Total, ses 12 milliards de bénéfices et son crédit d’impôt...
par Napakatbra
mardi 15 avril 2008
Total est de loin la première entreprise française. 12 milliards de bénéfices, rien que ça ! Fleuron de l’économie hexagonale qui rapporte à l’Etat un petit pactole en impôts sur les sociétés ? Il semblerait bien que non... D’après l’hebdomadaire Marianne, en 2006, la holding basée en France affiche un crédit d’impôts.
100 milliards d’euros, c’est à peu de choses près la somme des bénéfices des entreprises du Cac 40 pour l’année 2007. Si toutes ces sociétés payaient l’impôt sur les sociétés, alors l’Etat récolterait 33 milliards d’euros, rien que pour elles. Mais, en réalité, ce ne sont que 6 milliards d’euros qui leur sont prélevés, sur un total, à l’échelle du pays, de 49 milliards pour cet impôt. 6 milliards au lieu de 33 milliards... car un certain nombre de grosses entreprises négocient directement leur taux d’imposition avec l’Etat. C’est légal, c’est génial, et ça s’appelle le bénéfice mondial consolidé (BMC).
Le groupe pétrolier Total, plus grande entreprise française, a réalisé en 2007 un bénéfice net de 12 milliards d’euros, sans compter les provisions d’au moins un milliard. Mais, au titre du BMC, le groupe paie une grosse partie de ses impôts aux pays producteurs, et une toute petite partie aux pays consommateurs, de l’ordre de 10 %. La justification de ce mécanisme est simple : un groupe international réalise des profits dans plusieurs pays et doit donc payer ses impôts dans plusieurs pays. Total a toujours clamé que la part de son activité française dans son résultat était minime, aux alentours de 5 %. Mais l’UFC-Que-Choisir (fév. 2008) a enquêté et évoque plutôt un chiffre de 20 %, expliquant que la différence calculée par le pétrolier était dû à un "malheureux oubli" de sa part.
Toujours est-il que le montant du chèque que Total signe tous les ans à l’Etat français au titre de l’impôt sur les sociétés est secret, archi-secret ! Le Canard enchaîné a plusieurs fois effleuré la question, évoquant des montants du même ordre que ceux de Marianne, dans son édition du 17 novembre 2007 passée totalement inaperçue, qui cite Thierry Desmarets, ex-PDG du groupe Total : "Vous donner le montant des bénéfices de Total en France ou celui de son chèque au trésor ? Cela pourrait être mal interprété". Et, en conclusion, l’hebdo affirme qu’ "en 2006, la holding basée en France affiche un crédit d’impôts de 200 millions d’euros, après 700 en 2005. Voilà qui, en effet, pourrait être très, très mal interprété."
En effet...
Alors si, en plus, Total ne paie pas d’impôts... Espérons sincèrement que tout le monde se trompe. Il suffirait pour en avoir le cœur net que l’Etat et Total décident de publier les chiffres. Transparence... En attendant, vous reprendrez bien un petit verre de "Sans-Plomb" ? Les cacahuètes sont offertes...
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