Les Franšais carbonisÚs

par olivier cabanel
vendredi 4 septembre 2009

La taxe carbone fait débat.

Les Français se disent à 66% opposés à ce nouvel impôt, et 77 % le jugent inefficace.

Il est temps de faire le point.

De quoi s’agit-il ?

Il s’agit de taxer les énergies polluantes qui contribuent au réchauffement planétaire.

Mais si l’on y regarde de plus près, l’électricité (dont la plus grande partie produite en France est d’origine nucléaire) n’est pas prévue dans ce programme, elle ne sera pas taxée, elle est même subventionnée par l’état. lien.

Pourtant, il n’est pas difficile de démontrer que le nucléaire est une énergie polluante « remember Tchernobyl ».

Il n’est pas non plus difficile de prouver que le nucléaire produit du CO2. lien

Pourquoi donc l’écarter de ce projet de taxe ?

Tournons nous maintenant vers les énergies produisant l’effet de serre.

Bien sur le CO2 en fait partie, mais a y regarder de plus près, il est bien moins préoccupant que le méthane lequel contribue 23 fois plus que le CO2 au réchauffement climatique. lien

Les plaisantins proposeront de mettre un bouchon au cul des vaches.

Des chercheurs se proposent le plus sérieusement du monde de faire consommer aux vaches un produit qui empêcherait la production de méthane.

Soyons sérieux.

Le méthane produit par les ruminants n’est qu’une petite partie émergente de l’iceberg.. en train d’ailleurs de fondre.

En Arctique, d’autres scientifiques ont constaté l’apparition de ce qu’ils appellent « des cheminées à méthane » : le méthane qui était piégé par le pergélisol depuis des millions d’années, est en train de partir dans l’atmosphère à gros bouillons.

Voir mon article sur le sujet.

D’après l’encyclopédie Britannica, on apprend que la concentration atmosphérique moyenne de méthane est équivalente à 3 millions de tonnes de carbone.

Or le pergélisol en contient 3000 fois plus, ce qui correspond à 10 trillons de tonnes équivalent carbone.

Ne serait-il pas plus intelligent de récupérer le méthane que nous produisons en quantité et de l’utiliser comme carburant, plutôt que de le laisser partir dans l’atmosphère ?

Sur les 276 millions de tonnes équivalent pétrole que nous consommons chaque année, le méthane récupéré pourrait en représenter 90.

Revenons à la décision.

Il y a au gouvernement une nouvelle cacophonie.

Cacophonie inévitable lorsqu’un Président ne permet pas au Premier Ministre d’exercer pleinement son rôle.

François Fillon avait, il y a quelques jours, affirmé que la taxe était inéluctable.

Or, après sa rencontre avec Sarkozy le 3 septembre, Cécile Duflot, secrétaire nationale des verts affirme que le Chef de l’état n’a rien dit de semblable, évoquant que le débat était en cours.

Borloo, le Gainsbourg gouvernemental (dixit Sarkozy) préfère prendre le large, et va faire un petit tour à Tahiti.

Ségolène rentre dans le jeu, affirmant que cette taxe est injuste, puisqu’elle s’en prend aux plus pauvres des Français, qui n’auront jamais les moyens de s’acheter une voiture moins polluante.

Les plus touchés seront les ruraux, les banlieues, les travailleurs atypiques.

Le gouvernement propose de supprimer en échange la taxe professionnelle : on prend donc d’un côté, et l’on donne de l’autre.

Mais le hic, c’est que l’on prend au plus pauvres, et que l’on donne aux entreprises.

A ce petit jeu de chaises musicales les Français n’y gagneront donc rien, sinon de payer un impôt de plus.

Bien sûr, le mot impôt arrache une grimace aux membres du gouvernement qui lui préfèrent d’autres mots, mais le résultat est le même.

Les 14% « décidés » par Fillon provoqueront l’augmentation du prix du carburant d’environ 3,37 centimes d’euros au litre.

Pour Nicolas Hulot, ils vont coûter aux français 100 € par an.

Peut-t-on croire raisonnablement qu’une taxe contribuera réellement à faire baisser le réchauffement planétaire ?

Ce n’est pas sérieux.

Nous connaissons les solutions.

Remplacer le pétrole par l’électricité d’origine solaire, ou par le méthane, semble une solution bien plus adaptée.

Mais cela ne fera pas plaisir au président Sarkozy, qui préfère de loin le nucléaire.

Car comme disait un vieil ami africain :

« L’argent n’est que la partie visible de la misère ».


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