baisse) était fixée au 25 janvier ! Deux raisons suffisantes pour fermer les positions et faire les comptes.

Qui a gagné quelque chose dans l’opération, c’est évident :
- ceux qui ont vendu plus cher que leur prix d’achat ;
- ceux qui ont joué à la baisse.
Bref, tous ceux qui ont vu venir la baisse et dans ce groupe les financiers ne sont pas mal placés.

Si les financiers et les spéculateurs ont pu gagner de l’argent, qui en a perdu ?
Tous ceux qui ont investi ces trois dernières années et qui n’ont pas vendu avant la crise parce qu’ils investissaient sur du long terme.
Au niveau mondial, ça concerne principalement tous les travailleurs qui placent leur argent dans les fonds de pension pour leurs retraites et pour nous, Français, nos fameuses assurance-vie.

Connaissez-vous l’amendement Fourgous ?
Cet amendement a permis à partir d’août 2005 de transformer votre assurance-vie mono-support en contrat multi-supports, autrement dit en action.
Pour information, l’assurance-vie représentait en 2005 en France 100 milliard d’euros de chiffres d’affaires, et c’est un contrat qui est proposé sur toute la planète (source : Fanaf).
Si vous aviez souscrit un contrat d’assurance-vie avant 2005, vous devez certainement vous souvenir de l’insistance de votre banque pour vous faire passer en multi-supports et donc investir en Bourse.

Maintenant, si vous regardez la courbe du CAC40 (schéma ci-dessous) vous constaterez que sa valeur avant le rebond au 17 mars 2008 était redescendue à sa valeur de... juillet 2005 !

Autrement dit, tous ceux qui ont investi en Bourse sur du long terme à partir de juillet 2005 ont perdu de l’argent le 17 mars. Et, donc, tous les investissements faits à partir de votre assurance-vie convertie en support action sont perdants.
Vous aviez une assurance-vie multi-supports, alors vous avez aidé à « éponger » la crise des subprimes, les financiers vous remercient.
Evidemment, quand on vous a proposé d’investir en Bourse, il était sous-entendu que vous gagneriez de l’argent que si les actions montent, pas si elles descendent.
Non, si vous voulez des bénéfices, quelle que soit l’évolution de la Bourse, c’est aux spéculateurs qu’il faut s’adresser. Et, eux, c’est pour les grosses structures financières qu’ils travaillent.
Il existe les crédits à la consommation pour spolier les plus pauvres et la Bourse pour spolier les autres. Faites votre choix.

Remarques :

- Vous aurez noté au passage l’importance des médias dans les évolutions de la Bourse : si vous maîtrisez l’information, vous maîtrisez la Bourse.
On constate aujourd’hui combien les financiers ont la mainmise sur l’information. Pour avoir tous les détails, je vous conseille l’excellent site : http://forestent.free.fr/

- Les volumes échangés le 22 janvier 2008 sur le CAC40 (le jour de l’arrêt de la chute) sont les plus importants de l’histoire du CAC40.

Liens :

- Les bonus des traders de la city :
http://www.liberation.fr/actualite/economie_terre/274840.FR.php
http://www.rue89.com/panier-du-manager/les-traders-de-la-city-se-mettent-a-la-chirurgie-esthetique

- Au sujet de l’assurance-vie, lorsque l’on fait une recherche sur Google avec les mots « assurance-vie action », la troisième réponse qui ne soit pas publicitaire :
http://fr.biz.yahoo.com/patrimoine/assurance/200066759.html
Cette page est parue avant la crise que nous connaissons, c’est un bon exemple du mauvais conseil de « spécialiste ».

- Pour relire les principales informations financières au jour le jour au mois de janvier 2008 :
http://www.votreargent.fr/bourse/articles/actusociete.asp?id=189836&p=6


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