Auto : le bonus/malus change la donne !

par ÇaDérange
mercredi 5 mars 2008

Depuis le 5 décembre 2007 (pour les commandes) et le 1er janvier 2008 (pour les livraisons) et à la suite du Grenelle de l’environnement, le gouvernement français a mis en place un système de bonus/malus qui affecte le prix de différents modèles de voitures en fonction de leurs émissions de CO2. Le montant de ces bonus et malus est relativement important puisqu’il varie de 700 euros de bonus à 2 600 euros de malus en fonction des émissions de CO2 du véhicule.

Pour avoir le bonus de 700 euros, il faut émettre moins de 120 g de CO2 au km, puis on passe à 200 euros de bonus seulement de 120 à 130 g/km. Ensuite, il n’y a ni bonus ni malus entre 130 et 160 g/km de CO2 puis on passe dans la zone rouge des malus avec 200 euros de malus pour des émissions de 160 à 165 g de CO2 /Km, 750 euros de 166 à 200 g CO2/km, 1 600 euros de 200 à 250 et 2 600 au-delà d’émissions de CO2 supérieures à 250 g/km.

Il s’agit d’un système qui s’impose exclusivement aux acheteurs de véhicules neufs. Il avait été recommandé lors du Grenelle de l’environnement de mettre en place un bonus/malus annuel. L’idée, qui avait été baptisée du nom d’Ecopastille, n’est pas abandonnée, elle est seulement à l’étude !

Les premières statistiques qui peuvent être prises en compte sur l’impact de cette mesure viennent d’apparaître avec les ventes de février 2008. En effet l’annonce de la mesure avait suscité de fortes anticipations d’achat en décembre sur les véhicules "à malus" et des baisses des ventes corrélatives de ces mêmes modèles en janvier qui faussaient les statistiques de ces deux mois.

Les gagnants, "tendanciellement", en sont les constructeurs généralistes français et italien, plus particulièrement présents sur le créneau des petites voitures et les perdants, les fabricants de gros modèles berline et 4x4, en particulier les constructeurs allemands. Je précise "tendanciellement" car les ventes globales englobent le résultat des motivations multiples adressées au client potentiel qui, outre l’aspect prix qu’impacte le bonus/malus, comprend le lancement de nouveaux modèles, les campagnes promotionnelles des uns et des autres et la politique de remise et de marge que certains constructeurs ont dû revoir pour compenser au moins partiellement les malus.

Le bonus/malus va renforcer l’attractivité des modèles diesels qui permettent plus facilement de passer sous les 130 g CO2/km, en particulier pour les gros modèles et pénaliser certains dispositifs comme la boîte automatique, les modèles au E85 et surtout les filtres à particules, plus gourmands en carburant. Un comble sur le plan de la lutte contre la pollution !

Les constructeurs, pris un peu de court, vont sans nul doute adapter leurs modèles pour passer en dessous de tel ou tel seuil en rallongeant les rapports de boîte de vitesses, en diminuant la cylindrée des moteurs ou en modifiant leurs réglages. Une chose est sûre néanmoins, et c’est ce qui importe, la mesure modifie les choix des clients en faveur des modèles à bonus ou non pénalisés par les malus.

L’évolution de ventes face au bonus /malus remet en lumière les différences de structure de gamme entre les constructeurs allemands et les généralistes franco-italien et le clivage entre ces deux familles de constructeurs que nous avions déjà constaté à l’occasion de la bataille sur les futures normes européennes d’émissions de CO2.

A confirmer dans les mois à venir et surtout à quantifier. Une chose est sûre, le consommateur a déjà pris le virage que lui impose son porte-monnaie...


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