Quand EDF manque de psychologie...

par ÇaDérange
jeudi 31 juillet 2008

Vous avez sans doute appris qu’EDF avait réussi dans sa tentative de racheter British Energy mise en vente par les pouvoirs publics britanniques. Il s’agit de la société qui gère tous les équipements nucléaires britannique, mais qui manque cruellement d’argent  pour relancer le nucléaire en Grande-Bretagne comme vient d’en décider le gouvernement. La décision finale sur ce rachat doit être annoncée très bientôt, une fois que le Parlement en aura discuté.

Nous sommes dans une phase haussière des prix de vente de l’électricité en Grande-Bretagne. Or, c’est juste le moment qu’a choisi EDF Energy, la filiale existante d’EDF au Royaume-Uni, pour faire l’annonce d’une hausse de 17 % pour l’électricité et de 27 % pour le gaz qu’elle fournit à ses clients et, de plus, avec application immédiate ! La réaction ne s’est pas fait attendre. Alors que les Britanniques sont le peuple le plus tolérant de l’Union européenne vis-à-vis de la possession par des entreprises étrangères de ses sociétés traditionnelles, cette hausse brutale a réveillé les démons du nationalisme dans la presse anglaise et sur le sites internet.

Traditionnellement, on laisse le soin au leader du marché de faire passer les hausses, toujours impopulaires, au grand public. Ce n’était pas le cas d’EDF Energy qui ne détenait que 12 % du marché britannique avant le rachat de British Energy.

Depuis, les parlementaires, sans vouloir remettre en question le résultat d’une adjudication qui leur permettra de construire les nouvelles centrales nucléaires dont ils ont besoin, s’inquiètent de la proportion importante du marché de l’électricité primaire detenu par EDF (27 %). Tout cela se terminera peut-être par des engagements à construire plus de nouvelles centrales, à "fluidifier" les hausses sur le marché de gros... à moins que ce ne soit par une cession d’une part de British Energy au Britannique Centrica.

Bref une maladresse psychologique qui risque de coûter un peu d’argent à EDF...

NB : les Britanniques qui comprennent bien que les possibilités financières d’une société comme EDF face aux besoins de construction de centrales nouvelles sont forcement limitées, doivent s’étonner que nous ne nous servions pas d’abord en construisant celles dont nous-mêmes en France avons besoin. Une autre maladresse ou une vraie erreur de management ?


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