Après la malbouffe, la malfringue !

par lucdelporte
lundi 5 janvier 2009

La malbouffe, tout le monde connaît. La malfringue, c’est le même concept appliqué à la mode. Comment peut-on produire et acheter de meilleure qualité et dans le respect du développement durable, voilà la combat mené par Carlo Petrini, sociologue à l’origine du concept.

Et c’est le même sociologue italien qui se cache derrière ces 2 concepts critiques de nos modes de consommation de l’aliment, et désormais, de l’habillage. Carlo Petrini, déjà créateur du concept de "Slow Food", qui s’oppose de manière frontale au fast food, rempile en s’en prenant au secteur de la mode, qui lui aussi doit se plier aux exigences du développement durable, et pour ce faire, il évoque notamment la piste des fibres naturelles (organic textile en V.O).

Car comment fonctionne la mode aujourd’hui, finalement ? Eh bien ce n’est pas glorieux. Entre les matériaux utilisés (plastiques, synthétiques), souvent issus de l’industrie pétrochimique, les lieux de fabrication (pays en voie de développement et/ou peu respecteux du droit du travail), le transport nécessaire jusqu’au boutiques (bateau, avion, camion), c’est peu de dire que la mode est au dernier rang du développement durable. Certes, nombreuses sont les initiatives qui visent à produire localement, dans le respect de l’environnement (nombreuses marques bio), mais leurs prix sont plus cher que la moyenne, les points de ventes sont moins nombreux, bref, c’est une économie qui ne peut pas (encore ?) satisfaire un marché de masse.

Aussi l’initiative de Carlo Petreni est-elle intéressante. "S’habiller est un acte agricole comme manger est un acte agricole, juge-t-il. Nous ne devons plus nous vêtir avec du pétrole et faire en sorte que les fibres naturelles ne voyagent pas à travers le monde et servent d’abord à habiller la population locale et pas simplement les riches." (Le Monde).

Les fibres naturelles, kézako ? C’est assez simple, il s’agit de fibres textiles issus de deux grandes familles (Wikipédia) :

L’histoire de l’homme est parsemée de vêtements, de cordages et de papiers en fibre naturelle, ce n’est qu’à partir de l’après-guerre que les fibres synthétiques (à base d’hydrocarbures et d’amidon). La lutte contre la malfringue menée par Carlo Petrini peut tout de même trouver sa place : avec les variations du prix du pétrole, l’exigence du développement durable et des conditions législatives plus strictes (avec REACH, peut-être avancera-t-on un peu sur les risques des produits synthétiques), l’époque est propice à la redécouverte de ces fibres naturelles qui sont un acte de consommaction. Et la France est plutôt bien placée puisqu’elle est le premier producteur européen de fibres de chanvre, par exemple.

Luc, Consommaction


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