Surcouf n’est plus vendre, Surcouf est « disparaitre »

par Pelletier Jean
mercredi 10 octobre 2012

Les dégâts, occasionnés par le capitalisme sauvage et désordonné, sont une fois de plus la source de souffrances et de graves difficultés pour des hommes et des femmes dont le seul tort est d’être salariés de cette enseigne là. Surcouf n’est plus à vendre, car Surcouf est condamné à la liquidation pure et simple.

C’est malheureusement un feuilleton à plusieurs épisodes. Déjà en 2009, il y a trois ans le dénommé François Pinault (l’homme le plus riche d e France) avait décidé de se débarrasser de l’enseigne de distribution de matériels High Tech et informatique. Comme aujourd’hui, il cherche encore à couler deux autres prestigieuses enseignes de France : La Fnac et la Redoute.

Bref, en 2009 le groupe dit PPR (Pinault Printemps Redoute) a cédé Surcouf à un autre patronyme des célébrités richissimes de France, à Hughes Mulliez, petit fils du fondateur du groupe Auchan. Vous savez bien cette famille qui habite en Belgique pour payer moins d’impôt ! Mais qui achète à prix d’or des résidences secondaires en France pour leurs vacances.

En 2010, le groupe avait affiché une perte sèche de 20 millions d’euros sur un chiffre d’affaire de 160 millions d’euros. Ce résultat avait été immédiatement suivi par l’annonce d’un plan social et la fermeture de deux magasins.

Depuis février de cette année, l’inquiétude est grande dans le groupe qui emploie encore 390 personnes et dont le siège social est à Lille. Car l’entreprise est en redressement judiciaire. Un pâle espoir s’était manifesté dans le cours du mois de juin avec le projet de sauver au moins trois magasins à Paris (Haussmann), à Bordeaux (Mérignac) et à Lille (Molinel), projet qui n’a pas abouti.

Depuis il semble qu’aucun candidat à la reprise ne se soit manifesté. De sources sûres en provenance du comité central d’entreprise, qui s’est tenu aujourd’hui, le mandataire judiciaire a annoncé, que dans ces conditions, il ne lui reste plus qu’à prononcer la mise en liquidation de Surcouf dès ce mercredi au tribunal de commerce. Ce n’est, ni plus ni moins que l’annonce de la fin de ce groupe et la mort sociale de ses 390 salariés.

Quel bel exploit capitalistique, le propriétaire Hugues Mulliez n’ayant pu déclarer que : « Malgré de nombreux contacts et échanges avec de potentiels repreneurs, le délai court imparti et la complexité des cessions de baux n'ont pas permis de répondre à nos attentes notamment en terme de préservation d'emplois »…cette déclaration de la direction nous laisse pantois.

Désormais le risque majeur, somme toute bien orchestré, c’est qu’une fois les salariés licenciés un repreneur se manifeste pour les seuls actifs de l’enseigne.

Et pour n’étonner personne : la direction n’a pas souhaité communiquer pour l’instant, selon la formule, hélas, trop consacrée !


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