Climat : droit dans le mur, sauf agir, now !

par Maxime Combes
lundi 5 octobre 2009

De l’ère du constat à l’ère de l’action. Si le cinéma est un reflet pertinent de la société, les films The Age of The Supid de Franny Armstrong et Le Syndrome du Titanic de Nicolas Hulot nous font changer d’époque. Dépassée la période d’information et de sensibilisation sur le changement climatique que pouvaient incarner Une vérité qui dérange d’Al Gore ou Home de Yann-Arthus Bertrand. Finies les successions de chiffres et d’images de paysages magnifiques ou dégradés. Armstrong et Hulot nous disent : « Maintenant que vous savez, vous faites quoi ? ». Nous ? Oui, parce que du côté diplomatique, ça traîne les pieds.


Il suffit de jeter un œil aux actuelles négociations de Bangkok pour comprendre que les grands chefs de ce monde laissent l’humanité aller dans le mur en sifflotant. Les Etats-Unis n’ont toujours pas d’engagements à la hauteur des enjeux[1]. Ils refusent, bien soutenus par l’Union européenne, de reconnaître la responsabilité historique du pays du Nord[2] dans le réchauffement climatique alors que 77 % des gaz à effets de serre (GES) jamais émis l’ont été par les pays industrialisés. Les engagements de réduction évoqués sont bien loin des recommandations du GIEC : on évoque 15 % alors que le GIEC préconise 40 % de réduction d’ici 2020. L’Union européenne, qui se présente pourtant comme la championne des propositions ambitieuses, est divisée sur les mécanismes à adopter[3] et ne fait pas forcément avancer les négociations dans le bon sens[4]. Dès lors, à Bangkok, c’est manifestation sur manifestation[5].


A 64 jours de l’ouverture du sommet de Copenhague, que faire ? A bien regarder The Age of The Stupid et Le Syndrome du Titanic, on comprend que la tâche est immense. La crise climatique ne sera pas résolue par trois coups de cuiller à pot. C’est bien la crise du capitalisme et la crise de notre civilisation qui sont mises en lumière par ces films. Il ne suffira pas de quelques comportements individuels plus civiques. Alors que Nicolas Hulot s’insurge contre la croissance et notre modèle de production et de consommation, Fanny Armstrong se demande si « l’espèce humaine est suicidaire »[6]. Que faire donc ?


Interpeller Nicolas Sarkozy ? C’est ce que propose l’alliance Ultimatum Climatique avec une pétition visant à atteindre un million de signataires. Réveiller les négociateurs ? On a déjà essayé[7] et ça devrait continuerFaire du bruit pour le climat ? C’est ce que proposent Les Amis de la Terre. Pas sûr qu’ils nous entendent. Organiser un grand concert ? C’est également prévu, à l’initiative de Greenpeace. Susciter des milliers d’initiatives, le même jour, dans le monde entier pour revenir à des teneurs en CO2 plus acceptables ? Rendez-vous est pris le 24 Octobre avec notamment, à Paris, 6 heures pour le Climat et la Justice Sociale qui seront organisées par le collectif Urgence Climatique Justice Sociale. Si avec tout cela, cela ne suffit pas, il faudra alors sans doute se résoudre à aller à Copenhague pour construire une immense pression populaire sur les négociations afin d’aboutir à un accord, juste et solidaire, à la hauteur des enjeux. Au risque de s’inviter à la table des négociations[8] ?


[1] http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2009/09/29/AR2009092901608.html?hpid=topnews

[2] http://www.twnside.org.sg/title2/climate/news/bangkok02/TWN_update01.doc

[3] http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/09/29/l-europe-divisee-sur-les-negociations-climatiques_1246660_3244.html

[4] http://www.twnside.org.sg/title2/climate/news/bangkok02/TWN_update11.doc

[5] http://www.flickr.com/photos/ronniehall/sets/72157622486370032/

[6] http://www.liberation.fr/terre/0101592468-profils

[7] http://www.liberation.fr/depeches/0101592418-climat-concert-de-sonneries-a-paris-pour-reveiller-les-politiques

[8] http://www.guardian.co.uk/environment/2009/jul/21/copenhagen-climate-summit-protest

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