Que serais-je sans toi, Airbus, qui vins ma rencontre ?

par Denis Thomas
lundi 18 mars 2013

Ouf, il nous reste la construction aéronautique. Et ses clients « low cost ». Un contrat de plus de 18 milliards d’euros ça n’arrive pas tous les jours, c’est « historique », dit même François Hollande. « Pépère » a invité les signataires du contrat à sortir leurs stylos sous les ors de l’Elysée et s’est glissé en arrière plan de la photo de groupe.

Une occasion inespérée de faire rêver au moment où tous les doutes sont permis sur la conduite économique du pays. C’est encore mieux que le Mali ou la Syrie pour vanter le volontarisme français dans le cœur d’une opinion flageolante.

Reste que cette commande géante est très significative de l’air … du temps. L’ère des compagnies traditionnelles semble être définitivement révolue et en particulier dans la partie occidentale.

Comme l’a fait remarquer le locataire de l’Elysée l’affaire est historique « par le lien entre une grande entreprise européenne et une grande entreprise asiatique (….) parce qu’il ouvre des perspectives pour l’aéronautique mais également pour l’industrie entre nos deux continents ». Un revers pour l’Oncle Sam. Obama réfléchira à deux fois avant de se moquer des cravates de notre « Pépère »…

Lion Air, première compagnie aérienne indonésienne Lion Air a fait sa pelote dans le bas coût. Sa présente commande constitue une très grosse infidélité à l’américain Boeing à travers l’achat de 234 appareils de la famille des A320 du français Airbus ce qui devrait créer 5.000 nouveaux emplois sur le territoire sur 10 ans. Le plus gros contrat jamais empoché par quiconque dans le monde de l’aéronautique.

 

ECOLOGIQUE

En billet vert, la devise du monde de l’aéronautique, la commande s’élève à 24 milliards de dollars et dépasse celle passée à Boeing en novembre 2011 (22,4 milliards).

L’opération se veut raisonnable si ce n’est écologique. Elle porte sur 109 appareils A320 et 65 A321 « Neo », modèles moins gourmands en carburant, et soixante A320 classiques pour livraison entre 2014 et 2016 .

Du coup, selon les syndicats d’Airbus, le plan de charge de l’avionneur français est plein à ras bord pour 8,5 années : unique au monde. D’autres commandes étaient déjà arrivées avant celle de Lion Air et, en trois jours, Airbus à plus de 400 nouveaux avions à fabriquer.

Le malheur des uns fait donc le bonheur des autres. Si Lion Air peut se permettre de signer des chèques dignes du FMI pour reconstituer sa flotte, c’est bien parce qu’elle tire tous bénéfices d’une mondialisation galopante qui encourage le transport aérien, passagers et fret, dans sa version la plus draconienne question prix.

C’est cette mondialisation qui en fait voir de toutes les couleurs à l’industrie française. Celle qui reste, construction automobile, matériaux de construction, textile ou celle qui est déjà passé dans des mains étrangères comme dans celle de l’indien Mittal.

En dix ans, l’emploi industriel français a vu ses effectifs fondre de 10% soit 800.000 emplois. En janvier dernier, le solde du commerce extérieur de la France était en déficit de 5,862 milliards d’euros. Chiffre désolant mais néanmoins soutenu, comme d’habitude par les ventes d’Airbus … Avec les centrales nucléaires, les avions français (sauf les Rafale bien sûr) demeurent très prisés. C'est Noël !


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