L’obsolescence programmée

par C’est Nabum
samedi 19 janvier 2013

Rien ne dure tout se délite ...

Nous vivons une époque moderne !

Il faut consommer. Voilà le seul crédo de la modernité. La technique a fait de tels miracles depuis si longtemps qu'il a fallu inventer ce concept digne de la pantalonnade. Nos chers libéraux méprisent tant les clients qu'ils se permettent de leur vendre des produits à l'espérance de vie fixée par un cahier des charges qu'ils gardent secret.

Vous pouvez désormais penser que le progrès c'est la précision toujours plus grande dans cette hécatombe de nos appareils électroménagers, de nos ordinateurs et autres véhicules à date fixée dans le secret des laboratoires et des centres de recherche. Que nenni, vous vous trompez, lourdement. C'est fort tôt dans le siècle précédent que nos bienfaiteurs de l'humanité dépensante se sont mis d'accord autour de cette idée toute simple : « Il est facile de vendre des produits nouveaux quand les anciens ne marchent plus ! »

Une vague histoire d'ampoule qui peut résister aux outrages du temps. Une solidité insupportable quand on veut faire des bénéfices à la lumière d'un système fondé sur la libre concurrence. Alors, dans l'obscurité d'un accord secret, les ampoulés de l'époque se mirent d'accord pour vendre des produits plus fragiles …

L'idée était bonne, il fallait la répandre dans tous les secteurs du commerce international. Ils ne s'en privèrent pas en dépit des lois qui prévalent soi-disant à l'organisation de cette si noble activité humaine. Seuls les cochons de payants étaient les dindons de cette farce. Une habitude pour ces pauvres consommateurs qui ont à avaler bien des couleuvres dans ce merveilleux système économique à nul autre pareil.

Mais quand un principe fonctionne, qu'il soit avouable ou pas, légal ou pas vraiment, il n'y a pas de raison qu'on ne le généralise pas à toutes les composantes de l'activité humaine. C'est ce fameux pragmatisme qui plait soi-disant tant aux respectables individus qui tiennent les leviers de commandement dans tous les secteurs de l'économie.

Ils ont sans doute appliqué ce joli concept à leurs employés. Le travailleur quand il prend un peu de bouteille, quand il réclame la juste récompense de son expérience et de sa fidélité rentre vite dans le champ d'application de l'obsolescence programmée. La porte sans ménagement ni remerciement, c'est la manière qu'ont choisie ces princes des ressources humaines pour mettre en panne tant de braves gens.

Ils l'ont étendue à nos anciens, nos vieux qui étaient eux aussi en panne de consommation. La sagesse de l'âge, le peu d'envie en faisaient des clients désespérants. Pas assez de valeur ajoutée sur cette catégorie de la population. Il fallait trouver une variation de l'idée qui remplisse les poches des plus malin d'entre nos financiers. Et le monde moderne a conçu les maisons d'obsolescence collectives, des centres pour les vieux en panne. Du grand art puisqu'ainsi les économies de toute une vie étaient aspirée par quelques margoulins.

Ils ont poussé le vice en prétendant la fin de l'obsolescence des travailleurs. Belle manœuvre qui a fait croire qu'il fallait reculer l'âge de la retraite puisque les gens vivaient plus longtemps, en meilleure santé, prétendaient-ils. Ils avaient omis de remarquer que l'entrée dans la vie active se faisait de plus en plus tard, que la réalité du monde du travail poussait les seniors à la porte. Grâce à cet étau, ils venaient de baisser d'un coup le montant des retraites. Ils venaient de lancer le grand mouvement de fond de l'obsolescence de notre niveau de vie.

Mais ils omirent de généraliser cette belle idée aux carrières des dirigeants et des élus. Pas d'obsolescence des gros salaires et des postes dorés. Ceux-là sont indéboulonnables, placés à vie. Ils sont insensibles à l'usure du temps, ils restent au sommet, s'empiffrent aux frais des pauvres couillons que nous sommes. Voilà bien un sujet qu'il faudrait mettre en avant au nom de la simple équité. Mandat unique pour nos parasites qui siègent au parlement, dans les conseils d'administration, dans les diverses institutions, les syndicats et autres structures de pouvoir. L'obsolescence programmée appliquée pour tous, il n'y a pas de raison !

Putresciblement leur. 

Vidéo qui s'auto-détruira après son ouverture :


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