Travailleurs détachés

par observons observons
mardi 29 avril 2014

C'est plutôt une réflexion qu'un article à proprement parlé.

300 000 travailleurs détachés oeuvrent en ce moment même sur notre territoire.

La plupart du temps sur des chantiers de constructions.

Ils sont originaires très souvent des pays "de l'Est".

Dans la ville où je demeure, je les croise le matin, entre 06h30 07h30 à attendre par groupe de deux ou trois le fourgon, au logo d'entreprise locale ayant pignon sur rue, qui les emmène sur les chantiers.

Je les retrouve le soir, vers 19h30 - 20h00 dans la seule grande surface encore ouverte à cette heure et ils y font leurs achats de nourriture et boissons. surtout boissons dois-je dire pour être honnête.

Je me suis, un peu, intéressé à leur existence ici et chez eux, pas facile car peu parlent la langue française mais j'ai quand même réussi à savoir qu'ils étaient envoyé par des sociétés de leur propre pays qui leur verse un salaire forfaitaire.

Impossible de savoir le montant et le nombre réel d'heures effectuées (mais en partant à 06h30 et en revenant à 19h30, il est peu probable qu'ils ne fassent que 35 heures par semaines...) mais un chef d'une petite entreprise me disait récemment que c''était la première fois qu'il voyait quelqu'un courir pour aller chercher une pelle...

Esclaves du monde moderne. 

Se pose la question suivante :

Pour qu'il y ait un esclave ne faut-il pas qu'il y ait un maître ?

Quelqu'un qui, dans un bureau en France, signe un contrat en connaissant plus ou moins exactement de quoi il retourne.

Qui, chez GAD,a signé le contrat de sous-traitance avec une entreprise roumaine pour la fourniture de 100 intérimaires pour une durée de six mois ?

Combien de Monsieur Dupont, propre sur lui, aux mains sales ?

Un autre aspect du problème :

En cette période délicate sur "le front de l'emploi, je voudrais juste faire ici un petit calcul arithmétique simple :

300 000 x 1128€ net mensuel x 12 mois ça fait 4060 800 000.00€

dont 50% (c'est un minimum) terminent leurs courses dans les pays d'où sont originaires les travailleurs détachés.

Les 50% restant ne servant qu'au logement (location) et à l'alimentation.

Pas d'achats de biens durables ni de biens tout court.

Donc, cet argent ne fait qu'engraisser, si je puis dire, les multinationales de l'agro-alimentaire et des loueurs de m2 pour sommeil pesant.

300 000 postes de travail occupés par des travailleurs détachés ça fait 300 000 chômeurs français sans emploi.

Comme dans ces pays 'de l'Est', dans notre pays un chômeur est une des composante d'un foyer.

On peut donc considérer que ces 300 000 postes, s'ils étaient dévolus préférentiellement (...aïe...je me prépare une volée de bois vert) à des locaux permettraient à plus ou moins 600 à 800 000 personnes de vivre ou de vivre mieux.

C'est là tout le problème de l'Europe d'aujourd'hui.

l'Europe des marchands qui, quand ils ne peuvent pas délocaliser l'emploi délocalisent l'employé.


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