Phase et emphase maniaque à l’Elysée, fin du capitalisme ailleurs

par Peuples.net
samedi 25 octobre 2008

L’Elysée, à défaut d’avoir des solutions au sujet de la crise actuelle, éructe. Les procès Staliniens des régimes autoritaires étant passés de mode, les procès courtelinesques et démocratiques meublent désormais notre PAF d’une façon assez convaincante, il faut le dire. La technique est dorée, magistral n’est ce pas ce lapsus ? la technique est donc rodée, connue, battue et rejouée à satiété. Les boucs émissaires reviennent donc sur le devant de la scène, ils se nomment ce coup-ci et dans le désordre, poupées Vaudou, Yves Bertrand, finance amorale, trader fou et parachutes dorés.

La sortie de crise avait été sifflée un peu trop tôt la semaine dernière, il y a fort à parier que les procès, les accusations et les postures moralisatrices vont continuer de plus belle dans les jours à venir. Car à vrai dire les cartouches ont déjà été tirées et nous ne constatons pas l’ombre d’une accalmie sur les marchés financiers. C’est très certainement la posture préférée de Nicolas Sarkozy, celle qui consiste à raconter des contines qui pointent directement aux abonnés présents dans les cortex limbiques frrançais. Une manipulation comme une autre sur l’autel médiatique du toujours plus fort.

Après quelques jours d’une toute puissance régalienne retrouvée, l’impuissance des Etats semble être à nouveau de mise. Il se passe donc bien quelque chose, c’est une évidence, mais quelle est la signification de ces bouleversements en cours ? Nous n’en avons pas encore la moindre idée à vrai dire. De quoi ou de qui cette crise se veut-elle être l’idole ?

Sarkozy n’ a donc pas de solutions, à court terme, pas même la nomination d’un nouveau gouvernement qui lui donnerai un peu le change, un gouvernement d’expert de la dernière chance aurait sans doute été à son goût. Mais que voulez-vous la France est encore pour quelque temps, le pays porte-parole de la CE. Alors, cela aurait fait mauvais genre de changer l’équipe, il fait donc contre mauvaise fortune, bon gré avec François Fillon comme Premier ministre trop souvent translucide à mon goût.


La phase maniaque de l’Elysée a donc débuté le 24 septembre 2008 grâce au discours guévariste de Sarkozy à Toulon. Ce discours a été écrit par Guaino et il a provoqué les foudres de BHL peu après. Sarkozy a donc fait accoucher la France et l’Europe d’un plan monstrueux du point de vue des montants engagés sans pour autant rassurer les marchés. On a injecté encore davantage de crédit dans une machine folle gavée d’un consumérisme aux abois. Ce plan allié à celui des USA, aurait selon certaines sources nourri l’humanité pendant cinquante ans...

Soit, il ne faut pas être un gourou de Wall-street pour vérifier que nous utilisons les méthodes classiques anciennes qui n’ont aucune efficacité aujourd’hui. A propos de Gourou, l’ex-Gourou de la FED américaine Alan Greenspan, qui porte sans aucun doute une grande part de responsabilité à la situation déclare : "J’ai trouvé une faille dans l’idéologie capitaliste. Je ne sais pas à quel point elle est significative ou durable, mais cela m’a plongé dans un grand désarroi." Le grand prescripteur de remèdes "prêts à l’emploi" a prescrit au serpent monétaire international de se mordre la queue. C’est à dire consumérisme pour les uns, misère pour les autres. Le résultat est patent, le serpent n’en finit pas de se mordre la queue. L’analogie finit là, je tient à vous rassurer.

Allez donc lire les rodomontades et autres transformées de Fourrier de ce vieux monsieur qui vient de découvrir l’eau tiède : le capitalisme actuel n’est pas bon pour nous et notre biotope. Le plus difficile à son âge est évidemment de se désavouer mais cela peut être compris aisément.

Mais alors, que se passe-t-il au juste ? bigre. Vous avez connu le communisme, ses murs, ses certitudes, ses crimes contre l’humanité maintenant dévoilés. Vous vous souvenez les enchanteurs etats-uniens de la fin des années 90 qui avaient proclamé la fin de l’Histoire et qui étaient prompts à s’égosiller et à s’épancher sur un nouveau modèle économique qui n’aurait plus de cycles baissiers, le tout sans inflation évidemment. Peut-être sommes-nous en train de voir s’écrouler à son tour le capitalisme, et ce pour des raisons qui nous échappent encore.

Cette débandade prend place sous l’oeil goguenard chinois, qui n’a que faire de cet outil encombrant nommé capitalisme, dont il ne comprend pas bien les règles mais qu’il utilise avec maestria puisque c’est l’outil de domination le plus usité.

Au-delà des certitudes à géométrie variables franco-françaises en vogue depuis le 24 septembre, nous avons fort à parier qu’une page majeure de l’histoire est en train de se tourner. La géopolitique va prendre sa revanche sur les divers modèles que nous avons connus jusqu’à présent. J’ai bien peur que ce qui se profile à l’horizon ne soit pas un bond en avant pour les libertés individuelles, mais pour paraphraser François Mitterrand et afin de rester optimiste : il faut s’efforcer de croire aux forces de l’esprit... Puisque de toute façon c’est nous qui allons payer l’addition.


Alan Greenspan, en plein désarroi




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