L’ťolienne gauloise

par C’est Nabum
samedi 24 septembre 2016

L'énergie du désespoir

Hongrois ... rêver

Connaissez-vous ce petit homme qui ne cesse de s’agiter en tous sens, qui hume le sens du vent pour décider d’une posture susceptible de servir ses intérêts ? Il convient de ne pas nommer ce personnage, ce serait lui faire trop d’honneur. Il mouille son petit doigt, il finance quelques sondages (à moins que le doigt ne serve lui aussi à sonder ses propres intentions) et adopte alors une posture qui lui rapportera des voix.

C’est l’éolienne à pales de bois : la forme la plus aboutie de la démagogie et de l’hypocrisie. Jadis, fervent défenseur de la cause écologique, le zébulon de la pensée s’était accoquiné avec une vedette de la télévision et des émissions écologiques pour porter haut et fort le drapeau de la cause environnementale. Il y croyait dur comme fer : parole d’un postulant à l’enfer !

Les temps ont changé, le thermomètre monte dans les tours ; sa reconquête du pouvoir suppose désormais d’aller ratisser d’autres réservoirs de voix. Il a opté pour les agriculteurs adeptes des produits phytosanitaires, les chasseurs et les pêcheurs, les égoïstes et des révisionnistes, les rois du retournement de veste, les racistes et les frileux. Pour eux, un discours vert et sage n’aurait aucune portée ; alors, l’homme tombe dans l’outrance et la caricature pour se concilier les bonnes grâces de ce qui se fait de pire dans l’électorat national.

Il n’y a rien d’étonnant dans la stratégie actuelle du virtuose des volte-face, des grimaces et des entourloupes. La seule chose qui compte à ses yeux, en dehors de son retour au premier plan, c’est l’immunité dont il jouira pendant le prochain mandat. L’homme traîne tellement de casseroles qu’il convient de continuer à faire bouillir la marmite …

Nous devrions rire de tout ça, ne pas accorder le plus petit intérêt à notre belle éolienne. Mais en dépit des affaires, en dépit des mascarades passées, des impudeurs, des forfaitures et des mensonges à répétition, il continue de séduire et même, passe pour le seul à être en mesure de redresser la situation. Si c’est de la sienne que vous voulez parler, la chose est certaine : il commencera par s’octroyer une somptueuse augmentation tout en effaçant ses multiples ardoises ; dans ce domaine, il ne manque jamais d’énergie créative.

Si vous pensez qu’il fera mieux que la fois précédente, là est votre principale erreur : ce néant de la pensée dans lequel vous plongez avec votre champion. Demain, vous aussi, vous affirmerez sans rire, que l’humanité n’est pas responsable du réchauffement climatique, qu’avoir du plomb dans l’aile favorise la protection des espèces, que les abeilles font leur miel à dénigrer injustement Bayer et Monsanto, que l’impôt ne sert à rien à l'instar des fonctionnaires.

Vous défendrez ce pitre, cette girouette, vous alignant sur des opinions qu’il aura assénées à grands coups de formules assassines, fabriquées par quelques officines médiatiques spécialisées dans les phrases creuses, les arguties oiseuses, les syllogismes honteux et les oxymores scabreux. Rassurez-vous, l’éolienne en question ne connaît pas le sens des termes employés ici, c’est là le cadet de ses soucis. N’avez-vous aucune dignité ?

J’enrage de voir des gens intelligents s’abaisser à faire la cour ou pire encore, allégeance à cet homme. On peut légitimement avoir des opinons politiques contraires aux miennes, on peut croire en des réponses qui partout échouent, on peut se bercer d’illusions sans pour autant nier les valeurs qui fondent notre société. Parmi celles-ci l'honnêteté, la franchise, la compétence, la sincérité sont des qualités incontournables pour exercer une fonction publique.

L’éolienne à pales de bois est exactement le contraire. L’homme est fourbe, menteur, malhonnête, cupide, calculateur, inculte, instable et vous lui vouez pourtant une admiration sans borne. Ouvrez les yeux, ne croyez plus à ses jolis effets de manche, à ses belles envolées lyriques, ses jolies moulinets. Il n’a pas changé, bien au contraire. Il revient pour se venger, pour régler ses comptes, pour faire payer tous ceux qui l’ont poussé à partir. Il n’est pas porteur d’un grand dessein mais d’un destin mesquin et personnel. Croyez-vous vraiment que ce soit la définition du gaullisme ?

Ne croyez pas que je vienne ici défendre la position de son successeur. Je pense à peu près autant de bien de l’un que de l’autre. Je crois simplement en la grandeur de la fonction et j’avoue ne pas trouver candidat capable de relever le niveau dans cette immonde foire aux vanités dont nous ne sommes que des témoins navrés. Mais une chose est certaine ; l’éolienne à pales de bois a fait son temps et il conviendrait de ne pas l’encourager à revenir aux affaires ! Un peu de lucidité de grâce, le diable ne doit pas ressortir de sa boîte !

Désespérement sien.


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